US Open 2026 | Finale messieurs – Alexander Zverev, l'homme qui rebondit sans cesse
Par Rémi Bourrieres
Mis à jour 13/09/2026 à 17:48 GMT+2
Avant 2026, on pensait Alexander Zverev perdu à jamais pour les Grands Chelems. Et voilà que l'Allemand, titré à Roland-Garros, disputera sa troisième finale majeure consécutive à l'US Open, où il épate tout autant qu'il exaspère par cette manie de faire rebondir la balle éternellement avant de servir. Un tic presque symbolique de sa trajectoire. L'art du rebond, pour sûr qu'il maîtrise.
Shelton n'est plus seulement un bourrin
Video credit: Eurosport
Voilà une statistique non officielle qui resterait à l'état de "fun fact" assez hilarante si elle n'était pas, pour le moins, agaçante. Avant la demi-finale de l'US Open remportée par Alexander Zverev face à Karen Khachanov, ESPN s'était amusé à calculer le nombre de fois où l'Allemand avait fait rebondir la balle au service au total de ses cinq premiers matches : en tablant sur une moyenne de 18 à 25 rebonds avant chaque service (selon l'importance du moment), multipliés par le nombre de points disputés sur son engagement, la chaîne américaine avait estimé un total 12 040 rebonds. On préfère l'avouer, on n'a pas vérifié. Mais voilà du grain à moudre pour ceux qui dénoncent le jeu monotone du numéro 2 mondial, et la langueur supposée des matches de tennis.
Faire rebondir la balle avant de servir a toujours été l'une des marques de fabrique d'Alexander Zverev. Sûrement une manière pour lui de se concentrer et de fixer visuellement sa gestuelle, sur un coup qui lui a posé pas mal de problèmes par le passé. Le hic de ce tic, c'est que là, on atteint quand même des "sommets", à la limite du supportable notamment pour le téléspectateur déjà épuisé par le jet-lag. Cela dit, Sascha n'est pas le seul. Novak Djokovic a souvent été pointé du doigt pour les mêmes raisons, à l'opposé d'un Hugo Gaston qui, jusqu'à preuve du contraire, demeure le seul joueur – et qu'il en soit remercié – à ne pas faire rebondir la balle la moindre fois avant de servir.
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Pas époustouflant mais diablement réaliste, Zverev s'offre une 3e finale de Grand Chelem consécutive
Video credit: Eurosport
Cette manie qu'il a de faire rebondir la balle, ça m'agace, oui, et beaucoup d'autres joueurs aussi.
Lorsqu'on lui a rapporté cette petite statistique après sa qualification pour la finale de l'US Open, qu'il jouera donc ce dimanche contre Ben Shelton, le principal intéressé, lui, s'en est amusé : "J'ai vu la statistique, oui, c'est assez drôle, a-t-il convenu. Je ne sais vraiment pas pourquoi ça a augmenté, je ne le fais pas exprès. Je ne compte pas dans ma tête, je n'essaie pas d'arriver à un certain nombre de rebonds. Comme j'ai vu le chiffre avant la demi-finale, je me suis dit que je devrais en faire moins. Et puis, au bout d'un moment, j'oublie et ça revient. Je ne sais pas non plus à quel moment je décide d'arrêter et de servir. Honnêtement, je n'en aucune idée de tout cela."
L'affaire pourrait prêter à sourire. Sauf que si le "rebond gate" tend à crisper les spectateurs, déjà d'une manière générale pas emballés par le tennis très carré du joueur allemand, alors imaginez ses adversaires... Karen Khachanov, victime du patient Allemand en demi-finales, a fini par lâcher tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : "Cette manie qu'il a de faire rebondir la balle, ça m'agace, oui, et beaucoup d'autres joueurs aussi, a tancé le Russe. Parce que ça prend tellement de temps… Tu ne sais pas vraiment comment te préparer. Tu es là, prêt à retourner, et puis c'est reparti pour 12 rebonds supplémentaires. Donc tu dois te remettre en position. Mais tant que cela reste dans les règles, on ne peut rien dire."
Zverev vers un exploit inédit à l'US Open
Effectivement. S'il existe depuis quelques années une "shot clock" apparente sur le court pour légiférer le temps imparti entre les points, aucune règle ne vient définir le nombre de rebonds autorisés avant de servir. Peut-être faudra-t-il s'y pencher un jour, comme il faudrait se pencher sur le cas de ceux et de celles qui rattrapent leur balle après un lancer raté, quand il s'agit ni plus ni moins d'un geste technique mal exécuté contribuant à freiner le rythme d'une partie.
En attendant, Alexander Zverev a bien raison de cultiver l'art du rebond. D'autant que la chose lui va comme un gant. C'est un peu l'histoire de sa carrière, et particulièrement de son US Open, où il pourrait devenir le premier joueur à triompher après avoir survécu à ses deux premiers tours en cinq sets (Lorenzo Sonego puis Quentin Halys). Une forme d'exploit seulement réalisé avant lui, en Grand Chelem, par son compatriote Boris Becker à l'Open d'Australie 1996 (Greg Rusedski puis Thomas Johansson), et Gaston Gaudio à Roland-Garros 2004 (Guillermo Canas puis Jiri Novak).
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Trois finales de Grand Chelem de suite : s'est-on trompé sur Zverev ?
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"Mon amélioration au fil des matches a été drastique et c'est une bonne chose parce que j'ai commencé le tournoi en me disant que je n'allais rien faire ici et aujourd'hui, me voilà assis là à me préparer pour la finale, a déclaré celui qui avait été battu au premier tour à Montréal puis en huitièmes à Cincinnati. Des choses comme celles-là peuvent arriver en sport, et notamment en tennis. Les choses changent extrêmement vite, d'une manière positive ou négative."
Il y a quelques mois encore, Alexander Zverev apparaissait presque comme un homme du passé, complètement surclassé par Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, les deux ogres du circuit. Il sera en 2026 le seul des trois à avoir disputé trois finales du Grand Chelem. En cas de victoire dimanche, il sera aussi n°1 mondial à la Race. Si ça, ça n'est pas rebondir vers le haut…
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