US Open - Good Morning Flushing - Nick Kyrgios est à sa place, Daniil Medvedev n'était plus à la sienne

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US OPEN – Le choc, très attendu, a finalement tourné assez court sur le court Arthur-Ashe. Nick Kyrgios a dominé Daniil Medvedev (7-6, 3-6, 6-3, 6-2) avec une réelle autorité. L'Australien est en quarts et il peut viser bien plus haut. Pour Medvedev, c'est la fin d'un cycle. Il perd sa couronne new-yorkaise et sa place de numéro un mondial, qu'il ne méritait sans doute plus au vu de sa saison.

Good Morning Flushing - Jour 7

Crédit: Eurosport

L'histoire du jour

Nick Kyrgios a vraiment changé pour de bon. Sa finale à Wimbledon n'était pas un "one shot". Le plus saisissant n'est pas que l'Australien ait battu Daniil Medvedev dimanche soir dans le match le plus attendu depuis le début du tournoi chez les hommes.
Non, le plus épatant, à la réflexion, tient au fait qu'il n'est même pas possible de parler de surprise. Encore moins d'exploit. Kyrgios, l'homme du gâchis, qui, jusqu'à il y a deux mois, n'avait plus dépassé les huitièmes en Grand Chelem depuis sept ans et demi, s'est réinventé un avenir. Il est à sa place et, s'il demeure capable de fulgurances formidables, tout ce qu'il accomplit sur le court relève d'une maîtrise certaine.
Le niveau qui a été le sien face au désormais ex-numéro un mondial est effarant. Dans les deux dernières manches, il n'y a même plus vraiment eu de match, tant la supériorité de l'Australien était limpide. La seule surprise de cette soirée se niche peut-être là, dans l'ampleur et la netteté de sa victoire contre Medvedev. Le protégé de Gilles Cervara a estimé que, dans un registre bien sûr très différent, ce Kyrgios-là était aussi difficile à jouer qu'un Djokovic ou un Nadal. C'est dire.
Quand il est aussi impliqué, concentré et déterminé, Nick Kyrgios coche toutes les cases d'un Top 5 mondial, peut-être même un peu plus haut que ça. La qualité de son service est connue de tous. A l'échange, il est capable d'envoyer des mines de tous les côtés, dans tous les sens et tous les angles. Il agresse. Il étouffe. C'est percutant, presque toujours. C'est flamboyant, souvent. C'est fin, aussi, à l'occasion, à l'image de ce toucher qui lui a permis de distiller nombre d'amorties qui ont coupé le sifflet et les jambes de Daniil Medvedev.
Il est fort dans sa tête aussi, Nick. Le tie-break du premier set, de loin le sommet de ce match, en témoigne. Des balles de set envolées, des balles de set sauvées et, au bout du compte, le dernier mot pour lui. Même lorsqu'il se frustre (on l'a vu balancer sa raquette, justement dans ce brûlant jeu décisif de la première manche), il évacue aussitôt cette pollution négative pour se remobiliser.
Kyrgios a toujours eu de l'or dans la raquette mais il fallait gratter l'épais vernis de plomb qui le recouvrait pour que cet or se révèle pleinement. Dans ce haut du tableau, où traînent encore près de lui Karen Khachanov, Casper Ruud et Matteo Berrettini, il n'est pas interdit de faire de lui le favori. Il n'y a plus grand-chose d'interdit pour ce Kyrgios-là qui, lui-même, ne s'interdit plus rien.
Dans ce rôle d'homme à battre, Nick Kyrgios est simplement à sa place. Daniil Medvedev, lui, n'était sans doute plus tout à fait à la sienne dans ce rôle de numéro un mondial qui ne reposait plus que sur son sacre new-yorkais, trop lointaine pour que ce statut officiel ne fasse encore de lui le meilleur joueur du monde douze mois plus tard. Ce à quoi nous avons assisté cette nuit, ce n'est pas une surprise, mais la mise en accord des impressions et des faits.
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US Open : Kyrgios crazy point lost

