US Open 2025 - Finale dames - Frustrations à fuir, trauma à oublier : Sabalenka - Anisimova, la finale des revanchardes
Par Laurent Vergne
Mis à jour 06/09/2025 à 21:10 GMT+2
Aryna Sabalenka n'a toujours pas gagné de Grand Chelem en 2025 alors qu'elle est d'assez loin la numéro un mondiale. Amanda Anisimova vient de subir l'affront suprême : perdre une finale majeure, à Wimbledon, sans inscrire le moindre jeu. Samedi, la Biélorusse et l'Américaine se retrouvent, titre en jeu, sur le court Arthur-Ashe. Cette finale de l'US Open va apaiser l'une des deux. Pour l'autre…
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Rédemption et happy end. Telle sera l'histoire de cette finale dames de l'US Open. Mais pour une des deux protagonistes, seulement. Aryna Sabalenka et Amanda Anisimova sont toutes les deux en quête d'une réécriture de leur histoire récente. L'une des deux tournera la page et pansera ses plaies sur le court Arthur-Ashe, quand l'autre les laissera à vif. Pour des raisons différentes, elles ont toutes les deux besoin de cette victoire.
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Elles sont les grandes malheureuses de l'année en Grand Chelem. La Biélorusse parce qu'elle a perdu deux finales et une demie et l'Américaine en raison de la déculottée historique infligée par Iga Swiatek en finale de Wimbledon. Perdre 6-0, 6-0, c'est une cicatrice dans n'importe quel match. Mais en finale de Grand Chelem, sur le court le plus prestigieux de la planète, on ose à peine imaginer l'ampleur de la blessure. Une des deux va gagner cette fois, c'est sûr.
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Aryna comme Venus ?
Pour Sabalenka, la donne est simple : c'est le titre à New York ou celui, beaucoup moins enviable, de Poulidor de la WTA version 2025. Après ses défaites en finale de l'Open d'Australie contre Madison Keys au mois de janvier puis face à Coco Gauff en juin à Roland-Garros, elle s'apprête à jouer une troisième finale. En cas de défaite, elle réussirait une sorte de Petit Chelem de la frustration, ce que personne ne lui souhaite.
La chose est rare, mais ne serait pas totalement inédite. Au XXIe siècle, une seule joueuse a connu la douleur de perdre trois fois en finale de Grand Chelem au cours d'une même année calendaire sans toucher à la victoire. C'était Venus Williams, en 2002. L'Américaine avait échoué coup sur coup à Roland-Garros, Wimbledon puis à l'US Open. Elle était même allée plus loin puisque, début 2003, elle avait également perdu en finale à Melbourne. Le "Venus Slam". On ne saurait dire si cela a pu atténuer sa déception, mais lors de ces quatre finales, elle s'était inclinée contre sa petite sœur, Serena.
La toute dernière à avoir perdu trois finales dans une même saison n'est autre que notre consultante préférée, la reine Justine Henin. C'était en 2006, il y a quasiment 20 ans. Elle avait buté sur le dernier obstacle en Australie (Amélie Mauresmo) à Wimbledon (Mauresmo à nouveau) et à l'US Open (Maria Sharapova) mais avec une différence notable : elle avait soulevé le trophée à Roland-Garros. Elle n'avait donc pas fini fanny. Sabalenka, elle, peut voir le spectre de Venus Williams se profiler. Avec une cerise supplémentaire sur l'amer gâteau : elle est numéro un mondiale, statut que personne ne peut lui contester, quand bien même elle ne gagnerait pas un seul majeur.
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Amanda a tout à gagner
Le cas d'Amanda Anisimova est différent. Mais pour elle aussi, il y a une douleur à atténuer, un traumatisme à effacer. D'aucuns pourraient arguer qu'elle a déjà mis cela derrière elle en atteignant à nouveau la finale ici à New York, témoignage d'une capacité de rebond et d'une résilience remarquables. C'est vrai, elle est magnifiquement passée à autre chose, mais samedi, c'est une finale. Et une finale, c'est autre chose. Surtout quand la première a été si noire. Alors, pourra-t-elle à nouveau laisser tout ça de côté ?
Elle semble en tout cas le croire. "Je vais m'y prendre comme tous les autres jours, dit-elle. Évidemment, je suis excitée, mais je fais taire tout le bruit autour de moi et j'efface tout de mon téléphone pour me concentrer." Elle veut se focaliser "sur les opportunités" pas sur "le passé". "Je fais tout mon possible pour être prête", promet l'Américaine. Son état d'esprit ? Elle a perdu une finale de Grand Chelem. Peu importe le score. Qu'elle ait pris 6-0, 6-0 ou 6-3, 6-4 ne change rien. Puis, si elle avait perdu en ayant eu deux ou trois balles de match, la digestion n'aurait pas été moins complexe.
Sa chance, c'est aussi d'avoir Sabalenka en face. La meilleure joueuse du monde, évidemment favorite, face à qui elle n'aura pas grand-chose à perdre et même tout à gagner puisqu'elle ne pourra que faire mieux que lors de sa première tentative. À moins de sombrer à nouveau dans les grandes largeurs, elle ne peut que faire un pas en avant. Puis l'immense pression qui pèse sur les épaules de sa rivale du jour allègera peut-être par ricochet la sienne. Pour ces deux jeunes femmes, tout se jouera sans doute en bonne partie dans la tête. C'est souvent le cas dans une finale de Grand Chelem, mais ce le sera plus que jamais au regard de leur passé et passif récent.
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