Dossier réalisé par Laurent Vergne Maxime Battistella et Rémi Bourrières

100. Jan Kodes - Roger Taylor

Wimbledon
Trois scénarios envisagés dont le huis clos pour l'édition 2021
16/10/2020 À 10:01

Edition : 1973
Demi-finale
Vainqueur : Jan Kodes (Tchécoslovaquie)
Adversaire : Roger Taylor (Grande-Bretagne)
Score : 8-9, 9-7, 5-7, 6-4, 7-5

Peut-être l'édition la plus "sombre" de l'ère Open à Wimbledon. "L'affaire Pilic" sème la zizanie. Le Yougoslave a été suspendu par sa fédération pour avoir refusé de disputer une rencontre de Coupe Davis. Par solidarité, 81 joueurs affiliés à l'ATP (dont 13 des 16 têtes de série) décident de boycotter le Grand Chelem londonien. Seul Ilie Nastase, par peur des représailles de sa fédération, et Roger Taylor, pour ne pas froisser le public anglais, se présentent sur le gazon anglais.

Avant Henman et Murray, Taylor aura été le principal animateur britannique à Wimbledon. Déjà demi-finaliste en 1967 et 1970, il pense tenir à 30 ans la chance de sa vie avec ce tableau dévalué. En quarts, Taylor bat à l'arraché un tout jeune joueur de 17 ans, dont on reparlera. Il s'appelle Björn Borg et ce match va rester pour sa balle de match, rejouée à la demande de Taylor alors que le Suédois avait protesté l'annonce du juge de ligne. C'était du Wilander - Clerc avant l'heure.

Tout Wimbledon veut croire que cette fois, enfin, un des siens va disputer la grande finale. Face à Jan Kodes, Roger Taylor livre un combat épique dont il a le secret. Il mène deux manches à une mais finit par céder 7-5 au 5e set. Un crève-cœur. Le dernier de sa carrière : il ne remportera plus un match à Wimbledon, s'inclinant au 1er tour les sept années suivantes.

Jan Kodes, lui, ira au bout, en dominant Metreveli en trois sets dans une finale sans intérêt. La victoire du Tchécoslovaque sauve les meubles. D'abord parce qu'il était un vrai champion, déjà doublement titré à Roland-Garros. Ensuite parce que son succès a fait plaisir à tous les membres de l'ATP ayant boycotté le tournoi, qui ne voulaient surtout pas voir les "traîtres" Nastase et Taylor triompher.

99. David Nalbandian - Andy Murray

Edition : 2005
3e tour
Vainqueur : David Nalbandian (Argentine)
Adversaire : Andy Murray (Grande-Bretagne)
Score : 6-7(4), 1-6, 6-0, 6-4, 6-1

Probablement LE match où beaucoup ont découvert Andy Murray, ado de 18 ans encore mal dégrossi, un peu dégingandé, bref à la drôle d'allure mais au talent crevant les pupilles autant qu'il les régale. L'Ecossais fait cette année-là ses premiers pas sur le circuit ATP et ils sont prometteurs puisqu'il vient juste d'atteindre le 3e tour au Queen's, frôlant la victoire face à Thomas Johansson.

A Wimbledon, où il bénéficie d'une wild-card, Murray, 312e mondial, poursuit sur sa lancée en passant là encore deux tours sans perdre un set, étrillant notamment Stepanek, 13e mondial. Mais face à David Nalbandian, finaliste trois ans plus tôt, c'est encore le cran au-dessus.

Pourtant, sur le Centre Court, Murray livre un récital, dominant le talentueux Argentin à son propre jeu dans des rallyes somptueux. Il mène 2 sets à rien et obtient une balle de break dès le début du 3e, miraculeusement sauvée par Nalbandian. Des opportunités, le jeune Britannique en a plus encore au 4e set, dans lequel il mène 4-2 et se procure à nouveau trois cruciales balles de break à 4-4.

Mais l'Argentin reste solide, et finit par faire plier physiquement son adversaire en proie à des crampes sévères durant toute la fin de match. Murray perd en cinq sets mais il a épaté la galerie - parmi laquelle un certain Sean Connery -, folle de joie d'avoir trouvé un successeur tout désigné à Tim Henman, dont c'est le crépuscule...

