Eurosport
US Open 2023 - finale messieurs - Daniil Medvedev : "J'aurais dû changer ma position en retour"
Par
Publié 11/09/2023 à 08:17 GMT+2
Après sa défaite face à Novak Djokovic en finale de l'US Open ce dimanche (6-3, 7-6, 6-3), Daniil Medvedev regrettait principalement deux choses : ne pas avoir pris l'option long de ligne lors de son passing de revers tiré sur sa balle de 2e set ; et ne pas avoir changé sa position en retour, notamment du côté des égalités, où les multiples service-volée du Serbe l'ont mis au supplice.
Daniil Medvedev en finale de l'US Open 2023.
Crédit: Getty Images
Les duels entre Novak Djokovic et Daniil Medvedev ont tout pour être de grands matches, et ils le sont la plupart du temps. Mais pas en finale de Grand Chelem. Trois fois que les deux hommes se retrouvent à ce stade ultime (Open d'Australie et US Open 2021, US Open 2023), trois fois que le match se joue en trois sets, avec donc désormais un score de 2-1 en faveur du Serbe.
Cela dit, la "belle" remportée par Djoko dimanche à New York n'avait de trois sets que l'emballage. Dans la durée (3h16) comme dans l'intensité, le combat en a paru un peu plus, spécialement lors d'un 2e set long d'1h45 que le Russe est passé à un point de boucler, avec une balle d'égalisation à une manche partout obtenue à 6-5, sur service adverse.
A un point, et même à un coup : dans ce moment crucial, le Serbe tenta un (énième) service-volée mais sa volée de revers croisée, cette fois, atterrit dans une zone insuffisamment courte pour mettre hors de position un Medvedev qui se retrouva avec un passing de revers en bout de course tout à fait "jouable" à négocier. Il le tenta croisé, là où le Serbe, qui l'attendait au tournant, lui avait laissé un boulevard de l'autre côté.
"C'est sûr que j'ai des regrets sur ce 2e set, reconnut le n°3 mondial en conférence de presse. J'aurais probablement dû le gagner. Sur ce passing, j'avais deux choix devant moi, long de ligne ou croisé, et j'ai choisi le mauvais. Si je frappe le même revers long de ligne, le set est fini. Et ensuite, c'est peut-être une autre histoire..."
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/09/10/3782570-76941328-2560-1440.jpg)
Inébranlable en défense, perturbant en attaque : comment Djokovic a asséché Medvedev dans le 1er set
Video credit: Eurosport
Mauvais choix, vraiment, ou incroyable capacité de Djokovic, cet inusable "aspirateur" de cerveaux, à toujours flairer le bon coup et anticiper là où il faut ? Un peu les deux sans doute, mais cela ne changeait rien aux regrets de Medvedev, qui avait la sensation - un peu partagée par tous à ce moment-là - d'être légèrement dominateur aux points dans cette fin de 2e set, cruciale à plus d'un titre.
Si ce point a peut-être changé la face de la finale, du moins une bonne partie, il est un autre secteur du jeu qui en a été déterminant. Le dialogue service-retour, largement remporté par le Serbe, qui a appliqué minutieusement la même tactique (payante) déjà employée par le passé face à son rival, notamment lors de la finale de Bercy en 2021 : à savoir, multiplier plus qu'à son tour les service-volée, spécialement derrière le fameux petit service slicé court extérieur, côté égalité, afin d'exploiter au mieux le champ laissé libre par le Russe par sa position très éloignée en retour.
Ce service, maîtrisé à la perfection par Djokovic, a mis au supplice un Medvedev qui n'a quasiment pas gagné un seul point dans cette configuration, peut-être même aucun. Pire même, il a facilité la tâche de son adversaire en ratant souvent dès son retour, parfois dans les grandes largeurs. Sans jamais rien changer – ou alors très peu -, malgré l'accumulation d'erreurs.
"J'ai été un peu trop têtu en retour, j'aurais probablement dû changer ma position et avancer un peu, a reconnu le n°3 mondial. Mais j'avais le sentiment que ça allait finir par marcher parce que contre Alcaraz, en demie, je retournais très bien en me mettant aussi loin. Cette fois, je ne suis pas parvenu à retourner suffisamment bien, et je n'ai pas l'impression que c'était à cause de lui. C'était plutôt de mon fait. Oui, j'aurais dû être moins têtu et avancer plus tôt. J'ai essayé de le faire un petit peu au 3e set. Mais c'était déjà trop tard."
Trop tard, surtout que Daniil Medvedev a aussi commencé à être rattrapé à ce moment-là par une douleur à l'épaule gauche. "Physiquement, lui a réussi à remettre de l'intensité, sans doute aussi parce qu'il sentait que la victoire approchait, alors que moi j'ai commencé à être fatigué, a-t-il par ailleurs déclaré. Ce problème à l'épaule a alors commencé à grandir mais en même temps, le tennis fonctionne toujours un peu comme ça : si j'avais gagné le 2e set, peut-être que je n'y aurais plus pensé et que la douleur aurait diminué. Quand on perd, la douleur augmente. Mais ce n'est définitivement pas à cause de ça que j'ai perdu."
La cause première de son échec, tout le monde la connaît : en face de lui, il y avait non seulement le plus grand joueur de l'histoire du tennis, mais aussi, s'il était encore besoin de le prouver, l'un des plus fins tacticiens.
Publicité
Publicité