Wimbledon 2025 - Oliver Tarvet, même pas peur ! "Je peux battre n'importe qui, Carlos Alcaraz ne fait pas exception"

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A 21 ans, Oliver Tarvet est la "feel good story" de ce début de quinzaine. Etudiant en Californie, soumis aux règles de la NCAA, il ne pourra tirer financièrement partie de ce qu'il est en train d'amasser à Wimbledon. Dommage. Mais côté terrain, l'Anglais savoure. Sorti des qualifications et désormais au 2e tour, il va s'attaquer à un certain Carlos Alcaraz. Avec respect. Mais sans trembler.

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Video credit: Eurosport

Il est l'histoire de ce début de Wimbledon. Au moins du côté britannique. Oliver Tarvet, 21 ans, pointe à la 733e place au classement mondial. Après avoir bénéficié d'une wild-card pour intégrer les qualifications, il est sorti vivant de celles-ci puis s'est hissé au 2e tour du grand tableau grâce à sa victoire en trois sets contre un autre qualifié, le Suisse Leandro Riedi (6-4, 6-4, 6-4). Résultat, un bon d'au moins 340 places à venir à l'ATP et en guise de récompense un petit match sympathique contre Carlos Alcaraz, le double tenant du titre.
Ce n'est toutefois pas pour cela que le natif du Hertofrshire a été au centre de bien des discussions lundi après sa victoire, que ce soit dans les allées de Wimbledon ou dans les médias. Avec son accession au 2e tour, Tarvet aurait dû empocher 99000 livres sterling, soit environ 115 000 euros. Mais il n'est pas encore professionnel. Etudiant à l'Université de San Diego en Californie, il est soumis à ce titre aux règles de la NCAA, le championnat universitaire américaine et de celles de son université. Or celles-ci stipulent qu'en raison de son statut, le joueur ne peut gagner plus de… 10 000 dollars sur l'ensemble de l'année sur le circuit ATP, après avoir déduit ses frais.

Objectif 70 000 livres de frais !

C'est peu dire qu'en quelques jours à Wimbledon il a d'ores et déjà explosé ce plafond. "Je ne peux pas bénéficier financièrement des prize money, a-t-il expliqué lundi. Je dois respecter les règles de la NCAA. Comme je l'ai dit, c'est un sujet très important pour moi. J'ai toujours de grands objectifs à l'Université de San Diego." Aucun moyen pour lui de déroger à ce système, sauf à quitter l'Université, mais ce n'est pas dans ses plans pour le moment. En contrepartie de la limitation de ses gains, son université (USD) prend ses frais en charge.
"D'ici décembre, précise Tarvet, je dois prouver que mes bénéfices, soit le prize money moins les dépenses, sont inférieurs à 10 000 dollars. Après impôts, je devrai donc justifier d'environ 60 000 à 70 000 livres de frais pour rentrer dans les clous avec mes gains du deuxième tour. Le tennis est un sport coûteux. Alors, j'espère y parvenir. J'aimerais payer juste un peu plus mes entraîneurs. Voyager en classe affaires (rires). Évidemment, non, je reste humble. Mais oui, j'essaie vraiment d'y arriver. Je ne sais pas, on verra. On trouvera une solution."
Une fois devenu professionnel, Oliver Tarvet n'aura plus à procéder à ce genre de calculs un peu absurdes. Mais il ne regrette absolument pas son aventure universitaire aux Etats-Unis. Au contraire. Là-bas, il s'est épanoui, comme beaucoup d'autres avant lui, comme Ben Shelton ou Arthur Rinderknech. "Le circuit professionnel peut parfois être solitaire, juge-t-il. C'est vraiment agréable d'avoir neuf ou dix gars qui vous soutiennent en permanence, de vivre un truc tous ensemble. Vos entraîneurs vous soutiennent toujours. Vous travaillez pour les mêmes objectifs qu'eux : remporter des victoires collectives et laisser votre marque dans l'histoire de votre fac. C'est ce qui rend ce circuit si spécial pour moi. Je sens qu'il y a une culture, une culture saine, où chacun essaie de s'améliorer."
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Oliver Tarvet, invité surprise du 2e tour.

Crédit: Getty Images

On me dit que je manifeste bruyamment mais vous devriez venir me voir à San Diego
Les joueurs universitaires sont des "matcheurs", ils aiment les défis. Oliver Tarvet va être servi mercredi, c'est le moins que l'on puisse dire, puisqu'il sera face à Carlos Alcaraz, ce qui se fait de mieux au monde, encore plus ici à Wimbledon qu'ailleurs. L'Anglais sait où il met les pieds. Il a un respect infini pour le lieu et pour son illustre adversaire. Mais il promet de ne pas avoir peur. Il veut entrer sur le court comme il le fait à USD : "On me dit que je manifeste bruyamment mais vous devriez venir me voir à San Diego, je fais trois fois plus de bruit là-bas qu'à Wimbledon."
En aura-t-il l'occasion face au maître des lieux ? "Cela ne change rien pour moi de l'affronter, jure-t-il. D'une manière générale, je suis plutôt confiant quant au fait que je peux battre n'importe qui. Carlos Alcaraz ne fait pas exception.  Evidemment, il a déjà un apport gigantesque au monde du tennis. C'est impossible de ne pas le respecter. Mais oui, je vais venir et essayer de traiter ce match comme n'importe quel autre. Je m'occupe du jeu, pas de l'adversaire. Mais ça va être spécial et génial de jouer Alcaraz, probablement sur un grand court. A moi de faire en sorte que le moment ne soit pas trop grand pour moi..."
Wimbledon est "so britsh", c'est son "rêve d'enfant" mais Oliver Tarvet a bien l'esprit NCAA : envie de tout et peur de rien. Même si ça ne paie pas encore pour son compte en banque.
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