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Mahut "vengé" par Tsonga, derby allemand et marathon : Le Top 100 des matches de Wimbledon (80-71)

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Top 100 Wimbledon

Crédit: Eurosport

ParEurosport
30/06/2020 à 22:34 | Mis à jour 01/07/2020 à 16:03

WIMBLEDON - La grande quinzaine du vert aurait dû se tenir du 29 juin au 12 juillet. Mais l'édition 2020 de Wimbledon a été annulée à cause de la pandémie de Covid-19. Pour combler ce manque, nous avons concocté rien que pour vous un petit Top 100 des matches les plus marquants du tournoi chez les hommes depuis 1968. 3e partie mercredi, de la 80e à la 71e place.

Dossier réalisé par Laurent Vergne, Maxime Battistella et Rémi Bourrières

  • 1re partie : De la 100e à la 91e place
  • 2e partie : De la 90e à la 81e place
Wimbledon

Federer : "Rejouer à Wimbledon l'année prochaine"

IL Y A 2 HEURES

80. Doug Flach - Andre Agassi

Edition : 1996
1er tour
Vainqueur : Doug Flach (Etats-Unis)
Adversaire : Andre Agassi (Etats-Unis)
Score : 2-6, 7-6, 6-4, 7-6

Un de ces exploits mémorables, où la petite histoire côtoie la grande. Lors du tirage au sort, lorsque le nom de Doug Flach sort du chapeau, les officiels invitent l'Américain, inconnu et issu des qualifications, à se lever pour tirer lui-même le nom de son adversaire. Il s'avance et plaisante : "Je vais me porter la poisse, je vais tirer Agassi !". Bingo ! C'est effectivement la légende de Vegas que Flach s'auto-attribue comme adversaire au 1er tour. Mais la poisse, ce sera plutôt pour Agassi.

Qui est Doug Flach ? Sur le circuit, personne. Un "nobody". 281e mondial, il écume les satellites et n'a joué (et perdu) qu'un seul match sur le circuit principal en vingt mois. C'est l'anti-Agassi dans le paysage du tennis américain. Mais il a de la confiance après une série de tournois mineurs gagnés et un succès en cinq sets au dernier tour des qualifications contre Anders Jarryd, demi-finaliste à Wimbledon dix ans plus tôt. Agassi, lui, rentre tout juste dans le creux de la vague. Sorti au 2e tour à Roland-Garros, le N°3 mondial a moins que jamais envie de jouer au tennis. Mais quand même, sa marge, sur le papier, semble colossale.

Il remporte d'ailleurs le 1er set tranquillement. Puis, dans le tie-break de la 2e manche, c'est le trou noir. Agassi prend un 7-1 et donne ensuite l'impression d'attendre l'inexorable dénouement. A 7-6 dans le jeu décisif du 4e set, une énième faute en coup droit scelle son funeste sort. C'est une des plus grosses sensations de l'histoire du tournoi qui, pourtant, n'en manque pas, surtout sur ce court numéro 2 si fameux, véritable cimetière de stars.

"Doug devait sortir du très bon tennis pour gagner aujourd'hui et il l'a fait, donc bravo à lui", salue Agassi, avant de dresser son propre bilan, guère brillant, d'un euphémisme : "Je ne vais pas mentir, j'ai déjà mieux senti la balle qu'aujourd'hui." Personne n'a de mal à le croire, et il n'y a pas davantage de monde pour contredire Doug Flach lorsque, tout guilleret, il lâche un : "C'est le plus grand moment de ma carrière."

79. Rainer Schuettler - Arnaud Clément

Edition : 2008
Quart de finale
Vainqueur : Rainer Schuettler (Allemagne)
Adversaire : Arnaud Clément (France)
Score : 6-3, 5-7, 7-6(6), 6-7(7), 8-6

Une certaine finale Federer - Nadal mise à part, ce Wimbledon 2008 est marqué par un jeu de massacre historique du côté des têtes de série. Un trou béant se forme notamment dans la partie basse du tableau, où deux hommes que l'on n'attendait pas (ou plus), Arnaud Clément et Rainer Schuettler, se disputent une place dans le dernier carré à l'issue d'une rencontre abracadabrantesque.

