US Open 2026 | Simple dames – Emma Navarro et l'hypothyroïdie, cette maladie dont elle ne parle pas

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On ne l'attendait pas, ou plus. Emma Navarro, qui dispute ce mardi les quarts de finale de l'US Open face à Jessica Pegula, n'est plus la même que celle qui avait atteint les demi-finales à New York il y a deux ans. Entre-temps, l'Américaine a connu un burn-out et des soucis de santé, une hypothyroïdie dont elle ne parle guère mais qui l'a contrainte à s'absenter deux mois cette saison.

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Un communiqué un peu intrigant tombe le 26 mars dernier sur les réseaux sociaux de l'Open de Charleston. On y apprend qu'Emma Navarro, qui vient de subir au WTA 125 d'Austin sa cinquième défaite au premier tour de la saison, déclare forfait pour le tournoi dont le propriétaire n'est autre que son père. Et ce en raison de "problèmes de santé" pour lesquels elle se fait soigner, sans en préciser davantage. Là-dessus, l'ancienne n°8 mondiale – en septembre 2024, juste après avoir atteint sa première demi-finale en Grand Chelem à l'US Open, face à Aryna Sabalenka – s'absente pendant deux mois, emportant avec elle un certain mystère.
Lorsqu'elle réapparaît en mai au WTA 1000 de Rome, où elle est encore battue au premier tour, Emma Navarro est forcément scrutée d'un peu plus près. Et ce qui frappe, tout de suite, est sa morphologie transformée. Il faut le dire, même si ça ne se fait pas : la native de New York a pris pas mal de poids. On a du mal à reconnaître la joueuse filiforme dont la qualité de déplacement et l'intelligence de jeu, en grande partie, lui avaient permis de se hisser quasiment au sommet un an et demi auparavant.
Et pourtant, tennistiquement, Navarro retrouve très vite un état de forme et une rage de vaincre qui semblaient l'avoir totalement abandonnée ces derniers mois. Son corps a changé, mais elle s'est adaptée. Deux semaines seulement après sa reprise, elle remporte à Strasbourg un titre inespéré – le troisième de sa carrière, et le plus important – en battant Victoria Mboko en finale. À Roland-Garros, pour sa conférence de presse d'avant-tournoi, elle est attendue au tournant par une cohorte de journalistes américains, avides d'en savoir un peu plus sur ce qui lui a pollué la vie ces derniers mois.
La vie sur le circuit engendre beaucoup de stress. Et je pense que mon corps a fini par le payer.
Face à la presse, la joueuse se montre souriante, détendue, mais choisit de ne guère s'épancher. "Cela fait environ un an, un an et demi que je ne suis pas au top en raison de soucis de santé, se borne-t-elle à dire. C'est encore en cours de traitement, mais je me sens parfaitement bien maintenant. Le souci a été exacerbé par la pratique du tennis. C'est une vie difficile, on voyage en permanence, on joue chaque semaine et on est tout le temps dans des environnements qui ne nous sont pas familiers. Tout cela engendre beaucoup de stress sur le corps et l'esprit. Et je pense que mon corps a fini par le payer."
Entre le burn-out professionnel et la maladie, Emma Navarro ne fait pas vraiment de distinction. Bien sûr, les rumeurs vont bon train. Mais pour une raison qui lui appartient, elle n'évoque pas ouvertement le diagnostic. Ce n'est finalement qu'à Wimbledon, en marge de son troisième tour face à Marta Kostyuk, qu'on entend pour la première fois Chris McKendry, présentatrice sur ESPN, prononcer ouvertement le mot : hypothyroïdie. En clair, une insuffisance de production d'hormones par la thyroïde, susceptible notamment de provoquer fatigue et prise de poids.
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La joueuse ne dément pas, mais continue de rester discrète sur le sujet. Elle a simplement fait les adaptations nécessaires, médicalement bien sûr, mais surtout professionnellement. "Il fallait que je trouve un nouvel équilibre, a-t-elle expliqué. Au début de ma carrière, il y a eu une saison où j'ai fait quasiment 100 matches ! Peut-être qu'à ce moment-là, j'en avais besoin. Mais aujourd'hui, je dois me ménager, prendre davantage de repos et être plus pragmatique sur la programmation. Cela dit, prendre ma retraite n'a jamais été une option. J'ai toujours pensé que des choses excitantes m'attendaient."
À commencer par un quart de finale 100 % américain ce mardi face à Jessica Pegula, qui vient de la battre à Cincinnati. Son premier quart de finale en Grand Chelem depuis l'Open d'Australie 2025, juste avant le début des ennuis. Un privilège arraché de haute lutte à New York, avec notamment un succès presque miraculeux au premier tour face à Loïs Boisson, et une belle "perf" au troisième tour contre Karolina Muchova. Qu'on se le dise : Emma Navarro (re)joue de mieux en mieux. Surtout, elle va de mieux en mieux.
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