US Open 2023 - Gaël Monfils, l'Américain de retour sur ses terres

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Absent l'an passé, Gaël Monfils va retrouver les courts de l'US Open où il a parfois brillé et toujours pris du plaisir sans oublier d'en donner à un public qui l'adore. Du Canada aux Etats-Unis, cette période lui a souvent souri. Ce fut encore le cas cet été, où il s'est montré performant comme il ne l'avait plus été depuis le début de l'année 2022.

Gaël Monfils.

Crédit: Imago

C'est un paradoxe au vu des derniers mois et de son classement et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour le tennis français. Mais à l'aube du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison, la meilleure chance tricolore (pour briller un minimum, pas pour ambitionner un résultat d'envergure sur deux semaines, soyons lucides) s'appelle probablement Gaël Monfils. Pour trois raisons. D'abord parce que le reste du contingent bleu apporte peu voire pas de garanties. Ensuite parce qu'il a été le Français le plus performant lors des tournois de préparation. Enfin parce que c'est New York.
Si le circuit ATP se cantonnait aux tournois nord-américains, Gaël Monfils aurait sans doute fait une autre carrière. Il a toujours adoré jouer là-bas et s'y est souvent montré performant. Le public, lui, l'a rapidement adopté et l'a toujours aimé. Chez les joueurs "étrangers", il a constamment été un des plus soutenus depuis ses débuts. Particulièrement à Flushing Meadows.
Dans le Queens, le plus New-Yorkais des Tricolores a atteint les demi-finales en 2016, et les quarts de finale à trois autres reprises. Il a livré une foule de combats épiques dont raffolent les Américains. Il en a perdu plus qu'il n'en a gagné, mais tout ceci a laissé une trace. Un goût de reviens-y, pour lui comme pour la foule.
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Monfils de retour au meilleur moment ? : "Il a engrangé beaucoup de confiance"

Video credit: Eurosport

Autant de victoires en 3 semaines qu'en 18 mois

Depuis son quart de finale à l'Open d'Australie en 2022, sa dernière performance notable en Grand Chelem ou ailleurs, Gaël Monfils avait remporté sept matches en un an et demi. Presque constamment blessé, il avait il est vrai très peu joué. Sept victoires, c'est ce qu'il vient d'engranger cet été au cours de ses trois derniers tournois. Oui, il y a autant gagné en trois semaines qu'en 18 mois, à Washington, Toronto et Cincinnati.
Mieux, il n'a pas battu des peintres, avec des succès contre Stefanos Tsitsipas, Alex de Minaur, Cameron Norrie, Alexander Bublik ou Chris Eubanks. Soit un Top 10, deux autres membres du Top 15 et deux du Top 30. Au Canada, il a cédé en quarts de finale contre le futur vainqueur Jannik Sinner, mais c'est lui qui a posé le plus de problèmes à l'Italien sur la route de son premier Masters 1000. Tout ceci est sorti un peu de nulle part mais ce n'est probablement pas un hasard si ce regain de forme et de flamme intervient ici et maintenant. Même si son état d'esprit à ce stade de sa carrière joue certainement aussi.
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C'était du grand Monfils : le résumé de sa belle victoire contre Tsitsipas

Video credit: Eurosport

"Je pense qu'il joue un peu plus tranquille, un peu plus relâché maintenant", souligne le consultant d'Eurosport Alex Corretja. Il y cinq mois, Monfils s'interrogeait à demi-mots sur la suite, sa capacité à gagner des matches et même à tenir simplement debout sur le court. Don Alex croit percevoir un changement, jusque dans sa façon de jouer : "Il frappe un peu plus fort. On sait tous que Gaël aime bien courir, aller d'un bout à l'autre du terrain, mais en ce moment, il est plus agressif, il frappe plus fort en coup droit, même son service fonctionne mieux. Mentalement, il est plus tranquille et physiquement, il est fort."
Sur ce dernier point, le problème est que le prochain pépin, plus ou moins gros, peut arriver n'importe quand. A Cincinnati, on a d'ailleurs cru qu'il allait être contraint à l'abandon dès le 1er tour contre Cameron Norrie, mais son genou gauche a finalement tenu et il a pu atteindre les huitièmes de finale. Mais tant que son corps le laisse tranquille, il peut espérer quelque chose à l'US Open. A une poignée de joueurs près, battre Monfils à Flushing ne sera pas une sinécure, sous réserve, encore une fois, qu'il puisse s'exprimer pleinement au plan physique.
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Gaël Monfils a souffert face à Novak Djokovic en huitièmes de finale à Cincinnati, le 17 août 2023

Crédit: Getty Images

Sans surprise, son tableau ne l'autorise guère à regarder trop loin. Monfils a hérité d'un qualifié au 1er tour mais, en cas de victoire, il pourrait retrouver Andrey Rublev dès le 2e. Pas une bonne nouvelle pour lui mais pas forcément une aubaine non plus pour le Russe. Quoi qu'il arrive à New York, l'ancien numéro 6 mondial aura de toute façon retrouvé des couleurs cet été, dans des proportions que lui-même n'aurait sans doute pas osé espérer. Qu'il se fasse plaisir.
Alors qu'il fêtera ses 37 ans vendredi prochain, s'est-il pour autant réinventé un avenir ? Si cette tournée américaine prouve une chose, c'est qu'il a toujours le tennis et l'envie pour évoluer tout près du Top niveau. On n'enchaîne pas des victoires comme celles qu'il vient d'obtenir par hasard. Retombé à la 394e place avant Roland-Garros, encore 323e fin juillet, il est revenu au 163e rang. Encore une ou deux perfs de ce type, et il pourrait rapidement retrouver le Top 100.
L'essentiel est toutefois ailleurs pour le protégé de Mikael Tilstrom. "Ma priorité, ça reste de gagner des matches, a-t-il rappelé à Cincinnati. Le classement, c'est bien, mais je regarde surtout le jeu et je me dis que je commence à avoir une base, je recommence à être solide. J'ai longtemps été blessé, mais quand je recommence à jouer, j'ai un niveau solide." La clé, comme souvent avec lui, et surtout à son âge, c'est le corps. S'il voulait bien le laisser tranquille... Pour lui, et pour nous. Parce que, comme le rappelle Alex Corretja, "le tennis a besoin de joueurs comme Gaël."
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