Ajourné par la nuit à 1 set partout, le match prend une tournure complètement folle le lendemain. Le Français perd le 3e set au tie break en réussissant pourtant l'exploit rare d'y sauver... 6 balles de set consécutives. Mais il remporte le 4e, toujours au tie break, après avoir été mené 4-1, trois balles de 5-1.

On n'a encore rien vu. Au 5e set, "la Clé" vient de perdre un break d'avance lorsque le match est interrompu par la pluie. A la reprise, il obtient une balle de match à 5-4, efface un break de retard à 6-5 avant que... la pluie ne renvoie encore tout le monde aux vestiaires à 6-6, 40-40.

La reprise est fatale à Clément, héros malheureux une nouvelle fois d'un combat de titans de 5h12, deuxième plus long match (à l'époque) du tournoi, à 26 minutes d'un Holmes-Witsken de 1989. Pas mal, pour quelqu'un qui n'avait gagné que trois matches sur le circuit principal depuis le début de la saison, et qui était arrivé à Londres avec son plus mauvais classement (145e) depuis 11 ans...

Wimbledon 2008 : Rainer Schuettler et Arnaud Clément après lmeur marathon.

Crédit: Getty Images

78. Boris Becker - Michael Stich

Edition : 1993
Quart de finale
Vainqueur : Boris Becker (Allemagne)
Adversaire : Michael Stich (Allemagne)
Score : 7-5, 6-7(5), 6-7(5), 6-2, 6-4

"Je ne cherchais pas à prendre ma revanche. Ce genre de considération s’applique aux gens qui haïssent les autres et je ne hais personne." Il a beau jouer les grands seigneurs, Boris Becker boit du petit lait ce 30 juin 1993. Deux ans tout juste après avoir été balayé en finale de Wimbledon à la surprise générale par son compatriote Michael Stich, c’est bien lui qui sort vainqueur de ce nouveau choc fratricide.

La victoire est d’autant plus douce qu’elle a été longue à se dessiner pour Boum Boum. Il avait d’ailleurs perdu leurs deux précédents matches sur gazon, au All England Club donc, mais aussi au Queen’s en cette année 1993. La partie s’annonce donc compliquée, elle le sera. Et quand, après un bon départ, le triple vainqueur du tournoi cède dans les tie-breaks des deuxième et troisième sets, l’affaire semble mal engagée.

Mais l'orgueil du champion parle et Becker produit un tennis de toute beauté dans la 4e manche, avant de faire le break dans la 5e. L’ultime jeu est à l’image de la partie, acharné et magnifique, les deux rivaux n’hésitant pas à plonger à la volée. Becker écarte une balle de débreak – il n’aura d’ailleurs jamais cédé son engagement dans ce quart de finale –, se fait transpercer par deux retours supersoniques sur ses deux premières balles de match, avant de conclure sur la troisième après 4h14 de tension.

Un autre marathon après celui qui a opposé plus tôt Pete Sampras à Andre Agassi. "Aujourd’hui, nous avions deux Allemands et deux Américains qui jouaient sur le Centre Court. Les matches ont commencé à 13h et se sont achevés à 20h30, donc c’est un sacré moment pour le tennis", s’enthousiasme Becker. Stich, lui, s’est rapidement éclipsé, n’attendant pas son bourreau comme le veut pourtant la tradition. "Je suis parti car je voulais laisser le court à Boris. Il l’a mérité", se justifiera-t-il. Un duel en forme de tournant dans le rapport de forces entre les deux hommes : alors qu’ils étaient à égalité trois victoires partout avant, Becker remportera ensuite quatre de leurs cinq derniers affrontements.