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On a aimé

La maîtrise de Caroline Garcia. Swiatek. Sakkari. Sabalenka. Kvitova. Pegula. Raducanu. La Française a épinglé beaucoup de noms ronflants au cours de son été studieux. Alison Riske-Amritraj n'a peut-être pas tout à fait le même éclat sur cette liste mais à défaut de prestige, la victoire de la Lyonnaise sur l'Américaine dimanche soir (6-4, 6-1) est très révélatrice de sa nouvelle dimension. Face à cette joueuse qu'elle n'aime pas jouer et qui l'avait toujours battue en trois confrontations, Garcia, nerveuse en début de rencontre (elle a beaucoup parlé, ce qui est toujours un signe chez elle), elle a réussi à surmonter son stress, avant de dérouler.
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Un départ diesel, puis Garcia s'est transformée en bulldozer : le résumé de sa victoire

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Le show Gauff. La reine Serena ayant tiré sa révérence, l'attention new-yorkaise se déporte très largement sur celle qui est présentée comme son héritière. Coco Gauff est désormais en première ligne, même si elle n'est pas la seule rescapée américaine dans le tableau féminin puisque Pegula et Collins sont encore présentes elles aussi. Mais Gauff a ce potentiel de superstar dont raffole Flushing. On oublie parfois qu'elle n'a encore que 18 ans, mais elle assume déjà beaucoup de choses. Contre Zhang, elle a joué avec l'étoffe d'une patronne sur le Arthur-Ashe (7-5, 7-5). Son quart contre Caroline Garcia peut embraser Big Apple.
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Bousculée mais jamais dépassée, Gauff écarte Zhang et file en quarts : les temps forts de son succès

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Le tie-break Kyrgios-Medvedev. Si le match dans sa globalité aura presque un peu déçu, avec trois dernières manches où l'absence de véritable combat a nui à l'intérêt de la rencontre, il restera un superbe premier set et surtout ce tie-break dantesque, remporté 13-11 par l'Australien. Il n'a rien manqué durant ces 24 points. La suite a semblé un peu fade en comparaison...

On n'a pas aimé

La façon dont Medvedev s'est écroulé. Pendant deux sets, il y a eu combat. Puis plus rien ou presque. Daniil Medvedev n'a plus pris que cinq jeux dans les deux dernières manches. Le Russe a évoqué un coup de pompe physique, dû à un coup de froid (merci la clim'). Soyons clairs, il n'en a pas fait une excuse à sa défaite, mais une explication, partielle, à son spectaculaire décrochage dans la seconde moitié du match.
Le retard à l'allumage de Corentin Moutet. Un peu à l'image de Richard Gasquet samedi contre Rafael Nadal, Corentin Moutet a mis beaucoup trop de temps à s'exprimer face à Casper Ruud. Mené 6-1, 6-2, 4-2, le Francilien a eu une superbe réaction pour revenir et embarquer le finaliste de Roland-Garros dans une quatrième manche. Il n'a pu aller plus loin dans ses velléités de come-back, mais le mal avait été fait sur les deux premiers sets. Sa semaine (sa quinzaine même, comme il le dit à juste titre puisqu'il est passé par les qualifications) n'en reste pas moins très positive. Qu'elle puisse lui servir de base solide pour la suite...