Andy Murray en 2005 à Wimbledon.

Crédit: Getty Images

98. Novak Djokovic - Lleyton Hewitt

Edition : 2007
Huitième de finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Lleyton Hewitt (Australie)
Score : 7-6(8), 7-6(2), 4-6, 7-6(5)

C’est peut-être lors de cette édition 2007 de Wimbledon que s’est matérialisé le passage de témoin entre deux générations. Car si l’on met de côté Roger Federer, l’exception qui confirme la règle, ce huitième de finale entre Lleyton Hewitt (26 ans à l'époque) et Novak Djokovic (20 ans) en est l’illustration brillante. Entre deux contreurs aux styles proches, et au fighting spirit affirmé, c’est le plus jeune qui finit par prendre le dessus après 4h12 d’un féroce combat.

Avant de s’affronter sur le gazon anglais, les deux hommes avaient déjà croisé le fer au 3e tour de l’US Open quelques mois plutôt. Hewitt avait alors signé une démonstration, ne laissant que six jeux (6-3, 6-1, 6-2) en moins d’une heure et demie à son jeune adversaire. Mais à Wimbledon, le tableau a radicalement changé : vainqueur à Miami et demi-finaliste à Roland-Garros, Djokovic a intégré le top 5 mondial. Ex-numéro 1, Hewitt n’est plus que 19e, et leur duel londonien confirme cette inversion du rapport de forces.

Une intense bataille du fond s’engage, parsemée d'échanges acharnés. Mais dans les trois jeux décisifs, la puissance légèrement supérieure du Serbe et sa capacité à prendre davantage de risques paie. Pourtant en délicatesse avec son dos – il avait mis trois jours à se débarrasser de Nicolas Kiefer au tour précédent à cause d’une météo capricieuse –, Djoko finit donc par prendre Hewitt à son propre jeu. L’Australien ne battra d’ailleurs plus jamais le Serbe. Ce dernier sortira vainqueur d’un autre marathon de cinq heures face à Marcos Baghdatis en quart, avant d’être contraint à l’abandon en demie contre Rafael Nadal, déjà son bourreau à Paris au même stade.

Novak Djokovic - Wimbledon 2007.

Crédit: Imago

97. Pete Sampras - Boris Becker

Edition : 1997
Quart de finale
Vainqueur : Pete Sampras (Etats-Unis)
Adversaire : Boris Becker (Allemagne)
Score : 6-1, 6-7(5), 6-1, 6-4

Pete Sampras a du mal à y croire. Au moment de lui serrer la main après ce quart de finale de Wimbledon 1997, Boris Becker s’avance et lui glisse à l’oreille une nouvelle qu’il annoncera à la presse du monde en entier quelques minutes plus tard : ce match serait son dernier sur le gazon du All England Club. "C’est fini pour moi. C’est ma dernière à Wimbledon. Je sens que c’est le bon moment pour partir. Je ne veux pas revenir en tant que 60e mondial et prier Dieu pour avoir un bon tableau pour passer deux tours. Ce n'est pas mon style", lâche alors Boum Boum.

Retombé à la 18e place mondiale, Becker est de plus en plus ennuyé par les blessures et sent bien qu’en Grand Chelem, la tâche est désormais impossible. Après avoir fait l’impasse à Roland-Garros, il tente pourtant sa chance à Wimbledon, son tournoi favori. A 29 ans, il se présente alors en quart de finale sans avoir perdu le moindre set.

Sampras, lui, est en reconquête, après sa défaite au même stade un an plus tôt face à Richard Krajicek. Le choc contre Becker est d’autant plus attendu que les deux rivaux avaient émerveillé fin 1996 lors d’une finale mémorable du Masters à Hanovre. Mais le gazon de Wimbledon a changé de maître et l’affaire dure à peine plus de deux heures : si Becker gagne tout de même le deuxième set au tie-break, c’est un mini-hold-up, tant "Pistol Pete" lui est supérieur.

Il s’agira effectivement du dernier rendez-vous entre ces deux monstres du gazon au All England Club. Becker ne pourra cependant pas résister à un dernier tour de piste dans son ancien jardin deux ans plus tard. Nous y reviendrons.