77. Xavier Malisse - Richard Krajicek

Edition : 2002
Quart de finale
Vainqueur : Xavier Malisse (Belgique)
Adversaire : Richard Krajicek (Pays-Bas)
Score : 6-1, 4-6, 6-2, 3-6, 9-7

Une des affiches les plus improbables de ces 20 dernières années pour un quart de finale de Wimbledon. Et ce pour plusieurs raisons. La première tient au parcours de Xavier Malisse qui, à seulement 21 ans, s'était offert successivement Yevgeny Kafelnikov, numéro 6 mondial, au 3e tour, puis Greg Rusedski, l’un des meilleurs serveurs du circuit et très dangereux sur gazon. Totalement inattendu à ce stade de la compétition, le 35e joueur mondial devenait alors le premier Belge à avancer aussi loin dans le tournoi depuis… 1924.

La seconde tient à la renaissance quasi-miraculeuse de Richard Krajicek. Redescendu à la 1093e place mondiale après 20 mois d’absence à cause d’une blessure au coude, celui qui avait interrompu le règne de Pete Sampras en 1996 n’avait repris qu’à S-Hertogenbosch en préparation de Wimbledon. Inspiré par le gazon du All England Club, le Néerlandais de 30 ans y retrouve rapidement ses repères et enchaîne les exploits, disposant du jeune James Blake en cinq sets au 2e tour, avant de sortir vainqueur d’un autre marathon disputé sur trois jours à cause de la pluie contre Mark Philippoussis en huitième de finale.

"J’avais réservé ma maison de vacances et ma femme y est déjà. Ça vous donne une idée des chances que je me donnais d’être en seconde semaine", confie d’ailleurs Krajicek. Aussi surprenant qu’intrigant, le quart de finale tient ses promesses : les talents de relanceur de Malisse complétant ceux de serveur de l’ancien vainqueur du tournoi. Mais à 7 jeux partout dans l’ultime acte, la fatigue rattrape le Néerlandais qui offre le break fatidique à son adversaire sur une double faute.

"Je ne sais pas ce qui m’arrive ici… Je m’attendais à perdre au 2e ou 3e tour", lâche alors Malisse incrédule. Le Belge ne cèdera qu’au 5e set en demi-finale face à David Nalbandian, dans un Wimbledon qui marque la fin de l’ère quasi-exclusive des serveurs-volleyeurs avec le ralentissement du gazon londonien.

Xavier Malisse après sa victoire contre Richard Krajicek.

Crédit: Getty Images

76. Andre Agassi - Boris Becker

Edition : 1992
Quart de finale
Vainqueur : Andre Agassi (Etats-Unis)
Adversaire : Boris Becker (Allemagne)
Score : 4-6, 6-2, 6-2, 4-6, 6-3

Tennistiquement, avant même son inoubliable finale contre Ivanisevic, c'est probablement LE match référence d'Andre Agassi sur la route de son improbable premier sacre majeur. En tout cas celui qui aura achevé de le convaincre qu'il pouvait bel et bien, contre toute attente (à commencer par la sienne), décrocher un jour la timbale dans le Temple du jeu sur herbe.

Meurtri par son échec retentissant en demi-finale de Roland-Garros contre Courier, Agassi ne s'était pourtant décidé à s'aligner sur cette édition 1992 qu'au dernier moment. Fidèle à lui-même, il s'était préparé de manière fantaisiste... sur dur : "J'avais le sentiment que plus je jouais sur herbe, plus j'étais mauvais. Je ne savais pas trop comment jouer dessus et cela finissait par m'embrouiller l'esprit."

Alors, Agassi décide de jouer sur gazon comme ailleurs : du fond de court. Ce que personne n'a jamais fait avant lui, même pas Borg. Sa chance ? Un tirage clément avec essentiellement, pour débuter, d'autres joueurs de fond de court au programme.

