US Open 2026 | Demi-finales messieurs | Cette fois, Ben Shelton avait digéré (et il a enchaîné)

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Doué, dangereux, mais inconstant, Ben Shelton est en train de grandir dans cet US Open. Après sa tonitruante et emballante victoire contre Carlos Alcaraz en quarts de finale, l'Américain a su mettre très vite de côté LA victoire la plus marquante de sa carrière pour prolonger son rêve new-yorkais face à Frances Tiafoe. À charge pour lui de récidiver dimanche en finale contre Alexander Zverev.

Shelton prend rendez-vous avec Zverev : les temps forts de sa demie face à Tiafoe

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Le tennis est un éternel recommencement. L'après est toujours là. Demain est toujours maintenant. Jusqu'ici, on avait souvent reconnu et salué le talent et le potentiel de Ben Shelton, tout en déplorant une certaine incapacité chez lui à gérer justement ce recommencement permanent. Pour le jeune Américain, le tournoi d'après, le match d'après, tout ceci relevait du problème.
Voilà pourquoi, au surlendemain de son monumental match remporté contre Carlos Alcaraz en quart de finale de l'US Open, il y avait tout à craindre de sa demie. C'est en cela que son succès plein d'autorité face à Frances Tiafoe pour s'ouvrir les portes de la finale en dit tellement long sur ce qu'il est en train de devenir.
Parce que le match d'après est toujours le plus dur après une telle performance, tout le clan Shelton a cherché à le sensibiliser à ce sujet pendant deux jours. "Nous avons parlé de sa victoire contre Carlos et de l'importance, pour lui, de comprendre que le match de ce soir (vendredi, NDLR) serait encore plus difficile, témoigne son père et entraîneur, Bryan. Il faut toujours savoir rebondir, car beaucoup de gens ont tendance à vouloir se reposer et fêter le succès après une belle performance." Et on ne parle pas là de sortir en boîte ou d'enquiller les pintes, mais d'une satisfaction interne si intense qu'elle écarte, même inconsciemment, de la ligne directrice pour la suite et devient une menace.
De cet US Open 2026, Ben Shelton dit qu'il est celui de la découverte de territoires inconnus pour lui. Ce sera tout particulièrement vrai dimanche, bien sûr, car une première finale de Grand Chelem constitue la plus ultime et la plus extrême des nouveautés pour un joueur de tennis. Mais sa victoire contre Carlos Alcaraz, qui plus est après un match aussi immense, aura également été une façon de mettre un pied dans une terra incognita. Tout est beau, neuf et sauvage pour lui. Or, sa plus grande réussite aura peut-être été de garder la tête froide et la lucidité de celui qui parvient à analyser l'exceptionnel tout en le vivant pleinement.
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Shelton, du génie au bout de la nuit, le résumé en vidéo

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Je fais juste mon boulot
Il a remarquablement analysé ce phénomène, à chaud, après sa victoire contre Frances Tiafoe, vendredi. "C'est sûr, je peux apprécier à quel point ce moment est génial et ce qui est en jeu, a-t-il expliqué. Mais au bout du compte, je suis à New York, je passe du temps avec mon équipe et mes potes, on tape un peu la balle... J'ai réussi à relativiser l'importance de l'événement. Je suis bien entouré et ces personnes m'aident à garder les pieds sur terre, à rester concentré et humble. Je veux vraiment chérir ces moments, ne pas les prendre à la légère, mais en même temps, j'aborde tout cela avec un grand professionnalisme. Je fais juste mon boulot."
C'est sans aucun doute cette approche presque froide des évènements, laquelle contraste avec la nature et la puissance des émotions vécues, qui lui permet d'être encore debout et à un match de son premier grand titre. C'est que le jeune homme apprend vite. Pourtant, pas plus tard que le mois dernier, on lui tombait à nouveau dessus pour le côté encore trop sinusoïdal de sa trajectoire : un titre conservé à Montréal puis, dans la foulée, une sortie de route d'entrée à Cincinnati. Comme si, en deux Masters 1000, tout ce qu'il est déjà et ce qu'il doit encore devenir avait été résumé.
"Je pense que tu apprends de tes expériences, estime Bryan Shelton. Quand il a gagné Montréal, nous avons dit : 'A Cincinnati, ce sera encore plus dur. Et il a perdu au premier tour (…) C'était donc une leçon pour Ben : il faut savoir rebondir après les très bons moments, tout comme il faut savoir le faire face à l'adversité ou aux épreuves." C'est bien connu, il est tout aussi difficile de digérer une très grande victoire qu'une très grande défaite. D'où la crainte, ou au moins le questionnement, quant à sa faculté de remonter tout de suite sur le ring après l'exploit face à Carlos Alcaraz.
Notre devise, c'est 'Ne fêtez rien tant que vous n'avez pas fini'
L'intéressé comprend et ne dit pas le contraire, mais il perçoit tout de même une différence entre ces deux cas de figure. "Pour moi, j'ai l’impression que c'est plus 'facile' au cœur d'un tournoi, précise-t-il. Remporter un titre, aller au bout de la semaine ou des deux semaines, quelle que soit la durée, c'est différent. Derrière, tu dois te rendre dans un nouvel endroit et repartir de zéro. C'est beaucoup plus difficile pour moi. Une fois que je suis lancé dans un tournoi et que j'ai pris mes marques, c'est un peu gérable."
Même si, il en convient, remettre le couvert après un match aussi demandeur à tous points de vue que celui contre Alcaraz n'a rien de simple. "On remporte une victoire éclatante, puis on connaît une baisse de régime et on joue moins bien le match suivant. Cela m'est déjà arrivé, c'est certain. J'ai l'impression que c'est arrivé à tout le monde en fait." Alors, pourquoi et comment a-t-il pu éviter cet écueil cette fois ? "Je pense que je suis dans de très bonnes dispositions mentalement en ce moment. Je gère plutôt bien les situations qui se présentent", juge-t-il.
Dimanche, face à un autre adversaire, une autre problématique, un autre enjeu et une autre découverte, Ben Shelton devra à nouveau digérer et enchaîner. Le retour de l'éternel recommencement. Ne rien fêter trop tôt. Même dans sa tête. Même inconsciemment. Que Ben se tourne vers la formule paternelle. "Don't celebrate until you separate", en anglais. "Notre devise, détaille-t-il, c'est 'Ne fêtez rien tant que vous n'avez pas fini'. Il faut donc gagner le match suivant et toujours confirmer le résultat précédent." L'insupportable et éternelle litanie du tennis. Mais s'il enchaîne jusqu'au bout et soulève le trophée dimanche, la rengaine se mettra sur pause. Promesse du père à son fils, du coach à son joueur : "Là, on pourra peut-être fêter ça un peu la semaine prochaine".
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Une double faute terrible pour Tiafoe, une grande première pour Shelton : la balle de match en vidéo

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