De la (quasi) retraite à la résurrection : Paula Badosa, la belle histoire de l'US Open

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Proche d'arrêter le tennis au printemps dernier après des mois à se débattre contre une fracture de fatigue à une vertèbre lombaire, Paula Badosa connaît un splendide "revival" depuis le début de l'été nord-américain et notamment ici à l'US Open, où elle jouera ce mardi (18h française) son second quart de finale en Grand Chelem contre Emma Navarro.

Paula Badosa US Open 2024

Crédit: Getty Images

Paula, cela pourrait être le prénom d'une de ces tempêtes qui frappent souvent New York, particulièrement à cette époque de l'année. Nom de code : Badosa, qui est elle-même native de New York et qui souffle comme un ouragan sur le circuit féminin depuis le début de la tournée nord-américaine, où elle a remporté 14 de ses 16 derniers matches après avoir scellé dimanche, face à Yafan Wang, sa qualification pour les quarts de finale de l'US Open. Le tout dans la foulée de son titre à Washington – son premier succès depuis deux ans et demi -, et de sa demi-finale à Cincinnati.
Une tempête ? Une renaissance, oui. Pour ne pas dire une résurrection. Il y a à peine cinq mois, l'Espagnole était à deux doigts de mettre le clignotant et de rentrer au stand, à seulement 26 ans. Vaincue, fourbue, abattue après avoir passé pratiquement un an à se débattre contre une blessure au dos devenue chronique, une fracture de fatigue à une vertèbre lombaire diagnostiquée après le tournoi de Rome en 2023.
S'en était suivie une fin de saison blanche (hormis une tentative de come back manquée à Wimbledon), huit mois d'absence durant laquelle la joueuse ne pouvait quasiment rien faire, passant même le plus clair de son temps dans son canapé tout en s'investissant à corps perdu dans une idylle naissante avec Stefanos Tsitsipas.
Revenue pleine d'ambition début 2024, bien décidée - "obsédée" même selon son propre terme - à faire "le come back de l'année", l'ancienne numéro 2 mondiale a vite déchanté. Le dos grinçait toujours, et le reste de son physique ne tenait plus. En larmes après un abandon face à sa grande copine Aryna Sabalenka en avril à Stuttgart, elle touchait le fond début mai après une défaite d'entrée à Madrid face à sa compatriote Jessica Bouzas Maneiro. Reléguée loin au-delà du top 100, elle laissait alors entendre qu'elle ne continuerait probablement plus très longtemps.
"A ce moment-là, je me réveillais tous les jours avec la douleur et je me disais qu'au fond, tout cela n'avait plus de sens, a-t-elle expliqué en conférence de presse. Avec tout mon respect, pour moi, le tennis n'a de sens que si je suis au top. Je veux être parmi les meilleures, me battre pour jouer les plus grands matches dans les plus grands tournois. Là, je ne pouvais plus. J'avais très mal, je jouais très mal, je ne trouvais pas de solution. Alors, j'ai fini par me dire : 'à quoi bon ?' Et pourtant, il y avait toujours une petite partie de moi qui gardait confiance…"
Lien de cause à effet ou pas, c'est aussi au beau milieu de ce moment de détresse que Paula annonçait sa séparation – finalement très brève – avec Stefanos Tsitsipas. Difficile alors pour elle de descendre plus bas, que ce soit physiquement, sportivement ou psychologiquement. Mais au lieu de se laisser couler, elle profita justement du fond de la piscine pour donner une grande impulsion qui allait finalement la propulser très vite vers la surface.
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Badosa étrille Wang et rallie les quarts : Les temps forts du match

Video credit: Eurosport

A Madrid, elle prit le taureau par les cornes, rappela son ancien préparateur physique David Antona Bravo et fit en quelque sorte un "reset" total pour débuter un nouveau cycle de préparation, retrouvant l'exigence et les sacrifices du haut niveau qu'elle avait peut-être un peu perdus au fil de son inactivité. Des efforts qui ne tardèrent pas à payer.
Un mois plus tard, à Roland-Garros, elle se fit les dernières injections de cortisone que les médecins lui avaient prescrit au printemps en guise de dernier recours. Sans être totalement guéri – sa blessure risque de demeurer chronique -, son corps, revitalisé, donnait de nets signes d'amélioration. Restait à retrouver le rythme, le chemin de la victoire et la confiance qui va avec.
C'est chose faite, depuis le début de l'été, avec une montée en puissance progressive qui a débuté avec un huitième de finale à Wimbledon pour aller crescendo au fil de la tournée nord-américaine. Paula visera ici sa première demi-finale en Grand Chelem, plus de trois ans après avoir perdu son seul quart de finale majeur à Roland-Garros, en 2021, contre Tamara Zidansek.
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Gare au jet de raquette : quand Tsitsipas fait sursauter Badosa

Video credit: Eurosport

"C'est vraiment entre la saison sur terre battue et la saison sur gazon que j'ai commencé à aller mieux, a-t-elle retracé, intarissable sur le sujet. J'ai commencé à gagner quelques matches, à croire de nouveau en moi-même. Et surtout, le plus important, je sentais que mon dos répondait mieux. Il y a des jours où c'est encore un peu raide, un peu douloureux, mais j'ai de très bons physios avec moi. Et pour le moment, je ne sens rien."
Il lui faudra être en pleine possession de ses moyens ce soir (à partir de 18 h), face à la redoutable Emma Navarro, tombeuse au tour précédent de Coco Gauff et native comme elle de New York, mais avec en plus le passeport américain qui lui vaudra le soutien du public. Badosa, d'ordinaire très soutenue ici, sait qu'elle n'aura cette fois pas les faveurs du stadium Arthur-Ashe. Mais cela ne l'empêchera pas de profiter à fond du moment.
"Je crois que ce qui a changé depuis ma blessure, c'est que même si je reste très compétitive, j'arrive à profiter un peu plus du moment. Je me connecte davantage avec les fansalors qu'avant, je m'enfermais peut-être un peu trop dans ma coquille, a expliqué celle qui, il y a quelques années, avait aussi confié s'être longtemps battu contre la dépression. Maintenant, j'essaie de me nourrir de l'aide du public. Nous avons une bonne connexion, et c'et cool." Aussi cool que de revenir à la vie après avoir, pour ainsi dire, vu de près les ténèbres de l'enfer.
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