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Federer, une occasion en or pour le grand huit

Federer, une occasion en or pour le grand huit

Le 12/07/2017 à 21:47Mis à jour Le 13/07/2017 à 14:34

WIMBLEDON – Roger Federer, imperturbable, n'a encore eu besoin que de trois sets pour effacer l'obstacle Milos Raonic mercredi. Dans le même temps, Andy Murray et Novak Djokovic, après Rafael Nadal, sont sortis de la route. Plus que jamais, le Suisse apparait comme l'homme à battre dans ce tournoi. Le huitième titre, attendu depuis cinq ans, n'a jamais semblé aussi proche.

Pour beaucoup, Roger Federer était déjà le favori de ce Wimbledon. Pour l'ensemble de son œuvre sur le premier semestre, sa démonstration de force à Halle juste avant de mettre le cap sur Londres, et de par les incertitudes planant autour de ses principaux concurrents. A l'issue de ces quarts de finale, le Suisse est plus que jamais renforcé dans cette position. Andy Murray ? Out. Novak Djokovic ? Out. Les vainqueurs des quatre dernières éditions (deux chacun) ont disparu en l'espace d'une heure mercredi.

Federer, lui, a tracé son sillon sans broncher, écartant Milos Raonic de sa route en trois sets. Débarrassé de ces deux gros poissons, le voilà plus que jamais en position de force. Voir Roger Federer en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem sans aucun des trois autres membres du "Big Four" face à lui, voilà une grande première depuis bien longtemps. Ce n'était plus arrivé depuis plus de huit ans et Roland-Garros 2009.

A l'époque, le Bâlois, en quête de son premier sacre à Paris, avait trouvé face à lui Juan Martin Del Potro, Fernando Gonzalez et Robin Söderling, trois puceaux du palmarès en Grand Chelem. C'était une occasion en or, et il l'avait parfaitement saisie. A Wimbledon, c'est même la première fois depuis... 2005 que Federer n'est pas flanqué d'au moins un de ses trois acolytes du "Big Four" à ce stade de la compétition. Visiblement, il n'est pas fâché. "C'est sympa de voir des gars un peu différents en demi-finales", a souri le Suisse.

Cilic, la vraie menace ?

Alors, super favori, Federer ? Sans doute, oui, même si lui néglige ce statut, comme Rafael Nadal n'avait eu de cesse de le faire pendant la quinzaine de Roland-Garros. "Favori ? Ça n'a aucune importance", a-t-il balayé après sa nouvelle démonstration contre Raonic. Il n'empêche. En demi-finales, il ne peut pas être trop contrarié de retrouver Tomas Berdych plutôt que Novak Djokovic.

Il a remporté ses sept derniers duels contre le Tchèque, et même si celui-ci l'a déjà battu deux fois en Grand Chelem, y compris à Wimbledon en 2010, tout dépendra de Federer. "Quand Roger m'a battu en Australie en janvier, je ne l'avais jamais vu jouer aussi bien", a estimé Berdych, avant d'ajouter : "mais à Miami, j'avais eu une balle de match, alors, on verra."

S'il franchit l'obstacle pour atteindre la 11e finale de Wimbledon de sa carrière, Federer retrouvera alors Marin Cilic ou Sam Querrey, un rival inédit pour lui. A priori, le Croate semble incarner la menace potentielle la plus sérieuse pour lui. Cilic a déjà gagné un Grand Chelem, un apport inestimable dans un tel contexte. Et un Cilic en feu pourrait causer de gros soucis à Federer. Il l'avait balayé en trois sets à Flushing en 2014 lors de son unique sacre majeur, et avait encore eu trois balles de match l'an dernier à Wimbledon. "J'avais annoncé que Marin irait très loin à Wimbledon cette année", a d'ailleurs relevé Federer mercredi.

Federer après sa victoire contre Raonic.

Federer après sa victoire contre Raonic.Getty Images

Raonic : "Ce qui m'impressionne le plus, c'est de voir à quel point il est solide mentalement"

Malgré tout, s'il conserve ce niveau de jeu, il ne devrait pas être bien loin de ce huitième Wimbledon, ce qui ferait de lui le recordman absolu des titres à Londres. Il n'en a jamais semblé aussi proche depuis sa dernière victoire en date, voilà cinq ans. Les records, "Rodgeur" les enfile comme des perles cette semaine. 15e quart de finale, du jamais vu, 12e qualification pour les demi-finales, encore du jamais vu, et la barre des 100 matches atteinte au All England Club. S'il se hisse en finale, il égalera, une fois encore, la marque de Jimmy Connors. "100 matches, j'ai du mal à le croire", a soufflé l'intéressé.

Pour l'heure, Roger Federer ne veut toutefois penser ni aux chiffres ni aux autres. Il le sait, l'essentiel est de se maintenir sur les hauteurs où il évolue depuis Halle. "Je suis vraiment très satisfait de mon niveau de jeu et il faut que je continue comme ça, dit-il et si c'est le cas, je peux gagner ce tournoi." Pour l'en empêcher, il faudra un monstre. Il faudra, surtout, le sortir de cette zone de confort dont personne n'a pu le déloger. "Ce qui m'impressionne le plus, note sa dernière victime en date Milos Raonic, c'est de voir à quel point il est solide mentalement. Rien ne le perturbe. A chaque fois, même quand c'est tendu, quand les points deviennent plus importants, il reste imperturbable. C'est ce qui m'a le plus frappé." Alors, y a-t-il un martien dans la salle pour arrêter l'extra-terrestre ?

Wimbledon : Le tableau masculin
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