Face à Becker évidemment, c'est une autre paire de manches. L'Allemand a joué 6 fois la finale sur les 7 dernières éditions, pour 3 titres. Si Agassi est sa bête noire, il compte bien sur le gazon pour la dompter. Mais passé le gain du 1er set, Becker est submergé comme les autres par un tennis qu'il ne comprend pas. "Je n'ai jamais vu quelqu'un jouer à Wimbledon comme ça. Il m'a sorti des coups qui n'existent pas dans le manuel", soupire BB, finalement battu en cinq sets.

Pour Agassi, c'est le déclic. McEnroe puis Ivanisevic, donc, tomberont ensuite sous ses passings. Pas vraiment des taupes sur herbe, eux non plus...

75. Novak Djokovic - Marcos Baghdatis

Edition : 2007
Quart de finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Marcos Baghdatis (Chypre)
Score : 7-6(4), 7-6(9), 6-7(3), 4-6, 7-5

Une baston mémorable entre deux métronomes en fond de court. Et comme face à Lleyton Hewitt en huitième de finale, Novak Djokovic finit par avoir le dernier mot. A 20 ans, le Serbe s’affirme alors comme un phénomène de régularité. Un peu plus d’un mois après sa première demi-finale en Grand Chelem à Roland-Garros, il s’en offre une deuxième dans la foulée, révélant au passage des qualités physiques et mentales hors du commun.

A cause de la pluie omniprésente dans cette édition 2007 de Wimbledon, il a dû jouer tous les jours de cette seconde semaine et notamment enchaîner son huitième et son quart de finale, soit près de 9h30 de jeu cumulé en 48 heures. Marcos Baghdatis semblait pourtant avoir baissé pavillon une fois mené deux sets à rien. Le Chypriote avait ainsi laissé filer six occasions dans le tie-break de la 2e manche avant de voir son adversaire, déjà un monstre de réalisme, convertir sa première opportunité pour rafler la mise 11 points à 9.

Breaké d’entrée dans les 3e et 4e actes, celui qui avait atteint la finale à Melbourne un an plus tôt trouve des ressources exceptionnelles pour revenir à hauteur. Mais il sera le premier à craquer dans le set décisif, cédant son engagement à 5-5. Vainqueur de 12 des 13 derniers points, Djokovic s’agenouille alors de joie, autant que de fatigue. "Jouer contre lui, c’est un peu comme face à Andre Agassi. Il te déplace constamment d’un bout à l’autre du court. Il ne frappe pas la balle très fort, mais il est tout le temps dessus", constate le Chypriote qui ne parviendra jamais à trouver la clé face au Serbe.

Ce deuxième marathon en deux jours aura néanmoins raison de Nole. Une ampoule infectée au pied gauche ainsi que des maux de dos le contraindront à l’abandon face à Nadal en demi-finale.

Novak Djokovic au bout de lui-même contre Marcos Baghdatis en 2007 à Wimbledon.

Crédit: Getty Images

74. Jo-Wilfried Tsonga - John Isner

Edition : 2016
3e tour
Vainqueur : Jo-Wilfried Tsonga (France)
Adversaire : John Isner (Etats-Unis)
Score : 6-7(3), 3-6, 7-6(5), 6-2, 19-17

Le jour où Jo-Wilfried Tsonga a "vengé" Nicolas Mahut. Six ans après avoir remporté le plus long match de l’histoire de Wimbledon, John Isner se dressait encore sur la route d’un Français, mais cette fois, c’est le géant américain qui a fini par céder, non sans avoir vendu encore une fois chèrement sa peau. L’affrontement dure ainsi près de quatre heures et demie dont 2h08 pour le seul 5e set, à l’époque le 3e plus long du tournoi dans l’ère Open en nombre de jeux.

Etant donné les circonstances et son aversion pour les grands serveurs – Ivo Karlovic l’avait sorti deux fois du tournoi en 2009 et 2015 –, Tsonga réalise un véritable exploit en deux temps. Mené deux sets à zéro et incapable de trouver la clé à la relance, le Manceau subit d’abord les événements mais arrache le tie-break de la 3e manche pour la plus grande joie du public londonien. Le match est alors interrompu par l’obscurité et la suite programmée le lendemain, dimanche pourtant traditionnellement chômé à Wimbledon.

