C'est le coin de ciel bleu qui fait du bien au tennis français. A 28 ans, Caroline Garcia a donné un second souffle à sa carrière ces derniers mois. Depuis Roland-Garros, la Lyonnaise est la joueuse qui a le plus gagné sur le circuit WTA (31 victoires, 33 même si on compte les qualifications de Cincinnati) avec trois titres à la clé sur trois surfaces différentes (Bad Homburg sur gazon, Varsovie sur terre battue et donc Cincinnati) et une première demi-finale en Grand Chelem à l'US Open. En récompense, la revoilà dans le Top 10 quasiment quatre ans après l'avoir quitté.
Quelques jours après avoir subi la loi d'Ons Jabeur (6-1, 6-3) dans le dernier carré à Flushing Meadows, elle s'est confiée à L'Equipe, entre déception et pas de côté salutaire. "La défaite est toujours douloureuse. Tu vois ton match, ce que tu as mal fait, ce que tu aurais pu mieux gérer, tu te dis : 'Oui j'ai fait demies, mais il me restait deux matches à gagner, quatre jours à gérer.' Tu te dis que t'étais encore loin du bout... En Grand Chelem, encore plus. (…) Mais après avoir discuté avec mon équipe, on a vu tout le positif des dernières semaines, toutes les options que j'avais encore pour progresser, donc ça donne beaucoup d'espoir", a indiqué celle qui est désormais 5e à la Race.
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Je suis plus mature pour accepter mon style de jeu
Ces sentiments partagés peuvent aussi être vus comme un bon signe. A son âge et après tout ce qu'elle a traversé, Garcia ne peut et ne veut pas se contenter d'avoir réalisé sa meilleure performance en Majeur. Elle vise plus haut et s'en est donné les moyens en assumant son identité de jeu : celle d'une joueuse offensive et agressive et non d'une marathonienne en fond de court. Alors qu'elle voulait à tout prix combler ses lacunes défensives, elle s'est mise avec son nouveau coach à cultiver davantage ses forces pour imposer son tennis à ses adversaires. Et par la même occasion, le plaisir et le sourire sont revenus.
"En début d'année, en Australie, je me souviens qu'un jour Paul-Henri Mathieu (responsable du haut niveau à la FFT) est venu assister à un entraînement et Bertrand (Perret, son entraîneur) qui le connaît très bien (il a formé "PHM" au tennis, enfant), l'a prévenu : 'Prépare-toi, tu vas voir, c'est différent de l'année dernière.' C'est sûr, il m'avait fait m'entraîner encore plus à l'intérieur du terrain et je retournais positionnée deux mètres dedans. C'était important que quelqu'un de l'extérieur ait priorisé ce style de jeu offensif pour me rendre meilleure. Et c'est le style avec lequel je joue le mieux et prends le plus de plaisir. En tant que personne et en tant que joueuse, j'ai énormément appris des dernières années qui ont été difficiles. Je suis plus mature pour accepter mon style de jeu", a-t-elle encore confié au quotidien sportif français.

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Des ambitions retrouvées et une blessure surmontée grâce à une équipe soudée

Son retour dans le Top 10 et ses nouvelles ambitions ne sont ainsi que la conséquence de ce parti pris. Ils viennent également récompenser sa persévérance et la solidarité de la nouvelle équipe qui travaille autour d'elle. Car au printemps, les perspectives semblaient bien plus sombres. Contrainte à l'abandon dès le premier tour du WTA 1000 de Miami face à la Hongroise Anna Bondar à cause d'une blessure au pied, elle avait dû se résoudre à subir une intervention. Le début d'une période de deux mois sans jouer, difficile à traverser.
"En mars, je n'aurais jamais pu y croire. Impossible. On avait une problématique au pied qui durait depuis des mois voire des années. Une déchirure de l'aponévrose. (…) Il y a d'abord eu dix jours de béquilles. On est retourné à la gym assez rapidement pour faire ce qu'on pouvait. On y passait deux heures, puis une heure et demie sur la table, pour des exercices spécifiques. Tu t'occupes comme ça en te disant qu'à un moment donné ça va aller mieux. Après, quand tu reviens sur le court, t'as toujours mal, ça ne va pas, mais l'équipe a été super positive, hyper soudée. Tout le monde a su dans quelle direction aller. Mais j'ai énormément douté", s'est-elle encore remémorée.
La suite, on la connaît : un retour à Roland-Garros avec un certain manque de rythme, une défaite dès le 2e tour en simple, mais une belle épopée jusqu'au titre en double avec Kristina Mladenovic. Cette bouffée d'air frais a été le déclic pour Garcia qui s'est lancée dans une seconde partie de saison de haute volée. Reste désormais à confirmer ce nouvel élan en se qualifiant pour le Masters et réaliser les fameux "progrès" qui pourraient la rapprocher du Graal : une victoire en Grand Chelem. Avec cet état d'esprit, cette confiance, ce tennis offensif assumé et un soupçon de lucidité en plus quand les sensations sont moins bonnes, il n'y a aucune raison de ne pas y croire.
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