Eurosport
US Open - Nick Kyrgios continue de s'étonner : "Je me sens vraiment professionnel maintenant"
Par
Publié 01/09/2022 à 23:56 GMT+2
US OPEN - En lice vendredi pour atteindre la seconde semaine de son deuxième tournoi du Grand Chelem d'affilée, ce qui serait une première pour lui, Nick Kyrgios semble rester sur son élan de Wimbledon. Il a pris goût à la régularité dans les performances et se découvre de nouvelles ambitions, malgré la fatigue. Son état d'esprit a changé et il est le premier à en être surpris.
Nick Kyrgios à l'US Open en 2022
Crédit: Getty Images
Il y a quelques années, il aurait peut-être déjà fait ses valises. Face à la résistance et à la constance de Benjamin Bonzi au 2e tour, Nick Kyrgios aurait fini par exploser, réfractaire au combat et à l'idée de faire l'effort de lutter jusqu'au bout pour la victoire. Pour le dire autrement, l'Aussie aimait avant tout se reposer sur son talent pour réaliser quelques coups d'éclat, et ce sans véritable fil conducteur. Mais cette année, quelque chose s'est passé en lui, une sorte de déclic. A tel point qu'il pourrait se qualifier pour son deuxième huitième de finale consécutif en Grand Chelem, ce qu'il n'a jamais réalisé jusqu'ici.
Non, l'Australien n'a pas fondamentalement changé sa personnalité. Il lui arrive encore assez fréquemment de dépasser les bornes, comme lorsqu'il a craché en direction de son clan lors de son match face au Nîmois. Mais son état d'esprit de joueur a assez drastiquement changé : même quand les sensations ne sont pas optimales, pas question de lâcher la rampe désormais. Et ce alors qu'il pourrait se frustrer de batailler contre un adversaire supposé inférieur.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/09/01/3443240-70249968-2560-1440.jpg)
Lunaire : Kyrgios se plaint d'une odeur... de marijuana sur le court !
Video credit: Eurosport
"Le niveau de Bonzi était vraiment, vraiment bon. J'ai été vraiment chanceux de m'en sortir en quatre sets. J'étais mené 0/40 à 4-4 dans le quatrième et j'ai joué des coups vraiment risqués pour tenir ma mise en jeu. C'était un de ces matches où il fallait simplement survivre. Je pense que ma grande force, c'est mon imprévisibilité parfois, et ma capacité à être assez détaché dans les plus grands moments. Honnêtement, je m'attendais à être breaké et je me préparais presque à jouer un 5e set. Alors quitte à être breaké, pourquoi ne pas tenter des choses ?", a expliqué Kyrgios qui n'a peut-être jamais autant parlé tennis et tactique de sa vie qu'en ce moment.
Oui, l'Aussie peste encore parfois contre la terre entière, peut s'agacer trop facilement à l'occasion. Mais il reste désormais dans ses matches, alors qu'il avait trop souvent tendance à en sortir pour finir par les lâcher. En résumé, Kyrgios est toujours bougon, mais plus dans le style d'un Andy Murray que dans une dynamique auto-destructrice. S'il jure, c'est parce qu'il ne réussit pas systématiquement le coup qu'il aurait voulu exécuter à la perfection. C'est parce que désormais, au lieu de fuir devant les attentes liées à son potentiel, il a décidé de se les approprier.
"A cette étape de ma carrière, je ne veux juste pas décevoir les gens. Je sais combien mon équipe travaille et à quel point ils me soutiennent. Je me souviens d'avoir fait une conférence de presse ici voici trois ou quatre ans, j'avais perdu au 3e tour. Je me sentais si mal parce que je n'arrivais pas à répondre aux attentes. Donc désormais face à vous, je ressens probablement plus de pression que jamais. Je sais que je suis capable d'aller en finale de Grand Chelem et je veux réussir, avec mon équipe. Je suis vraiment un perfectionniste sur le court. Je peux joueur quatre ou cinq bons points, puis un point moins bien et je deviens fou. C'est dur, mais je veux avoir du succès avec ces gens. C'est probablement pour ça que j'ai de telles attentes", a-t-il encore asséné.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/09/01/3443178-70248728-2560-1440.jpg)
Deux plongeons en vain : Bonzi se jette dans la bataille face à Kyrgios à corps perdu
Video credit: Eurosport
Le tournant inattendu de la finale de Wimbledon
Cette finale de Wimbledon l'a ainsi conforté dans la direction qu'il avait empruntée dès le début de l'année. "J'ai joué beaucoup de tennis cette année et j'ai voulu me réinventer en quelque sorte, pour revenir au sommet là où je sais qu'est ma place. La finale de Wimbledon a été un tournant pour moi. Si j'avais gagné ce match, je ne sais pas où en serait ma motivation. La perdre en était si proche (défaite 4-6, 6-3, 6-4, 7-6 contre Novak Djokovic, NDLR), c'était vraiment dur à avaler", a-t-il encore dévoilé.
Et d'ajouter : "Gagner Washington et tant de matches… Je ne m'attendais pas à me mettre autant de pression. Chaque jour, je fais attention à ce que je mange et à mon sommeil pour bien récupérer. J'essaie de mettre de l'implication dans chaque séance d'entraînement. Je ne me reconnais presque plus pour être honnête, parce que ça, ce n'est pas moi."
Pour un peu, on croirait presque entendre Djokovic et son attention extrême pour les détails. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il en récolte les fruits. Depuis son retour sur le circuit pour la saison sur gazon, Kyrgios a donc glané un titre à Washington et compte 24 victoires pour 6 défaites, soit 80 % de réussite. Des statistiques dignes d'un membre du Top 5, voire même un petit peu mieux. Et ce alors qu'il l'a avoué, cet enchaînement lui coûte beaucoup d'énergie, et qu'il a abordé cet US Open fatigué.
Il a d'ailleurs d'ores et déjà renoncé à la Laver Cup plus tard en septembre pour se ressourcer en Australie. Tout est une question de dosage et Kyrgios semble avoir trouvé le bon pour être performant sur la durée. "Trouver un équilibre entre ma vie personnelle et mon tennis, c'est dur aussi. Où que j'aille, les médias et les fans deviennent fous. Je me sens vraiment professionnel maintenant. Je ne pensais pas que la finale de Wimbledon aurait cet effet sur moi. Je pensais que ce serait l'inverse." A 27 ans, le natif de Canberra a franchi un cap et le meilleur est peut-être à venir. Mieux vaut tard que jamais.
Publicité
Publicité