Trois stats à retenir

3. On ne cherchera pas à extrapoler plus que de raison mais, tout de même, voilà une statistique qui plaide en faveur de Caroline Garcia. Elle n'est que la troisième joueuse française à atteindre les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem sans perdre un set. Elle rejoint Amélie Mauresmo, à Wimbledon en 2006, et Marion Bartoli en 2013, toujours à Wimbledon. Vous nous voyez venir ? Les deux fois, l'histoire s'était bien terminée...
5. Matteo Berrettini est d'une constance remarquable en Grand Chelem. Vainqueur d'Alejandro Davidovich Fokina en cinq sets dimanche, il a toujours atteint (au moins) les quarts de finale lors de ses cinq dernières participations dans un tournoi majeur :
Roland-Garros 2021 : Quart de finaleWimbledon 2021 : FinaleUS Open 2021 : Quart de finaleOpen d'Australie 2022 : Demi-finaleUS Open 2022 : Quart de finale au pire
L'Italien avait manqué Roland-Garros sur blessure puis Wimbledon à cause du Covid-19 ces derniers mois. A Flushing, il reprend ses bonnes habitudes. A noter que lors des quatre tournois du Grand Chelem précités, il n'avait été battu que par Novak Djokovic (trois fois) et Rafael Nadal (à Melbourne cette année).
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Un vrai thriller : Comment Berrettini a eu Davidovich Fokina à l'usure

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14. Daniil Medvedev éliminé, la "malédiction du tenant" continue à Flushing Meadows. Depuis le quintuplé de Roger Federer entre 2004 et 2008, le vainqueur sortant de l'US Open chez les hommes a échoué à conserver son titre l'année suivante. Dans l'ordre : Del Potro (2009), Nadal (2010), Djokovic (2011), Murray (2012), Nadal (2013), Cilic (2014), Djokovic (2015), Wawrinka (2016), Nadal (2017), Djokovic (2018), Nadal (2019), Thiem (2020) et, donc, Medvedev (2021), ont échoué – ou fait forfait - lors de l'édition suivante. Sur cette période, l'US Open est un cas unique dans ce domaine par rapport à ses trois cousins du Grand Chelem.

La décla : Daniil Medvedev

A propos de la place de numéro un mondial, qu'il va perdre dans une semaine.

Juste pour savoir...

A qui la place de numéro un mondial dans une semaine ? Nadal ? Alcaraz ? Ruud ?
Kyrgios ne serait-il pas en train de s'imposer comme l'homme à battre dans ce tournoi après sa démonstration de force dominicale ?
Pour Caroline Garcia, a-t-on le droit de commencer à rêver ou est-ce toujours interdit ?
Medvedev s'est-il vraiment relevé de sa défaite contre Nadal en finale de l'Open d'Australie ? Depuis, un ressort semble cassé chez le Russe.

Le match à ne pas rater lundi : Nadal - Tiafoe

Il y a trois ans et demi, Frances Tiafoe s'était révélé à l'Open d'Australie, où il avait atteint les quarts de finale. Là, l'Américain avait pris pleine face le bulldozer de Manacor. 6-3, 6-4, 6-2. Rafael Nadal l'avait surclassé. Lundi, Tiafoe va retrouver le recordman des victoires en Grand Chelem, pour un huitième de finale dont on a envie de croire qu'il pourrait causer quelques étincelles et embraser le court Arthur-Ashe.
Nadal reste bien évidemment le grand favori de cette rencontre, mais il ne s'est pas toujours montré impérial depuis le début de la quinzaine. Oui, il a joué son meilleur match contre Richard Gasquet au troisième tour, mais difficile de considérer comme un révélateur pour lui une victoire sur le Biterrois, tant le rapport de forces est déséquilibré depuis que les deux ont franchi le cap de la puberté.
Frances Tiafoe n'a pas le pedigree d'un Gasquet, mais il possède sans doute davantage d'armes dans son jeu pour poser de vrais problèmes à Rafael Nadal. En tout cas, il part gonflé à bloc : "Je suis définitivement un joueur différent par rapport à 2019, je joue beaucoup mieux. Et je ne vais pas avoir cette appréhension de le jouer pour la première fois. Maintenant, je crois que je peux le battre, je vais vraiment m’attaquer à lui." En d'autres termes, fini le respect excessif, Tiafoe attend le bulldozer. C'est osé, mais si lui n'y croit pas...
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