US Open 2021 - "Je n'ai rien fait de mal, je ne comprends pas" : Tsitsipas persiste et signe sur ses "toilet breaks"

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US OPEN 2021 - Convaincant dans le jeu lors de sa victoire au 2e tour face à Adrian Mannarino (6-3, 6-4, 6-7, 6-0) dans la nuit de mercredi à jeudi, Stefanos Tsitsipas ne s'est néanmoins pas privé d'une de ses désormais fameuses pauses aux toilettes. Critiqué sur le sujet par ses adversaires, le Grec a réaffirmé qu'il suivait scrupuleusement les règles, quitte à faire preuve de mauvaise foi.

Stefanos Tsitsipas

Crédit: Getty Images

Droit dans ses bottes. En plus des conditions météorologiques pour le moins capricieuses, Stefanos Tsitsipas doit affronter un autre torrent à Flushing Meadows : celui des critiques sur la longueur de ses "toilet breaks". Mais il n'en change pour autant pas ses habitudes. Car comme face à Andy Murray lors de son entrée en lice, le numéro 3 mondial s'est absenté plus de 7 minutes pour se changer à la fin du troisième set contre Adrian Mannarino au 2e tour dans la nuit de mercredi à jeudi.
Si la victoire du Grec face au Français ne peut être liée, en toute objectivité vu l'écart de niveau, à ce nouvel épisode, il était difficile de ne pas l'évoquer en conférence de presse. Et les journalistes n'ont même pas eu à initier le mouvement puisque Tsitsipas lui-même a remis le sujet sur la table en déroulant le fil du match. "Je pense que cette pause à la fin du 3e set m'a permis de me rafraîchir, comme j'aime le faire. C'est bien pour moi de me débarrasser de cette sueur pour me sentir mieux, et commencer une nouvelle manche avec un état d'esprit frais. Ça me permet de me recalibrer en quelque sorte", a-t-il estimé.
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Tsitsipas : "Je n'ai rien enfreint, aucune règle"

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Mannarino : "Le règlement est mal fait, c'est une conduite anti-sportive"

Il n'en fallait pas plus pour que le débat soit lancé et que la grande majorité des questions portent sur la controverse. Il ne pouvait en être autrement. Car si le principal intéressé a ses avocats, au premier rang desquels son cercle rapproché et Patrick Mouratoglou, de même que son collègue-joueur Reilly Opelka, ses adversaires, eux, ne décolèrent pas, l'accusant principalement de leur manquer de respect et d'en faire un stratagème pour les déstabiliser.
Après Alexander Zverev à Cincinnati et donc Andy Murray à New York, Adrian Mannarino y est aussi allé de sa petite charge. "Je trouve que le règlement est mal fait. J'ai lu que c'était sa routine de souffler un petit peu. Dans ce cas-là, c'est plutôt une conduite anti-sportive. Tellement de joueurs utilisent ce petit outil pour casser le rythme", a-t-il fait remarquer.
Le règlement, justement, c'est probablement là où le bât blesse et le meilleur allié du moment pour Tsitsipas. Le finaliste de Roland-Garros se réfugie derrière pour justifier ses pauses qui ont parfois dépassé la dizaine de minutes ces dernières semaines. "Je n'ai pas enfreint le règlement. Je pense qu'il y a une règle qui ne précise pas vraiment le temps que vous devez prendre aux toilettes. Il est important de s'en servir si vous en avez besoin. Débarrassé de toute cette sueur, j'ai un poids en moins. Pour moi, c'est important de prendre cette pause. Ce n'est probablement pas le cas pour tout le monde. J'essaie d'être aussi rapide que possible. Parfois, j'ai juste besoin de plus de temps, c'est tout", a-t-il encore insisté.
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Une pause de 8 minutes et une bronca pour Tsitsipas

Video credit: Eurosport

Mais il y a la règle et son esprit. Et si Tsitsipas ne le comprend pas, ou fait mine de ne pas le comprendre, le public, lui, ne s'y trompe guère. A son retour sur le court Arthur-Ashe pour débuter le quatrième set contre Mannarino, il a été accueilli par une belle volée de sifflets des spectateurs américains. L'incident ne l'a visiblement pas perturbé, puisqu'il a infligé une "bulle" (un 6-0) au Français pour conclure ce 3e tour sur les chapeaux de roue. Mais il n'est pas si hermétique que ça aux critiques extérieures et aux observations de ses adversaires.
Les déclarations acerbes et le tweet ironique à son encontre d'Andy Murray ont particulièrement touché le Grec qui sait à quel point l'ex-numéro 1 mondial écossais est écouté et respecté sur la planète tennis. A tel point que Tsitsipas a tenté de répliquer sans avoir visiblement - et malheureusement pour lui - préparé son coup dans une partie de ping-pong quelque peu surréaliste avec un de nos confrères :
- J'ai une question pour vous. Les affaires des autres ne me regardent pas. Mais je me souviens de l'avoir vu à la télé quand j'étais plus jeune. Pouvez-vous, s'il vous plaît, vérifier pour la prochaine fois combien de temps avait duré la pause prise par Andy Murray avant le cinquième set de sa finale face à Novak Djokovic ici (lors du premier titre du Grand Chelem de l'Ecossais en 2012, NDLR) ?
- Il avait pris moins de trois minutes.
- OK. Donc trois minutes de plus, ça change tout ?
Quelque peu pris au piège par son contradicteur, Tsitsipas s'est en quelque sorte condamné à accentuer sa mauvaise foi, ou sa naïveté affectée. Le problème n'est pas l'existence même de ce droit de prendre des pauses (surtout dans des matches potentiellement longs au meilleur des cinq sets), mais bien leur durée, susceptible de faire sortir les joueurs de leur concentration et leur faire perdre le fil du match.
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Di Pasquale: "A la place de Murray, j’aurais été aussi très énervé"

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Tsistipas ne s'occupe pas "des affaires des autres"... mais contre-attaque quand même

Et c'est bien parce que Tsitsipas prend plus son temps que les autres en moyenne qu'il est dans l'œil du cyclone. Surtout depuis le début de l'été. Serait-ce une manière d'évacuer la frustration de sa défaite en finale de Roland-Garros, un match qui avait changé d'âme après la pause-vestiaires de… Novak Djokovic ? L'hypothèse ne semble pas farfelue, même si le Grec l'a également écartée à sa manière, quitte à détourner le sujet.
"Je n'ai rien fait de mal, donc je ne comprends pas. Je ne suis influencé par personne. C'est juste un besoin personnel. Certains joueurs prennent plus de 25 secondes entre les points au service, nous le savons. C'est arrivé, c'est vrai. Je n'ai rien contre quiconque, et je ne me plains jamais de ce que les autres joueurs font. Depuis que je suis petit, mes parents m'ont appris à ne pas m'occuper des affaires des autres, et à me concentrer sur moi-même, à faire mon travail. Je ne comprends quand certains joueurs en critiquent d'autres", s'est-il encore défendu.
Une défense qui ressemble à s'y méprendre à une contre-attaque. Tsitsipas ne nomme pas ceux qu'il désigne, en adepte des figures de style et de la rhétorique. On ne se refait pas. Mais il a l'art de très bien se faire comprendre.
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