US Open : Jannik Sinner, entre flegme, entourage ressérré et maturité pour traverser sa première grosse tempête

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Avant son 16e de finale à l'US Open samedi, Jannik Sinner a déjà connu pas mal des soubresauts que peut comporter la carrière d'un tennisman. Du siège de numero un mondial, qui a fait de lui un chouchou de l'Italie du sport, à la tempête médiatique et la suspicion d'une partie du circuit après son affaire de dopage. Pourtant, à 23 ans, il semble tout traverser avec une certaine aisance.

Jannik Sinner

Crédit: Getty Images

En pleine mer, la tempête fait tanguer le navire. Deux hommes sont passés par-dessus bord, alors vous jetez un œil au capitaine. Vous l’observez tenir la barre comme si de rien n’était, au moins en apparence. Alors, forcément, tout de suite, tout va un peu mieux. C’est à peu près la scène qui se déroule au sein du clan Jannik Sinner. Après la révélation de son blanchiment suite à son test antidopage revenu positif au clostébol, le monde du tennis lui est tombé dessus, la tornade médiatique s’est enclenchée. Du haut de ses 23 ans, l’Italien s’est séparé de son kinésithérapeute et son préparateur physique, impliqués dans l’affaire de dopage, continue d’enchaîner les victoires après avoir raflé le Masters 1000 de Cincinnati et affiche un certain flegme face à la presse.
Lorsqu’on lui demande comment il réagira si Nick Kyrgios, une des langues les mieux pendues du monde du tennis qui n'a pas hésité à s'exprimer sur l'actualité de ces dernières semaines, venait à l’interviewer sur le court Arthur Ashe au terme de son prochain match, une seule réponse : “Je suis toujours très détendu”. Le numéro 1 mondial assure qu’il “oublie vite les choses”, alors il y a des chances qu’il n’y ait aucune tension si sa route venait à croiser celle de l’Australien. Une mémoire assez courte (ou sélective ?) pour oublier aussi quelques mois étranges, pendant lesquels il a dû travailler avec son kiné qu’il a accusé de négligence afin d’être innocenté de tout soupçon de dopage volontaire : “Je ne veux pas en parler pour l’instant, préfère-t-il évacuer. Après l’US Open, j’espère avoir quelqu’un (pour compléter son staff)”.
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Djokovic, Alcaraz, Sinner : place au doute ?

Video credit: Eurosport

Il balaye tout d'un revers

L’amnésie, feinte ou non, permet bien une chose : les évènements semblent lui passer en partie au-dessus de la tête. Si le jeune italien a oublié d’éventuelles tensions avec Kyrgios, c’est bien qu’il n’y accorde pas d’importance, non ? Cette distance avec les choses permet à Sinner de traverser la tempête, passer entre les gouttes. De se mouiller, sans jamais se tremper. La problématique de la toxicité des réseaux sociaux et de la violence des messages reçus par les joueurs et joueuses du circuit, à nouveau remise sur le devant de la scène ces derniers jours ? “Il y a du bon et il y a le côté obscur. Chacun réagit à sa manière, je pense qu’il n’y a pas de secrets. Si je perds aujourd’hui, il est évident que des messages vont arriver. Mais c'est comme ça que tout fonctionne, non ?” Voilà le sujet balayé d’un revers.
Cette sorte de flegme, pas encore légendaire - le joueur est trop jeune sur le circuit pour que ce superlatif lui soit accolé - mais déjà bien rodé, n’est pas prêt de le quitter. Car ces dernières semaines, qui ont eu la valeur de plusieurs années d’apprentissage pour le nouveau numéro 1 mondial, chouchou de l’Italie, il a été mis à rude épreuve. Mais l'intéressé dit en sortir grandi, ou en tout cas plus stable.
Cette période trouble l’a aidé “à voir qui sont mes amis et qui ne le sont pas. Mais vous savez, cela fait partie de l'expérience de la croissance, non ?” Sinner la joue philosophe, ce qui n’est pas le cas de tous les grands sportifs, qui expérimentent un moment ou un autre ce virage de l’entourage. Un tournant d’autant plus serré pour Sinner qu’il cumule désormais près de 25 millions de dollars de gains en tournoi. Pour se protéger, il s’est rapproché d’un noyau dur, autour duquel il semble avoir fait le tri : “vous avez la famille, vos personnes proches qui vous connaissent, et vous tenez à eux parce qu’ils vous donnent les vraies valeurs”. Ceux qui “nous connaissent en tant que personne et en tant qu’athlète”, complète l’intéressé.

Tryptique réseaux sociaux, médias, entourage

Les réseaux sociaux, l’entourage, les médias, en une seule conférence de presse, Jannik Sinner a évoqué, sans en avoir l’air, un triptyque avec lequel nombre de ses collègues du circuit ont maille à partir. Lui, semble à distance de tout, et se fend même d’un petit rire quand il évoque la période bizarre qu’il vit. Enfin pas tout à fait bizarre, puisque sur les courts, il continue de gagner. Ça ressemble à d’habitude.
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Sinner n'a laissé aucune chance à Michelsen

Video credit: Eurosport

Il pourrait même rêver d’une très belle victoire, après la sacrée bagarre perdue contre Carlos Alcaraz en demi-finale de Roland-Garros et la chute en quarts de finale de Wimbledon face à Daniil Medvedev. Si son avenir proche est potentiellement encore nuageux, car il n’en a pas fini d’entendre parler de cette affaire de dopage, le tableau de l’US Open, lui, est plutôt dégagé, maintenant qu’Alcaraz et Djokovic ont été sortis prématurément. Ce samedi, un duel largement à sa portée l’attend avec un Christopher O’Connell 87e mondial à battre pour une place en huitièmes de finale. Place au terrain.
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