96. Thierry Champion - Pat Cash

Edition : 1991
2e tour
Vainqueur : Thierry Champion (France)
Adversaire : Pat Cash (Australie)
Score : 7-5, 6-7, 4-6, 6-1, 12-10

Thierry Champion en quarts de finale de Wimbledon, c'est une drôle d'histoire. Presque une "blague", puisqu'il n'y avait jamais gagné un match en quatre participations avant cette édition 1991. Avant de s'incliner logiquement aux portes du dernier carré contre Stefan Edberg, le terrien tricolore aura eu le temps de manger le cerveau du pauvre Derrick Rostagno et surtout de sortir un ancien vainqueur du tournoi, Pat Cash. Un match improbable et interminable, remporté 12-10 au 5e set, en sauvant au passage deux balles de match sur sa mise en jeu à 10-9.

Pat Cash n'est il est vrai que le fantôme du champion titré quatre ans plus tôt. Il ne compte d'ailleurs pas parmi les têtes de série. Entre blessures à répétition, notamment au tendon d'Achille, et un soupçon de parano (il est convaincu que les arbitres lui en veulent et mènent une vendetta contre lui !), l'Australien est à bout. "J'en avais marre du tennis, je n'en pouvais plus", avouera-t-il en 2002 dans son autobiographie, Uncovered.

Un livre dans lequel il va même beaucoup plus loin, affirmant avoir... fait exprès de perdre contre Thierry Champion. Un pote à lui, Nick Brown, affronte au même moment Goran Ivanisevic. "Je savais que le vainqueur jouerait contre Champion ou moi au tour suivant, raconte Cash. Un moment, j'ai demandé à une ramasseuse de balle qui avait gagné, elle m'a dit que c'était Nick. Je n'avais pas envie de jouer un pote, en plus avec tout le public contre moi. Alors, à 4-4 dans le 5e set, j'ai tout fait pour perdre."

Il faudra quand même 14 jeux de plus pour achever ce drôle de match, que Pat Cash sera donc à un point de remporter malgré tout. "Il était évident que je faisais n'importe quoi, mais Champion lui-même a semblé rattrapé par ses nerfs à ce moment-là", se souvient l'Australien. Résultat, une fin de rencontre abracadabrantesque. Mais une des victoires les plus marquantes de la carrière du Français.

95. Jim Courier - Sjeng Schalken

Edition : 1999
16e de finale
Vainqueur : Jim Courier (Etats-Unis)
Adversaire : Sjeng Schalken (Pays-Bas)
Score : 7-6, 3-6, 3-6, 7-5, 13-11

Le crépuscule du siècle fut aussi celui de Jim Courier. Triomphant au début des années 90, l'Américain s'est éclipsé au profit de ses anciens rivaux Pete Sampras et Andre Agassi. Lui ne joue plus dans la même catégorie. Vidé mentalement, il n'a plus franchi le cap de la première semaine en Grand Chelem depuis deux ans et demi. Retombé au-delà de la 60e place mondiale, il retrouve pourtant une grinta dont on ne le croyait plus capable pendant ce Wimbledon 1999.

Vainqueur au 2e tour de Carlos Moya en cinq sets acharnés, il remet ça en 16e de finale contre Sjeng Schalken. Ce jour-là, Courier, c'est Connors. A grands coups de "fist pump", il harangue la foule et des "Come on Jimbo !" finissent par gicler des travées. A 5-4 contre lui dans le 4e set, l'Américain sauve une balle de match d'un coup droit monstrueux d'audace. Dans la foulée, il breake et recolle à deux manches partout.

Ce n'est pas du grand Courier. Le charme de ce thriller est ailleurs, dans l'envie retrouvée d'un champion égaré depuis des mois. Par deux fois, Jim-Jimbo sert pour le match dans le set décisif. A 9-8 puis à 10-9. A chaque fois, il coince. Finalement, le 3e break est le bon et, à 12-11, Courier termine sur un jeu blanc. 4h24 dont 97 minutes pour le seul 5e set. L'ancien numéro un mondial a la force de lever les bras, mais guère plus. Epuisé, il doit être conduit à l'hôpital pour être réhydraté. Là-bas, il croise Schalken, à peine plus fringant que lui.

