"Il y a juste eu de la chance". Andy Murray ne se le cache pas : une finale sans avoir Djokovic, Federer ou même Nadal en face de lui, c'est autre chose. Presque du pain béni. Lui qui a essuyé tant d'échecs en finales de Grand Chelem a pris cette aubaine à bras le corps. Mais loin de lui l'idée de vouloir sous-estimer son adversaire. Même battu en trois sets dimanche, Milos Raonic n'était pas là par hasard. S'il n'a pas personnellement bouté le numéro un mondial et tenant du titre hors du tournoi, le Canadien a fait chuter Roger Federer en demi-finale, une référence sur le gazon londonien.
"Cette victoire est vraiment super spéciale à cause des défaites difficiles que j'ai subies". Avec la coupe dans les bras, Andy Murray n'a pas pu retenir ses larmes. La pression de toute une quinzaine s'est échappée d'un coup. Pour une fois qu'il était le favori d'une finale de Grand Chelem, la pression était très forte autour de lui. Plus encore qu'en 2012 et 2013, lorsqu'il avait disputé ses deux premières finales sur le pré londonien. "C'est un énorme soulagement, a-t-il reconnu sans effort. Moi et mon équipe avons travaillé vraiment dur pour l'obtenir. Ce titre, je suis sûr que je vais l’apprécier plus que les autres."
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Murray: "Ce titre-là, je vais davantage le savourer"
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La dernière fois, c’était plus du soulagement et je n’ai pas vraiment apprécié le moment
Toute sa détermination s'est transformée en rage de vaincre qui a tout emporté sur son passage, Raonic compris. "Andy est l'un des deux meilleurs relanceurs du circuit, avec Novak... j'ai fait tout ce que je pouvais, a lâché le Canadien. J'ai essayé de lui mettre la pression en montant au filet, parce qu'il jouait mieux que moi du fond du court. Peut-être que j'étais un peu trop passif au début du match sur ses jeux de service. J'ai essayé de changer cela. J'ai lutté... mais cela n'a pas fonctionné."

Murray

Crédit: AFP

En moins de trois heures, le Britannique a gommé trois années de frustration. Durant cette période, il avait accumulé trois nouvelles défaites en finales de l'Open d'Australie (2015 et 2016) et du dernier Roland-Garros. Contre Djokovic, à chaque fois. A Londres, c'était même sa troisième occasion d'affilée cette saison pour étoffer son palmarès. Face à Raonic, il avait donc un dernier effort à faire : assumer son rôle de favori sans se louper. Car une défaite ce dimanche aurait été plus dure à digérer que toutes les précédentes... mais Murray n'est pas passé à côté de cette occasion historique, maîtrisant sa finale de bout en bout.
Après avoir vu les Djokovic et Federer lui saper le moral, Murray ne boude pas son plaisir. Gagner ici de nouveau récompense quelque part sa persévérance après toutes ses défaites encaissées. "La dernière fois, c’était plus du soulagement et je n’ai pas vraiment apprécié le moment. Là, c’est plus pour moi et mon équipe." Comme un signe du destin, son sacre coïncide avec le retour d'Ivan Lendl dans son équipe. Mais est-ce vraiment une coïncidence ? S'il bisse à l'US Open en dominant Djokovic ou Federer, nous aurons la réponse.
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