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US Open 2021 - L'antisèche : Medvedev était à sa place, Auger-Aliassime pas encore
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Publié 11/09/2021 à 00:49 GMT+2
US OPEN 2021 - En s'imposant nettement face à Félix Auger-Aliassime (6-4, 7-5, 6-2) en demi-finale à Flushing Meadows vendredi, Daniil Medvedev a montré au Canadien tout le travail qui lui restait encore à fournir pour rêver plus grand. Il ne reste plus qu'une victoire, mais la plus dure à aller chercher, au Russe pour accomplir la mission qu'il s'est fixée.
Daniil Medvedev à l'US Open en 2021
Crédit: Getty Images
Le pourquoi du comment
Affronter les meilleurs joueurs du monde sert souvent de révélateur. Assurément, Daniil Medvedev fait désormais partie de cette caste qui met en évidence les défauts de ses adversaires. Félix Auger-Aliassime l'a appris à ses dépens vendredi lors de la première demi-finale du tableau du simple messieurs de l'US Open. Renvoyé sèchement à ses études en trois petits sets et un tout petit peu plus de deux heures de jeu, il a pu mesurer le monde qui le séparait encore du numéro 2 mondial.
Le Québécois, premier joueur né en 2000 (ou après) à atteindre le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem, a pourtant bien progressé et a rivalisé dans les deux premières manches. On ne peut pas dire qu'il ait été outrageusement dominé, mais Medvedev n'a jamais semblé inquiet, sûr de ses forces. Et c'est dans les fins de sets, quand la tension a monté d'un ou deux crans, que l'écart entre les deux joueurs est apparu flagrant.
Par sa couverture de terrain, sa capacité à faire le "mur" quand la situation l'exigeait, le numéro 2 mondial a privé son jeune rival de solutions. Il a tissé sa toile comme il se plaît tant à le faire et Auger-Aliassime s'est retrouvé pris au piège. Il y avait quelque chose de fascinant à voir Medvedev se reculer si loin de sa ligne de fond (4-5 mètres au bas mot) pour relancer les puissantes premières balles adverses, puis gagner progressivement du terrain comme si de rien n'était, absorbant le punch du Canadien.
Auger-Aliassime a beau avoir montré de très belles choses dans son jeu vers le filet, notamment dans la première moitié du deuxième set, avoir tenu également la dragée haute au Russe dans la diagonale revers, quand les points ont compté double, il s'est peu à peu liquéfié. Dans le même temps, selon le principe des vases communicants, Medvedev a semblé s'épanouir dans les moments les plus chauds. Plus que tennistiquement, c'est donc sur le plan mental que le Canadien de 21 ans a encore beaucoup à apprendre. Toni Nadal connaît le sujet et pourrait être d'une aide fondamentale à l'heure où leur collaboration a porté des fruits déjà prometteurs.
Le moment-clé
Il est assez évident à identifier : après la perte du premier set, Félix Auger-Aliassime a bien réagi dans le deuxième et a bien cru remettre les compteurs à zéro quand il a servi à 5-3 en sa faveur. Il a même obtenu deux balles de set, mais Daniil Medvedev a sorti le grand jeu pour les écarter, notamment la première d'un revers long de ligne après un échange à haute intensité. Le Russe a débreaké dans la foulée, marquant 15 des 17 derniers points de cette deuxième manche et gagnant cinq jeux consécutifs (de 2-5 à 7-5). Une séquence terrible pour "F2A" qui ne s'en est pas relevé.
Le coup du match
Alors que tout était déjà décidé dans cette demi-finale et qu'il n'y avait plus de suspense, Daniil Medvedev s'est lâché pour le plus grand plaisir de tous les spectateurs du court Arthur-Ashe avec ce retour-réflexe supersonique de coup droit. Son adversaire en est resté coi.
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Confiance et relâchement : le retour de coup droit supersonique de Medvedev
Video credit: Eurosport
La fiche
| STATS | MEDVEDEV | AUGER-ALIASSIME |
| Points gagnés | 103 | 73 |
| Aces | 12 | 4 |
| Doubles fautes | 4 | 10 |
| Pourcentage 1re balle | 68 % | 63 % |
| Réussite 1re balle | 81 % | 65 % |
| Réussite 2de balle | 52 % | 35 % |
| Balles de break | 5/5 | 1/3 |
| Coups gagnants | 37 | 17 |
| Fautes directes | 25 | 39 |
La stat : 100 %
Dans cette demi-finale, Daniil Medvedev a su convertir chacune de ses 5 occasions de break. Une efficacité redoutable qui en dit aussi long sur la confiance du Russe en ce moment que sur la fébrilité encore trop importante de Félix Auger-Aliassime quand il est sous pression (en tout cas face aux cadors). Le Canadien a d'ailleurs commis 10 doubles fautes et souvent plusieurs dans les mêmes jeux (3 dans le premier du match par exemple). C'est encore bien trop à ce niveau-là.
La décla
Daniil Medvedev : "C'était un match étrange, particulièrement dans le deuxième set. Tout le monde pensait qu'il y allait avoir une manche partout, et après on ne sait pas trop ce qui peut se passer. En quelques points, ça a complètement tourné. Sur ses balles de set, j'espérais juste qu'il ne servirait pas un ace. Je ne pense pas avoir joué mon meilleur niveau, mais je suis content d'être en finale."
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Daniil Medvedev - US Open 2021
Crédit: Getty Images
La question : Medvedev peut-il sortir le match de sa quinzaine en finale ?
Comme lors de ses matches précédents de la quinzaine, Daniil Medvedev a impressionné par son assurance et surtout sa marge sur ses adversaires. Un sentiment de contrôle tel qu'il a parfois donné l'impression de la jouer trop "facile" dans cette demi-finale. Il a d'ailleurs un peu perdu le fil en cours de deuxième set, avant de le retrouver au moment propice pour s'éviter de s'embarquer dans un match potentiellement à rallonge.
Sur le chemin de la finale, le Russe n'aura donc perdu qu'un seul set : il était le favori de cette partie basse du tableau et il a plus qu'assumé sont statut. Pourtant, et c'est le paradoxe, un doute subsiste : comment réagira-t-il face à un adversaire de sa catégorie, voire un peu au-dessus ? Que ce soit contre Alexander Zverev ou Novak Djokovic (a fortiori), il lui faudra élever le curseur d'un, voire deux crans. De son propre aveu, malgré son parcours quasi-parfait, il n'a jamais livré un match plein de bout en bout dans ce tournoi.
Or, la moindre déconcentration en finale pourrait lui coûter très cher. Il ne pourra se permettre de donner des points comme il en a donné ce vendredi par exemple de 2-2 à 2-5 dans la deuxième manche. Et il y a fort à parier qu'il se souvient bien de son expérience australienne en début de saison. Alors en pleine confiance, sur une série de 20 succès, il avait explosé en vol en finale contre le numéro 1 mondial. Pour aller chercher le Graal dimanche, son meilleur tennis ne pourrait pas suffire mais il sera requis. A lui de se mettre dans les conditions idoines pour le produire, voire se sublimer, ce dont il n'a pas eu besoin jusqu'ici.
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