US Open 2026 | Simple dames – Elena Rybakina, opposée à Naomi Osaka en huitièmes, en pole position pour devenir n°1 mondiale
Par Rémi Bourrieres
Publié 06/09/2026 à 23:18 GMT+2
C'est l'un des enjeux connexes de cet US Open 2026, côté féminin : quatre joueuses sont toujours en lice pour devenir (ou rester) n°1 mondiale à l'issue du tournoi. Elena Rybakina, opposée à Naomi Osaka ce lundi dans un gros choc des huitièmes de finale, est la mieux placée, devant Coco Gauff et Jessica Pegula, pour tenter de succéder à Aryna Sabalenka, patronne plus que jamais en sursis.
Rybakina en 8e de finale sans perdre un set : les temps forts de son 3e tour face à Starodubtseva
Video credit: Eurosport
Voilà des semaines, des mois même, qu'on ne lui parle que de ça. Depuis son gros début de saison marqué par son deuxième titre du Grand Chelem à l'Open d'Australie, aux dépens – tout un symbole – d'Aryna Sabalenka en finale, Elena Rybakina s'est retrouvée quatre fois cette saison en position de succéder à la Biélorusse à la tête du classement WTA. Raté, à chaque fois :
- À Roland-Garros, pour être sûre d'y parvenir, elle aurait dû gagner le titre. Elle a été battue dès le deuxième tour par l'Ukrainienne Yuliia Starodubtseva, celle-là même face à laquelle elle a pris une belle revanche samedi au troisième tour de l'US Open.
- À Wimbledon, elle aurait dû rallier les demi-finales. Elle a disparu dès le troisième tour, battue par Elise Mertens.
- À Toronto, elle aurait dû gagner le titre et miser sur une défaite de Sabalenka avant les huitièmes. Ni l'un ni l'autre n'est arrivé. Elle a été surclassée en finale par Iga Swiatek, échouant ainsi à 54 points du trône.
- Enfin, à Cincinnati, elle aurait dû atteindre la finale. Elle a été contrainte à l'abandon en quarts face à cette même Iga Swiatek, en raison d'une blessure au tendon d'Achille qui a d'ailleurs perturbé sa préparation pour l'US Open.
Mais finalement, tout va pour le mieux à New York pour la grande Kazakhstanaise, qui s'est hissée en deuxième semaine sans perdre le moindre set, malgré une balle de première manche écartée (d'un ace) dimanche face à Starodubtseva. Et là voilà de nouveau en position favorable pour devenir, pour la première fois, numéro 1 mondiale à l'issue de cet US Open. Il lui "suffira" d'atteindre les demi-finales pour s'assurer de devenir la 30e patronne du classement WTA, depuis la création de celui-ci en 1975. Et ce, quel que soit le résultat de ses rivales.
Ses rivales ? Elles se comptaient – et se comptent toujours – au nombre de trois au début de cet US Open. Il y a bien sûr l'actuelle n°1 mondiale, Aryna Sabalenka, maîtresse du circuit féminin depuis 99 semaines – soit le sixième plus long règne de l'histoire –, mais plus que jamais contestée ces dernières semaines, avec une nette chute de ses résultats. Et puis, il y a les Américaines Coco Gauff et Jessica Pegula, pour qui ce serait (comme Rybakina) un premier accessit.
Rarement, peut-être même jamais, aura-t-on vu une bagarre aussi dense et aussi serrée pour la course au trône. Et dans un tennis féminin parfois raillé pour son côté changeant, il faut cette fois saluer l'ultra-solidité des protagonistes. Toutes sont encore là et bien là, solides au poste. Mais là où Sabalenka, Gauff et Pegula doivent toutes gagner le titre en espérant un faux pas de Rybakina, celle-ci a un coup d'avance : elle est la seule à avoir complètement son destin entre les mains.
À la base, je ne savais même pas si je serais apte à jouer ici ou pas. Mais maintenant, je me sens bien.
Il lui faudra pour cela réussir une autre performance qu'elle n'a, pour l'instant, jamais accomplie : atteindre les quarts de finale à l'US Open. Cela passe par une victoire, ce lundi, face à une autre ancienne numéro 1 mondiale, Naomi Osaka. Pas simple. D'autant qu'elle le sait bien, à force qu'on le lui dise : pour devenir "reine", elle est obligée de gagner. Or, on sait bien qu'au tennis, il n'y a rien de plus difficile que de jouer en n'ayant pas le droit de perdre.
Rybakina, qui n'a jamais été une grande bavarde, écarte systématiquement le sujet dès qu'on lui tend la perche. Et on la comprend. "La place de numéro 1 mondiale ? C'est très loin, je n'y pense pas et je dois surtout ne pas y penser, disait-elle lors de son interview sur le court après son succès contre Starodubtseva. Je dois juste me concentrer sur mon prochain match, donner le meilleur de moi-même quoi qu'il arrive, et profiter. Bien sûr, j'espère atteindre cette place de numéro 1 bientôt. Et si ce n'est pas ici, j'essaierai de le faire plus tard."
Ne pas y penser… Plus facile à dire qu'à faire, cela dit. C'est à se demander si son approche de l'US Open, perturbée par cette blessure au tendon d'Achille, ne lui a pas facilité les choses. Au moins aura-t-elle dû focaliser son attention sur autre chose, c'est-à-dire sur les soins et sur la récupération, tout en s'enlevant un peu de pression. "À la base, je ne savais même pas si je serais apte à jouer ici ou pas, avait-elle rappelé après son premier tour. C'était vraiment du jour par jour. Je n'ai pas joué au tennis pendant une semaine entière, et pas beaucoup de physique non plus puisque j'étais gênée dans mes mouvements. Mais maintenant, je me sens bien."
La mission n'est pas simple toutefois. Puisqu'après Naomi Osaka, qui a progressivement retrouvé une grande partie de sa dangerosité cette saison, il y aurait un quart éventuel contre Iga Swiatek, qui vient donc de briser ses rêves par deux fois à Toronto et Cincinnati. Une défaite avant l'heure n'occulterait pas totalement ses chances puisque Rybakina deviendrait numéro 1 malgré tout en cas de faux pas général de ses rivales. Mais à tout ça, il vaut mieux ne pas penser. Pour décrocher la lune, mieux vaut viser la bannière étoilée, et rien d'autre.
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