Daniil Medvedev est en mission à New York. Enfin, il est dans sa bulle pour être exact. Parvenu à se hisser en quart de finale sans perdre le moindre set, et surtout sans jamais réellement souffrir, le Russe semble plus que jamais armé pour aller chercher son premier succès en Grand Chelem. Toutes les pièces du puzzle sont là, devant lui. Il ne lui reste plus qu'à tout assembler sans s'éparpiller. Non seulement, le trio Novak Djokovic (disqualifié en 8e de finale)-Rafael Nadal-Roger Federer n’est pas là, mais le n°3 mondial joue un tennis de très haut niveau à New York. Un tennis d'homme en confiance. "Je joue mieux de match en match", a-t-il prévenu après sa qualification en quarts de finale, où il a découpé le pauvre Frances Tiafoe.

"Medvedev est le n°1 pour faire déjouer ses adversaires"

Pour gagner ce premier majeur, il ne lui suffira pas de claquer des doigts. L’accès en demi-finale va nécessiter de sa part de hausser son niveau de concentration face à son ami Andrey Rublev, qui va castagner en coup droit et le bousculer. La potentielle demi-finale face à Dominic Thiem (on prendra bien garde de ne pas donner Alex De Minaur perdant, pas plus que Rublev) aura, elle, des allures de finale. Si elle a lieu évidemment.
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L'Autrichien et le Russe sont les derniers à avoir joué leur première finale de Grand Chelem sur les dernières années. Thiem en a joué trois, lui une, à New York. Ils sont les premiers sur la liste d'attente. Et tout indique dans cet US Open qu'ils ont rendez-vous et que le vainqueur décrochera la timbale. Depuis son entrée dans le tournoi, Medvedev, d'une extrême sérénité, semble avoir coché la case Thiem comme étant LE premier gros rendez-vous de sa quinzaine. Sauf que ce rendez-vous a pris plus d'importance depuis la disparition de Djokovic dans la partie haute du tableau, où seul Alexander Zverev semble se dégager comme un adversaire ennuyeux à jouer.
Medvedev devient maintenant l’agresseur
Medvedev, c'est un OVNI. Son détachement aperçu face à France Tiafoe en 8e de finale était désarmant à voir. Au tout début de la rencontre, les deux hommes ont plaisanté des emplacements de leur serviette sur le court. Les sourires ont ensuite été de la partie. Peu importe la réussite ou l'échec, il y avait une bonne humeur qui peut en désarmer plus d'un.

Une promenade santé contre le fantôme Tiafoe : Medvedev est lancé

Medvedev, l’homme qui joue sur le Arthur-Ashe comme s’il jouait à l’entraînement ? Ce serait aller un peu loin dans la caricature du sportif détaché, une des forces du protégé de Gilles Cervera. Le droitier l’a reconnu. Dans ce 8e de finale, qui ressemblait à tout sauf à un match de Grand Chelem, il était un peu anxieux de jouer contre un type imprévisible et à la bonhomie contagieuse. "J’ai eu de la chance d’avoir le break assez tôt. Ça m’a relaxé. Après j’ai joué du très bon tennis", a-t-il rappelé.
Oui, Medvedev joue très bien. Il est surtout un joueur beaucoup plus complet qu’avant. Et ses progrès depuis un an n’ont pas échappé à l’œil avisé de Patrick Mouratoglou. Il voit tous les petites détails qui échappent aux autres. En regardant Tiafoe arroser le Arthur-Ashe sans trouver le moyen de renverser le match, il a également souligné que Medvedev était plus fort que jamais. "Il n’y a pas beaucoup de trous dans son armure. Voici un autre joueur qui a énormément progressé. Il ne développe pas qu’un jeu de contre-attaquant. Il devient maintenant l’agresseur", a observé le coach de Serena Williams, qui chapeaute de près le projet de Stefanos Tsitsipas, un autre membre de la Next Gen qu’on ne présente plus. Et Tsitsipas est justement un joueur de la catégorie des agresseurs.

La finale face à Nadal l'a décoincé mentalement

Mouratoglou estime que Medvedev n'est plus le même techniquement. Quid de l'interessé ? S'il a reconnu que son service n'était pas assez régulier et sujet à une marge de progrès, surtout dans cet US Open où il a semblé moins fort quand les choses se passaient trop bien, le Moscovite pense que sa marge de progression se situe partout. Mentalement, c'est autre chose. Pas de complexe dans la maison Daniil. Enfin, plus de complexe. Sa finale de Titans perdue face à Rafael Nadal il y a un un an sur le Stadium Arthur Ashe a été un électrochoc pour lui.
"Je ne me souviens plus de ce que j'ai dit l'an dernier après la finale. Mais la chose la plus importante que j'ai apprise d'elle est que je suis capable de jouer une finale de Grand Chelem contre l'un des plus grands joueurs de l'histoire de ce sport, et au meilleur de sa forme. J'étais vraiment proche de gagner. Je lui ai offert de la résistance et on a livré une grande bataille. J'ai été capable de tenir physiquement. Ce sont les petites choses que j'ai apprises de ce match."
Il faudra écrire le manuel du petit Medvedev illustré. Le Russe ne regarde pas qui il joue désormais, il vient pour gagner. Il a titillé Djokovic et Nadal sur un format en trois sets gagnants et cette barrière psychologique de devoir battre plus fort que lui n'existe plus. Son approche terre-à-terre de son métier n'est pas à sous-estimer. "Évidemment que je veux remporter chaque tournoi que je dispute. Mon but c'est de tout rafler. Mais je fais vraiment du match après match. Ce n'est qu'après le tournoi que j'analyse l'ensemble et que je fais le bilan, si le tournoi a été bon ou décevant", a-t-il observé quand on a lui évoqué une possible prise de date après sa finale perdue il y a un an.
A l'entendre réciter son discours, Medvedev est sur un escalier qu'il gravit marche après marche. Dans son esprit, tout est clair: le Medvedev de 2020 n'est pas venu venger celui de 2019. Il est l'évolution d'une évolution. "Le bilan d'un tournoi dépend de votre dernier match. Si vous avez gagné le tournoi, c'est génial. Si vous avez perdu, vous devez vous poser les bonnes questions. Est-ce que j'ai tout donné ? Est-ce que j'ai bien joué ? Si la réponse est oui, alors il faut dire bravo à votre adversaire et se projeter sur le prochain tournoi avec un nouvel état d'esprit."

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