Dans le même temps, Pete Sampras a déroulé en trois manches. Mais il ne perd pas une miette du dénouement du match de son ex-rival, avant de lui rendre hommage : "C'est la plus grande qualité de Jim. Son cœur. Il va se battre jusqu'à la ligne d'arrivée, quoi qu'il en coûte. Il l'a encore prouvé aujourd'hui."

Wimbledon 1999 : Courier - Schalken, cadre champêtre pour un marathon.

Crédit: Getty Images

94. Boris Becker - Andreï Medvedev

Edition : 1994
Huitième de finale
Vainqueur : Boris Becker (Allemagne)
Adversaire : Andrei Medvedev (Ukraine)
Score : 6-7(5), 7-5, 7-6(3), 6-7(3), 7-5

Parmi les mille et une aventures que Boris Becker a vécues à Wimbledon, son épopée de 1994 garde peut-être une place à part dans sa mémoire. Très honorable sur le plan sportif – défaite en demie face à Ivanisevic -, elle a été beaucoup plus agitée sur le plan médiatique.

L'Allemand s'est en effet retrouvé à deux reprises au cœur de la polémique. Lors de sa victoire au 3e tour face à l'Argentin Frana, le triple vainqueur du tournoi, sorti pour aller aux toilettes, s'était fait "attraper" en train de recevoir un traitement médical interdit dans ces circonstances. Il s'en était tiré avec une simple amende de 1 000 dollars.

Mais c'est au tour suivant que Becker dispute son match le plus chaud face au jeune Andrei Medvedev, auteur, à même pas 20 ans, de son meilleur parcours à Wimbledon. Disputé sur le Court 1, le bras de fer s'étale sur 4h51 et deux jours après avoir été interrompu par la nuit à 1-1 au 5e set.

Dans ce 5e set, l'Ukrainien breake pour mener 4-3, 30-0 sur son service. Mais Becker revient en "roublard". Un peu trop selon Medvedev qui lui reproche à plusieurs reprises de le perturber avant de servir. Dont une fois sur la première balle de match, à 6-5, 0-40. "Il s'est placé pour retourner, m'a regardé droit dans les yeux et juste avant que je ne serve, s'est retourné à nouveau. Ce n'est pas fair-play. Tu dois être assez bon pour gagner sans tricher." Réponse de Becker : "Je crois que c'est surtout la déception qui parle..."

93. Tim Henman - Yevgeni Kafelnikov

Edition : 1996
1er tour
Vainqueur : Tim Henman (Grande-Bretagne)
Adversaire : Yevgeni Kafelnikov (Russie)
Score : 7-6, 6-3, 6-7, 4-6, 7-5

L'acte de naissance d'un joueur qui, à défaut de soulever le trophée, va marquer le tournoi pendant une décennie. Il s'appelle Tim Henman, et derrière son look de genre idéal bien propret et son jeu à l'ancienne, il sait aussi se battre. En 1996, Wimbledon "fête" le 60e anniversaire de la dernière victoire britannique. Henman, 21 ans, ne pointe encore qu'au 62e rang mondial et se voit proposer Yevgeni Kafelnikov dès le 1er tour. Kafel vient de remporter Roland-Garros et s'il n'est pas un monstre sur gazon, il a tout de même atteint les quarts à Londres l'année précédente.

Le jeune Anglais remporte les deux premières manches, mais quand Kafelnikov obtient deux balles de match à 5-3, 15-40 dans le 5e set, tout cela fleure bon la défaite honorable et prometteuse. Avec un sacré cran, Henman, pris par les crampes depuis une demi-heure, claque alors deux aces puis deux services gagnants pour sauver la mise. Il n'y a pas encore le feu pour Kafel, qui doit servir pour le match. C'est pourtant lui qui craque avec deux erreurs grossières et une double faute. Revenu à 5-5, l'ami Tim, toujours sur un fil, écarte une nouvelle balle de break à 5-5.

A 6-5, il s'offre une balle de match à l'issue d'un point mémorable qui fait se dresser le public du Centre Court comme un seul homme. Sa première opportunité est la bonne. En se ruant au filet, il pousse à la faute Kafelnikov, dont le passing de revers reste englué dans le filet. Après 3h40 de combat, Tim Henman tient son acte fondateur. Il ira jusqu'en quarts de finale cette année-là. Le début de la Henmania. Nous n'avons pas fini d'en parler dans ce Top 100...

