US Open 2026 | Avec Ben Shelton, Carlos Alcaraz et Novak Djokovic sur son chemin, Arthur Fils n'a pas eu de cadeau, sauf celui de la transparence

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Arthur Fils aura fort à faire à l’US Open. Tout juste titré du Masters 1000 de Cincinnati, le Français de 22 ans a hérité d’un tableau particulièrement corsé pour le dernier Majeur de l’année. Cela complique son parcours et ses objectifs, mais cela pourrait, en revanche, lui permettre d'en savoir plus sur son niveau en Grand Chelem où il n'a pour l'instant jamais dépassé les huitièmes de finale.

"Quand tu gagnes un Masters 1000, on ne te regarde plus de la même manière"

Video credit: Eurosport

C’était un des joueurs les plus attendus du tirage au sort. À quelle sauce allait être mangé Arthur Fils, vainqueur de son tout premier Masters 1000 à Cincinnati ? Eh bien, il faut dire que le destin n’a pas été des plus sympathiques avec le numéro 1 français, qui a atteint lundi le meilleur classement de sa carrière (11e). Placé dans la partie basse, il se retrouve notamment aux côtés de Carlos Alcaraz et Novak Djokovic, ce qui ne va pas lui faciliter la tâche. En revanche, une telle adversité sur la plus grande scène du monde lui permettra dans tous les cas de progresser et de gagner en maturité. 
Son premier tour ne sera prestigieux que sur le papier puisque le natif de Bondoufle a hérité d’un double finaliste en Grand Chelem et ancien numéro 3 mondial, Stefanos Tsitsipas. Le Grec connaît depuis quelques années une vraie traversée du désert qui lui a même presque fait quitter le top 100 cette saison.
Même s’il a pris la décision de quitter le giron familial, en se séparant de son père Apostolos qui le coachait depuis son plus jeune âge, le 53e mondial ne rebondit toujours pas, lui qui vient d’être sorti en huitièmes de finale du 250 de Winston Salem par Aleksandar Kovacevic, en deux sets. Si on s’intéresse aux confrontations directes entre les deux joueurs, le Francilien n’a pas grand-chose à craindre de son aîné puisqu'il mène 5-0, dont une gifle récente au Masters 1000 de Miami (6-0, 6-1). Reste à savoir quel effet l'étiquette "Grand Chelem" aura sur son jeu.

Enfin mieux qu’un huitième de finale ? 

Il va sans dire que la saison 2026 d’Arthur Fils est la plus réussie de sa carrière, lui qui est classé 5e à la Race et 11e au classement ATP, avec déjà deux titres dont un Masters 1000. Tout ça, en ne remportant qu’un seul match en Grand Chelem. Le Français n’avait commencé sa saison qu’en février, ratant d’emblée l’Open d’Australie avant de déclarer forfait à Roland-Garros après une alerte à la hanche lors du Masters 1000 de Rome.
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Mais il n’a donc remporté qu’un seul match en Majeur cette saison, face au Belge Raphaël Collignon (5-7, 6-1, 6-3), avant de perdre face à Matteo Berrettini. Terriblement consistant en Masters 1000, Fils reste une inconnue sur cinq sets. Sa nouvelle casquette va être difficile à porter en Majeur alors qu'il n’a jamais dépassé les huitièmes de finale en Grand Chelem, et jamais le deuxième tour à Flushing Meadows. Et il va devoir se mettre rapidement dans le rythme.
Tête de série numéro 10 à l’US Open, Fils aura potentiellement déjà du lourd à se mettre sous la dent au troisième tour, où il pourrait rencontrer Jiri Lehecka, que Fils a difficilement battu à Cincinnati, mais contre qui il s’était lourdement incliné à Miami. Une victoire lui offrirait un match de prestige contre Ben Shelton, l’un de ses grands amis sur le circuit, mais un adversaire difficile. De deux ans son aîné, le joueur étatsunien, vainqueur du Masters 1000 du Canada pour la deuxième année d’affilée, a bien plus de certitudes en Grand Chelem que Fils. Il a déjà disputé deux demi-finales (US Open 2023 et Open d’Australie 2025). 

Alcaraz en révélateur

Dans sa jeune carrière, Arthur Fils est encore en pleine progression. Il est encore loin d’avoir atteint les sommets. Entre ses progrès et l'état de la concurrence à Flushing, il pourrait y avoir moyen de s'enflammer, mais ce serait oublier d'où il vient, même s'il devait passer les obstacles précités et atteindre enfin un quart de Grand Chelem. L'identité de son adversaire potentiel aidera à garder la tête froide.
Fils n'a pour le moment, jamais battu d’adversaire à la hauteur de ce qui pourrait l’attendre en quart de finale. Rencontrer un joueur comme Carlos Alcaraz à ce stade de la compétition pourrait pourtant être l’une des meilleures choses qui pouvaient lui arriver. Déjà parce que pour devenir le meilleur, il faut battre les meilleurs, mais aussi parce que l'Espagnol est sans doute le favori de cette compétition, même s’il vient tout juste de revenir sur les courts. 
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Video credit: SNTV

Se frotter à ce genre de joueurs serait une bonne manière de se jauger. De quel bois Arthur Fils est-il vraiment chauffé ? Peut-il déjà se confronter et regarder dans les yeux un homme qui a remporté sept titres du Grand Chelem en quatre ans ? Le Français reste un joueur en plein apprentissage, et rencontrer des joueurs de ce calibre sur sa route ne pourra que le faire progresser et lui permettre d’aborder des matches de ce niveau de la meilleure des manières. Fils a rencontré l’Espagnol cette saison, mais l’addition payée par le Tricolore a été très salée. Une défaite 6-0, 6-1 en moins d’une heure en finale à Doha. Au moins, le Francilien sait à quoi s’en tenir. Et c’est tant mieux. Quand on veut comme Fils remporter un Grand Chelem, un vrai quart vaut peut-être mieux qu'une demie accessible. Et cela atténue les attentes.

Le physique en question

Évidemment, il faut que l’Espagnol, lui aussi, passe tous ses tours, et on sait que ce n’est pas quelque chose de garanti, lui qui avait été éliminé au deuxième tour il y a deux ans. Il n’est pas non plus dans la forme de sa vie, et n’a plus joué un match de tennis depuis le mois d’avril. Dans des matchs en cinq sets, son physique pourrait ne pas tenir. La question se pose aussi pour Fils, dont les soucis physiques restent une inconnue dans un tel format, dans la moiteur de Flushing.
En définitive, Arthur Fils n’est pas tombé dans le tableau le plus facile, puisque Djokovic, vainqueur ici en 2023, en fait également partie, et pourrait l'atteindre en demie. Mais tout cela, c'est loin. Il faudra aller étape par étape. A défaut d'un tableau ouvert, Fils a reçu une sacrée occasion de se jauger. C'est sans aucun doute le tournoi du Grand Chelem le plus accessible depuis de nombreuses années, en raison des absences et des méformes des favoris. Au numéro 1 français d’en profiter, sans s’enflammer.
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