Arthur Rinderknech, la vraie raison d'une révélation : "Depuis son mariage, il n'est plus pareil sur le terrain"

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Qualifié au 3e tour qu'il disputera ce vendredi grâce à deux marathons brillamment remportés, Arthur Rinderknech surfe sur une euphorie qui peut le porter loin. En plein doute au cœur de l'hiver, il a su retrouver le plaisir et la confiance grâce à son nouvel entraîneur Lucas Pouille mais surtout dans sa vie personnelle où son mariage a agi comme un déclic.

Pourquoi Wimbledon reste le plus grand tournoi du monde

Video credit: Eurosport

Il en fait un mantra, un leitmotiv qu'il aime ressortir lorsqu'il tweete avec la spontanéité qui est une de ses marques de fabrique : #TOUTDONNER. Arthur Rinderknech est ainsi fait qu'il ne calcule rien sur un court, trop amoureux de ce sport qui rend fou et des ambiances brûlantes qu'il peut créer. À Roland-Garros, on l'avait vu chatouiller le numéro un mondial Jannik Sinner dans un match qu'il avait cherché à rendre électrique par son sens du show et son culot. Rien qui ne déstabilisa trop longtemps Sinner, mais au moins Rinderknech avait-il pu apprécier le moment.
Tout donner, il l'a encore fait ces quatre derniers jours à Wimbledon avec deux marathons en cinq sets entrecoupés de courtes nuits et de préparations minimalistes. Pour faire chuter Alexander Zverev, d'abord, dans le plus beau décorum du monde, puis pour confirmer dans l'anonymat du court 17 de Wimbledon face à Cristian Garin. De ces deux matches ressort une impression tenace : ce n'est pas exactement le même joueur que celui entrevu en début d'année, qui enchaînait les tournois sans grandes performances ni grandes espérances.

Le déclic du coeur

Depuis ce match face à Sinner à Roland-Garros, c'est simple, il a battu Shelton, Opelka, Shapovalov et Zverev. Pour un joueur classé à la 72e place du classement ATP, c'est suffisamment rare pour interpeller. Mais, au fond, tout s'explique selon sa mère Virginie Paquet-Ottaway : le déclic d'Arthur s'est joué en mai dernier.
"Il s'est marié avant Roland-Garros et je crois que ça lui a fait un bien fou, explique-t-elle. Il était nerveux que tout se passe bien mais la fête fut belle, c'était vraiment un super mariage et, surtout, je l'ai trouvé heureux à ce moment-là, cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça. Je pense que ça a fait du bien à son tennis. Depuis, je trouve qu'il n'est plus pareil sur le terrain".
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Arthur Rinderknech après son exploit face à Alexander Zverev

Crédit: Getty Images

Parce que l'époque réclame des explications rationnelles et scientifiques, on aurait pu penser que le déclic avait été tactique, notamment aux côtés de Lucas Pouille, ou tennistique avec une prise en compte de son vrai ADN de jeu. Mais, comme souvent, on sous-estime l'essentiel : l'homme derrière le sportif. A la manière d'un Cyprien Sarrazin, c'est du cœur que tout est (re)parti.
"Je me sens bien, je me sens très bien, avait-il d'ailleurs glissé dans un grand sourire avant Roland-Garros. Je me suis marié il y a à peine une semaine, c'est cool. C'est une belle partie de ma vie privée qui se passe. J'ai envie de continuer à profiter, de surfer sur cette vague." A Wimbledon, elle pourrait bien se transformer en tsunami.

Nouvelle vie pour nouvelles ambitions ?

Parce que Rinderknech surfe aussi sur la nouveauté. En mars dernier, il a mis fin à sa relation de travail avec Sebastien Villette, longue de cinq ans et d'aventures aux quatre coins du monde après un parcours sinueux qui aura vu le Français décrocher ses premiers points ATP à 24 ans. Un signe que "Rinder" avait décidé de se bousculer un peu après avoir réussi à fréquenter le Top 50 en 2022 pour ne plus y revenir depuis. Son chemin, à l'instinct, l'a mené vers Lucas Pouille. Et, là aussi, le résultat est bluffant.
"Le tennis, c'est toujours pareil, c'est une question de confiance, explique Virginie Paquet-Ottaway, elle-même ancienne pro. Là, le fait de partager le quotidien avec Lucas Pouille depuis un mois et demi, qui est de la même génération, qui est Breton d'adoption ça lui fait un bien fou." Ce dernier, d'ailleurs, a été lucide à l'heure de juger son vrai apport : réussir à convaincre Rinderknech qu'il y avait quelque chose de grand et de beau à aller chercher, à 29 ans. Pour lui, c'est comme si toutes les planètes finissaient par s'aligner. Comme si l'amour avait tout réveillé.

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