92. Mark Philippoussis - Sjeng Schalken

Edition : 2000
3e tour
Vainqueur : Mark Philippoussis (Australie)
Adversaire : Sjeng Schalken (Pays-Bas)
Score : 4-6, 6-3, 6-7(7), 7-6(4), 20-18

Cette année-là, le canonnier australien Mark Philippoussis est considéré comme l'un des grands outsiders du tournoi. Mais au 3e tour, il a d'abord un double problème à régler : une programmation sur le maudit court 2, alias le "cimetière", et un adversaire, Sjeng Schalken, dont la raideur gestuelle ne met pas en valeur le réel talent, qui lui permettra plus tard d'atteindre à trois reprises les quarts à Wimbledon, ainsi que les demies à l'US Open.

Mais à l'époque, le Néerlandais a aussi un autre talent moins flatteur : celui de perdre des 5e sets "marathon" à Wimbledon. La mésaventure lui est arrivée lors des deux éditions précédentes et celle-ci est pire encore. Les deux hommes paraissent inséparables jusqu'à 18-18 au 5e, moment choisi par Philippoussis pour accélérer et remporter les huit derniers points du match, qu'il conclut après plus de 5 heures.

Ce match, qui devient le plus long (en termes de jeux) de l'histoire de Wimbledon depuis l'introduction du tie-break, est à l'époque qualifié d'historique. Cela fait sourire aujourd'hui, quand on sait jusqu'à quelle extrémité ce record sera porté dix ans plus tard... Il permet aussi à Philippoussis, qui sera finalement battu en quarts par Agassi, de devenir le seul joueur à atteindre cette année-là la deuxième semaine à Wimbledon comme à Roland-Garros un mois plus tôt. Là aussi, cela fait sourire...

Mark Philippousis contre Sjeng Schalken - Wimbledon 2000.

Crédit: Getty Images

91. Nick Kyrgios - Richard Gasquet

Edition : 2014
2e tour
Vainqueur : Nick Kyrgios (Australie)
Adversaire : Richard Gasquet (France)
Score : 3-6, 6-7(4), 6-4, 7-5, 10-8

A sa sortie du court numéro 2 de Wimbledon ce 26 juin 2014, Richard Gasquet n’en revient pas. "Perdre en ayant neuf balles de match, ça ne m’est jamais arrivé. C’est le sport mais c’est dur. Le destin n’était pas de mon côté", tente-t-il d’expliquer. Tête de série numéro 13 et numéro 1 tricolore, il est tombé sous les coups d’un Aussie sans complexes de 19 ans, le plus jeune joueur du tableau final, un dénommé Nick Kyrgios.

La sensation est d’autant plus grande que Gasquet a eu toutes les cartes en main. Il connaissait d’ailleurs déjà le loustic pour l’avoir battu au 1er tour de la Coupe Davis cinq mois plus tôt en trois sets. Malgré ce net succès, le Français avait alors rendu hommage à son fantasque adversaire : "Il a un énorme avenir. A mon avis, il va être un grand joueur dans le futur. S'il continue comme cela, il sera parmi les dix meilleurs mondiaux et pourra gagner de grands tournois". Il ne pensait pas alors qu’il en serait la victime.

Car après avoir bien maîtrisé les deux premières manches, Gasquet paie une baisse d’intensité physique et voit Kyrgios revenir à deux sets partout. Servant le premier dans l’ultime acte, le Biterrois hausse le ton et passe donc neuf fois à un point de la victoire, sans parvenir à concrétiser à la relance. S’il fallait retenir un moment de cette fin de partie surréaliste, ce serait assurément la 5e balle de match : Gasquet réussit un bon retour sur seconde balle, mais une double faute est signalée. Kyrgios a recours au hawk-eye qui indique que le service a mordu l’extérieur de la ligne, l’Aussie s’en sort dans la foulée d’un coup droit décroisé gagnant.

Euphorique, Kyrgios poussera l’aventure jusqu’en quart de finale, se permettant au passage de surprendre un certain Rafael Nadal en huitième. Aussi imprévisible que talentueux, il n’a depuis pas fait mieux en Grand Chelem.

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