US Open 2023 | Elsa Jacquemot face à l'ivresse new-yorkaise: "Sauver 7 balles de match et me qualifier sont un rêve fou"
Par SEBASTIEN PETIT
Publié 28/08/2023 à 23:14 GMT+2
Mardi sur le court n° 10 de Flushing Meadows, Elsa Jacquemot va connaître les joies de disputer un match dans un nouveau grand tableau de tournoi du Grand Chelem. A 20 ans, cette ancienne n°1 mondiale junior n'avait connu que Roland-Garros jusqu'ici. Et si c'était ça, le déclic que la Lyonnaise classée à la 180e place mondiale attend depuis son passage chez les pros ?
Jacquemot : "Quand je suis passée sur le circuit pro à 17 ans, je pensais que tout irait vite..."
Video credit: Eurosport
Trois victoires et sept balles de match sauvées. Voilà le bilan pour l'instant élogieux d'une miraculée à New York. Elsa Jacquemot, 20 ans et 181e mondiale, a réussi l'exploit de sortir des qualifications pour l'US Open en remportant ses trois matches préliminaires avec aplomb, dont un épique face à Diana Shnaider. Cette Russe, tête de série n°2 du tableau dames, a manqué sept occasions au 2e tour d'éliminer la Française, vaillante résistante à la fatigue, au stress et à la pluie. C'est avec une confiance toute neuve qu'elle jouera ainsi pour la première fois dans le grand tableau de New York, nouveau Grand Chelem à son actif après Roland-Garros. Une chance d'autant plus mesurée qu'elle est la seule joueuse française à s'être extirpée des qualifs.
"Cette première qualification pour l'US Open est un rêve fou, nous a-t-elle sa quelques heures avant son premier tour. Ce deuxième match a été très compliqué à terminer, la veille on a fini à 22 heures, car on n'a pas pu continuer à cause des conditions météo, il pleuvait... On a repris le lendemain ; psychologiquement c'était assez dur, mais je m'en suis sortie..."
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US Open | Arianne Hartono verliest kwalificatiwedstrijd in twee sets van Elsa Jacquemot
Video credit: Eurosport
De quoi se laisser griser par cette situation aussi euphorique qu'inédite ? "Par rapport à mon parcours, je suis contente de mon niveau lors de mes matches. J'ai su gérer cette pression car il y avait beaucoup d'enjeux. Mais je ne me sens pas invincible pour autant. Au lendemain d'avoir gagné ce match contre Shnaider de façon miraculeuse, j'étais dans un "mood" plus relâché mais j'étais aussi très stressée par la peur de rater l'occasion de rentrer dans le grand tableau. Car c'est la première fois que j'arrive à me qualifier..."
Premier US Open donc, mais pas de première en Grand Chelem : Jacquemot, forte d'un titre junior à Roland-Garros en 2020 et du classement de n°1 dans cette catégorie, a eu la chance d'avoir trois wild-cards pour disputer les Internationaux de France entre 2020 et 2022 : la Lyonnaise a fait mouche sur l'édition 2022 où elle a réussi à passer le premier tour face à la plus expérimentée britannique Heather Watson. Mardi, en deuxième rotation sur le court n°10 de Flushing, elle aura face à elle un profil un peu similaire avec Lesia Tsurenko pour tenter un nouveau coup de force.
L'Ukrainienne, classée 46e mondiale, a 15 ans de plus que Jacquemot et surtout un quart de finale à l'US Open à son actif, datant de 2018. "Je ne la mets pas sur un piédestal, je me dis que c'est un bon tirage et j'ai toutes mes chances de gagner ce match. Elle a plus d'expérience que moi sur le circuit, mais ce qui est cool, c'est que je la joue mardi, ce qui me laisse le temps de visionner comment elle joue car ce n'est pas une joueuse que je connais tant que ça."
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Elsa Jacquemot lors de son match du 2e tour face à Angélique Kerber - Roland Garros 2022
Crédit: Getty Images
Après trois ans de stagnation depuis son passage en professionnel, Jacquemot voit enfin l'opportunité de se frotter à des joueuses plus consistantes, condition obligatoire pour prétendre s'améliorer et grimper au classement. Slalomant entre le circuit ITF et le WTA, les occasions de jouer des top joueuses au sens large se comptent sur les doigts d'une main sur une saison. Ce qui a freiné quelque peu sa progression. Depuis la saison 2021, la Lyonnaise n'est pas parvenue à monter plus haut que la 143e mondiale, son meilleur classement jusqu'ici atteint l'an dernier.
"Quand je suis passée sur le circuit pro à 17 ans, je pensais que tout irait vite, qu'il n'y allait pas avoir vraiment de concurrence, que ça allait être "facile" de passer l'étape du Top 10..." Avant de se confronter à la réalité du monde professionnel et d'enchaîner plus de défaites que de victoires. "Je me suis rendu compte que les filles étaient en fait des femmes, plus costaudes, plus formées, et qu'il fallait travailler encore plus dur... Même si j'ai eu une bonne évolution, cela a été dur pour moi de réaliser qu'il fallait que je prenne le temps d'être moins exigeante envers moi-même. Ce qui me manque aujourd'hui, c'est de travailler mon physique et la précision de mes coups."
Même si le Top 10 mondial reste un Graal qu'elle espère atteindre un jour, comme une autre Lyonnaise avant elle, Jacquemot se donne les moyens de ses prétentions. Nouvelle structure, nouveau coach et retour à la case Lyon près de ses parents pour plus de soutien et de stabilité : la Française a décidé de changer pour mieux grandir. Et le faire à Flushing Meadows, quoi de plus beau théâtre pour s'élever ?
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