C'est un de ces moments où l'on a envie de maudire un peu le tirage au sort. Dimanche, Daniil Medvedev, numéro un mondial et tenant du titre, affronte Nick Kyrgios, finaliste du dernier Wimbledon. Un peu tôt, à notre goût. Au leur, aussi, peut-être. Si cette affiche avait peuplé le dernier dimanche du tournoi et non le premier, cela n'aurait pas offert un dénouement indigne pour cet US Open. Mais soit. Dimanche soir, il n'en restera qu'un et, malgré la présence dans le haut du tableau de Casper Ruud, Matteo Berrettini ou Pablo Carreno Busta, le vainqueur aura une bonne tête de finaliste en puissance.
Si, depuis sa douloureuse défaite en finale de l'Open d'Australie contre Rafael Nadal, Daniil Medvedev a connu une saison chaotique, entre blessures, absence forcée à Wimbledon et résultats en dents de scie, le retour à New York semble, comme chaque année, lui redonner des couleurs. A Flushing, le Russe a remporté 21 de ses 23 derniers matches. Personne n'a fait mieux sur les quatre dernières éditions.
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Le souvenir tout frais de Montréal

Quand on lui a demandé vendredi soir après sa victoire express sur le jeune Chinois Wu Yibing s'il se voyait à nouveau en candidat au titre cette année, le complice de Gilles Cervara n'a pas hésité une seconde : "Oui, à 100%. Si vous me demandez ce que je peux améliorer, je ne vois pas grand-chose. Peut-être un peu moins de doubles fautes, mais si on veut creuser, c'est à peu près tout. Vainqueur tranquille de mes trois premiers matches. Mais le prochain match n'est pas facile." Nous y voilà.

Kyrgios, quel régal : les temps forts de sa victoire face à Medvedev

Daniil Medvedev sait qu'après trois étapes de plaine, il va passer sans transition à la haute montagne avec ce Kyrgios dont il n'ignore pas le potentiel de nuisance. Et pour cause. Il y a moins d'un mois, le numéro un mondial est tombé face à l'Australien à Montréal (6-7, 6-4, 6-2) dès son entrée dans le tournoi. "C'est important parce que c'était il n'y a pas longtemps, concède le Moscovite. On sait tous les deux à quoi s'attendre. Il a été meilleur que moi ce jour-là, surtout dans les moments importants." Kyrgios ne dira pas le contraire : "L'avoir battu juste avant l'US Open et le retrouver ici, forcément, j'ai ça dans un coin de la tête. Evidemment."
Avant Montréal, cette année, il y avait eu l'Open d'Australie. Sur les terres de Nick Kyrgios, Daniil Medvedev s'était imposé en quatre sets. "Je n'étais pas à mon meilleur niveau et lui était au top, souligne l'Australien. Je n'avais pas joué de la bonne manière. Pourtant, j'ai quand même pris un set. Mais je ne suis plus du tout le même joueur aujourd'hui." C'est vrai. Il n'a sans doute jamais été aussi fort, ce qui n'est probablement pas vrai de Medvedev.

Le show pour Kyrgios, la victoire pour Medvedev : le résumé vidéo d'un match pop-corn

Nick est un peu différent dans sa façon de se comporter sur le court
Ce croisement des courbes change tout et s'il se montre très respectueux de son adversaire de dimanche, le finaliste de Wimbledon s'avance avec toute la confiance du monde. "Il n'y a pas beaucoup de joueurs capables de battre Medvedev ici à New York. Je suis convaincu d'en faire partie. Vu la façon dont je joue en ce moment, j'ai une chance", juge l'enfant terrible de Canberra.
Si cette affiche, probablement la plus excitante depuis le début de la quinzaine, allèche autant, c'est à la fois parce que leurs deux jeux, complémentaires, se marient bien, mais aussi pour leurs personnalités "électriques", selon le mot de Daniil Medvedev. Chez l'un comme chez l'autre, la mèche est constamment prête à s'enflammer. "Nick est un peu différent dans sa façon de se comporter sur le court", résume Medvedev, dans ce qui pourrait presque s'apparenter à un autoportrait. C'est le duel des imprévisibles.

Lunaire : Kyrgios se plaint d'une odeur... de marijuana sur le court !

Pourtant, jusqu'ici, aucun de leurs quatre duels n'a généré de dépassements de limites dans l'attitude. "Je ne dirais pas que nous sommes amis, dans le sens où on ne va pas au bar ensemble, mais je pense qu'il y a beaucoup de respect mutuel, estime Medvedev. Sur le court, on ne s'est jamais embrouillés. Mais ça peut changer à tout moment. On ne sait jamais ce qui peut se passer à l'avenir." Le contexte new-yorkais, propice à l'incandescence, ajoutera-t-il une dimension supplémentaire à ce huitième de finale ?
C'est en tout cas le Medvedev-Kyrgios le plus attendu, et de loin. L'Australien a raison. Bien plus qu'à Melbourne en janvier dernier, il peut regarder le numéro un mondial dans les yeux. Il n'est même pas interdit de penser qu'il est très légèrement favori. A minima, c'est du 50-50 avant les retrouvailles sur le court Arthur-Ashe. Kyrgios a envie de ce match, ça se sent. "En tant que joueur de tennis, j'ai envie de vivre ces moments-là, dit-il. Grand court, grand tournoi, c'est pour ça que je travaille. C'est là que je veux être." Il y sera. Et personne n'a envie de manquer ça.

Medvedev Kyrgios, le choc des huitièmes.

Crédit: Eurosport

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