Reboosté, Tsonga prend deux fois d’affilée le service adverse dès la reprise, ce qu’il n’était pas parvenu à faire la veille. Et vingt-cinq minutes plus tard, est donc lancé ce fameux 5e set, aussi irrespirable qu’interminable. Servant après Isner, Tsonga joue constamment sa peau à partir de 5-4 contre lui et doit d’ailleurs sauver une balle de match à 16-15 d’un enchaînement service-coup droit impeccable. Il s’accroche et fait finalement la différence deux jeux plus tard, concluant l’affaire d’une ultime volée de revers saluée par une ovation majestueuse.

Une remontée épique certes, mais qui pose déjà la question de l’introduction du tie-break dans l’ultime acte. Isner s’y déclare alors favorable mais il lui faudra jouer un autre marathon deux ans plus tard pour en persuader les organisateurs.

Jo-Wilfried Tsonga libéré après son comeback victorieux contre John Isner.

Crédit: Getty Images

73. Boris Becker - Ivan Lendl

Edition : 1989
Demi-finale
Vainqueur : Boris Becker (Allemagne)
Adversaire : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)
Score : 7-5, 6-7, 2-6, 6-4, 6-3

Boris Becker est en reconquête à Londres où, après son retentissant doublé à 17 et 18 ans en 1985 et 86, il rester sur deux années sans titre. Plus que la finale à sens unique face à Stefan Edberg (6-0, 7-6, 6-4), c'est en demie, contre Ivan Lendl, que Becker forge son 3e succès sur le gazon londonien. Le Tchécoslovaque reste de son côté sur son improbable sortie de route à Paris contre Michael Chang, mais cette défaite face à Becker, l'homme de nombreux tourments pour lui à Wimbledon, sera peut-être plus douloureuse encore.

Car Lendl, s'il a atteint deux fois la finale à Wimbledon (1986 et 1987), n'a sans doute jamais été aussi bien armé qu'en cette année 1989 pour s'y imposer. Face à Becker, il livre peut-être dans cette demi-finale disputée le samedi (à cause de la météo, comme souvent), le meilleur match de sa carrière sur cette surface. Jamais il n'a aussi bien lu l'infernale première balle de Becker. Après la perte du 1er set, il prend les choses en main et va jusqu'à mener deux manches à une et 4-2 dans le 4e acte. Cette fois, il tient Becker. Ou pas.

La tête sous l'eau, oui, mais le nez dans le gazon, pas encore. Becker débreake, rebreake à 5-4 puis s'empare à nouveau du service de Lendl en début de 5e set. C'est plié. Il survole cette fin de match. Pour Lendl, un rêve passe, encore. Le numéro un mondial est sorti de son match depuis un moment, trop occupé à s'énerver après l'arbitre et les juges de ligne, coupables selon lui de conspirer contre son aspiration londonienne. Lorsqu'il ramasse son sac et attend l'Allemand pour sortir du court, il ne cesse de secouer la tête.

"Je ne crois pas avoir fait grand-chose de travers, glisse Lendl. Je suis juste déçu. Déçu et contrarié." Dans la foulée, il annonce envisager de ne pas disputer Roland-Garros en 1990 pour se consacrer à 100% à Wimbledon. Il tiendra parole. La pire idée de sa vie.

72. John Newcombe - Roy Emerson

Edition : 1970
Quart de finale
Vainqueur : John Newcombe (Australie)
Adversaire : Roy Emerson (Australie)
Score : 6-1, 5-7, 3-6, 6-2, 11-9

La brillante carrière de Roy Emerson, riche de 28 titres du Grand Chelem (un record) dont 12 en simple, n'a pas résisté au passage à l'ère Open, entamée il est vrai alors qu'il avait passé la trentaine. A partir du moment où les tournois majeurs ont été rouverts aux professionnels, il n'en a plus jamais atteint le dernier carré.

