Andy Murray a joué à un niveau qu’on ne lui avait plus vu depuis longtemps pour menacer considérablement Stefanos Tsitsipas, face auquel il a obtenu deux balles de deux sets à rien puis mené deux sets à un avant de s’incliner 2-6, 7-6(7), 3-6, 6-3, 6-4 (en 4h49), ce lundi, au 1er tour de l’US Open.
Un combat magnifique lors duquel l'Ecossais s’est beaucoup encouragé mais a beaucoup râlé, aussi, notamment après les interruptions trop nombreuses et surtout trop longues à son goût prises par son adversaire
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Déjà vilipendé à ce sujet par Alexander Zverev lors de leur demi-finale à Cincinnati, Tsitsipas a en effet pris une pause toilettes d’une dizaines de minutes à la fin du 2e set et une autre à peine moins longue à la fin du 4e. Il a également pris un temps mort médical (cheville) au terme du 3e set et interrompu le jeu pour changer de raquette alors qu'il était mené 0-30 sur un de ses jeux de service dans le 4e set.

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Le problème n’est pas la pause en elle-même, c'est la durée
Pour Andy Murray, c’était trop. Beaucoup trop. L’ancien n°1 mondial, furibard, n’a cessé de pester auprès de l’arbitre et du superviseur, avant de réserver une poignée de main des plus glaciales à son adversaire, par ailleurs chahuté par le public.
Murray s’est montré plus prolixe encore devant les médias, livrant une conférence de presse emplie de colère : "Le problème n’est pas la pause en elle-même, c'est la durée. Je savais que je devais m’attendre à ça face à lui. Mais vous pouvez vous préparer mentalement autant que vous voulez, quand devez vous arrêter sept ou huit minutes au milieu d’un match aussi brutal, ça vous affecte physiquement, a déclaré l’ancien vainqueur du tournoi (2012). L'organisme se refroidit, l’adrénaline s’échappe. C'est décevant parce que je crois que tout cela a eu une influence sur l’issue de la partie. Je ne dis pas que j’aurais gagné, loin de là. Mais ça a joué. C’est un super joueur, rien à dire. Mais j’ai perdu du respect pour lui."

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A propos de ces fameuses "toilet break" et de leur absence de règlementation précise (deux autorisées pour un match en cinq sets "dans un délai raisonnable"), le Britannique, qui fait partie du Conseil des Joueurs, a expliqué que des discussions étaient en cours pour les légiférer de manière plus claire : "Une des suggestions est que si vous prenez une pause, ou un temps mort médical, avant un jeu de service adverse, vous êtes forfait pour ce jeu. Une autre idée serait d’avoir droit à deux pauses de cinq minutes par match. Il y a plusieurs propositions, il faut voir. Mais il faut faire quelque chose. On en parle tout le temps, et rien n’est fait.'"

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Tsitsipas : "Je n'ai enfreint aucune règle"

Murray, qui a promis qu’il ne parlait pas sous le coup de la déception, a expliqué que son "coup de gueule" avait surtout pour but de servir les intérêts de son sport : "Tout ça n'est pas bon pour la télé, pour les fans et même pour les joueurs. Regardez, au lieu de parler du joueur fantastique qu’il est, et du plaisir que ça a été pour moi de réussir à produire une telle performance après tout ce qui m’est arrivé, on en est à faire toute la conférence de presse sur les interruptions. C’est n’importe quoi. Honnêtement, j’aurais dit la même chose si j’avais gagné. Tout cela n’a aucun sens et il (Tsitsipas) le sait."
Le Grec, lui, a plutôt cherché à désamorcer la bombe, même s’il n’avait pas l’air ravi des états d’âme de Murray : "S'il a quelque chose à me dire, c’est mieux d’en parler entre nous, a fustigé le n°3 mondial. Moi, je n'ai enfreint aucune règle. Autant que que je sache, on a droit à deux pauses toilettes dans un match en cinq sets. J'ai clairement pris mes vêtements de rechange quand j'ai quitté le court, et l'interruption a duré le temps que je me change et que je revienne. Tant que je suis dans les règles, tout va bien. Mais je n'ai rien contre lui, vraiment." La réciproque n'était pas vraie lundi soir...

Andy Murray.

Crédit: AFP

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