Mais il s'en est fallu d'un rien lors de cette édition 1970 de Wimbledon où il ne s'est incliné qu'au "bout du bout" en quarts face au futur vainqueur, son compatriote John Newcombe. Pratiquement une finale avant la lettre, alors que la défaite au tour précédent de Rod Laver, double tenant du titre, avait considérablement dégagé l'horizon.

Disputé sur l'ancien court 1 - démoli en 1997 et remplacé par celui que l'on connaît -, dans un vent tourbillonnant, ce match donne lieu à une bagarre intense sur laquelle "Emmo" prend une option lorsqu'il se détache 2 sets à 1.

Le champion de Sydney s'en sort finalement au terme d'un 5e set au couteau, lors duquel il ne cesse de marcher sur un fil, sauvant un total cinq balles de break, deux à 2-2, une à 4-4 et deux à 7-7. Un gros bras de fer disputé dans une belle ambiance avec notamment cet amusant incident d'arbitrage lorsque, battu par un retour gagnant, le facétieux Newcombe prend sa 2e balle nichée dans sa main et l'expédie prestement dans le court libre. Ce tour de passe-passe à la Mansour Bahrami mystifie l'arbitre, qui lui accorde le point.

Bon prince, Newcombe confesse sa filouterie et sauve son service. C'est le tournant du match. Il finit par s'en sortir et c'est lui qui décrochera les 3 000 £ (environ 3 300 €) de prize-money promises au vainqueur.

71. Michael Stich - Alexander Volkov

Edition : 1991
Huitième de finale
Vainqueur : Michael Stich (Allemagne)
Adversaire : Alexander Volkov (Russie)
Score : 4-6, 6-3, 7-5, 1-6, 7-5

Michael Stich n'a gagné qu'un seul tournoi du Grand Chelem dans sa carrière. Mais quel titre ! Pour soulever la coupe dorée, l'Allemand s'est payé le luxe de dominer en demi-finale Stefan Edberg, l'ange suédois, puis en finale Boris Becker, le demi-dieu allemand, soit les deux tauliers d'alors au All England Club. Un double exploit majuscule qui confère à ce sacre unique un parfum particulier.

Pourtant, ce n'est pas sa demie sans le moindre break (il a remporté ses trois manches au jeu décisif) face à Edberg ou sa finale pliée en trois sets contre Becker que nous avons voulu mettre en avant ici, mais son huitième contre Alexander Volkov.

Volkov, c'est moins ronflant, convenons-en. Mais s'il ne s'était pas sorti miraculeusement de ce match un peu oublié, le reste de l'histoire n'aurait jamais existé. C'est un peu son France – Paraguay à lui. Face au regretté gaucher de Kaliningrad au tennis soyeux, Stich va voir la sortie de très près.

Mené 5-3 dans le 5e set, le voilà à deux points de la défaite lorsque Volkov est à 30-15 sur sa mise en jeu. Il est même sur le point d'obtenir deux balles de match. Le passing de Stich va sortir. Mais il accroche la bande et le filet, incroyablement généreux, remet la balle sur la trajectoire des limites du court et retombe du bon côté. Double miracle. 30 A. Volkov n'en revient pas. Et ne s'en remet pas.

Quelques minutes plus tard, Volkov n'a toujours rien compris et Stich peut pousser un gros ouf de soulagement. Après ce drôle de coup du sort, il a débreaké et le Russe n'a plus mis une balle dedans. 7-5 Stich. "Je suis désolé d'avoir gagné ce point de cette façon", dira l'Allemand. Quinze ans plus tard, alors que Volkov est devenu le coach de Marat Safin, les deux hommes se croisent dans les allées de Wimbledon. Stich le regarde. Volkov sourit. L'Allemand raconte : "Je ne lui ai pas dit un mot, mais je crois qu'il a compris que mon regard voulait dire 'je suis toujours vraiment désolé.'"

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