Wimbledon 2026 | 1er tour | Ben Shelton sonné : "Une des pires défaites de ma carrière"
Par Laurent Vergne
Publié 30/06/2026 à 20:24 GMT+2
Ben Shelton débordait à juste titre d'ambition en débarquant à Wimbledon. Mais le tournoi est déjà fini pour le N°5 mondial, battu mardi au premier tour par un Otto Virtanen exceptionnel et vainqueur en cinq sets (6-4, 3-6, 6-7, 6-2, 7-6). L'Américain ne s'attendait pas à ça. Nous non plus. Il va falloir digérer. Ce ne sera pas simple, même s'il tente déjà de se projeter vers la suite de l'été.
"Sinner n’a pas encore le niveau d’un potentiel vainqueur"
Video credit: Eurosport
Ben Shelton accuse le coup. Après un sérieux stop à Roland-Garros, où il avait coincé dès le deuxième tour face au Belge Raphaël Collignon, le voilà qui trébuche dès son entrée en lice à Wimbledon. Et cet accroc-là fait encore plus mal que celui de Paris. "C'est une des pires défaites de ma carrière. C'est la première fois que je m'incline au premier tour de Wimbledon", a-t-il estimé dans la foulée. Il est le premier gros poisson à chuter dans cette quinzaine. Pas forcément celui que l'on attendait.
Sa sortie de route si précoce est à la fois étonnante et décevante. Otto Virtanen ne semblait pas de nature et de taille à pouvoir le battre, ni même le menacer. Mais le Finlandais a produit du grand tennis sur ce court numéro 2 qui a enterré tellement d'ambitieux au fil des années. "Je dois tirer un énorme coup de chapeau au gars que j'ai affronté, Otto. Je trouve qu'il a joué un match fantastique, bravo à lui", a salué l'Américain, sonné, touché, mais beau joueur. Shelton, lui, a constamment lutté. Contre tout. Son adversaire, et au moins autant contre lui-même. Il a aussi plus souvent réagi qu'agi.
L'année de tous les paradoxes
"Franchement, j'ai eu l'impression de devoir batailler tout au long de la journée, a regretté le numéro 5 mondial. Je manquais de précision sur le placement de mes services, donc je ne gagnais pas beaucoup de points 'gratuits', pas assez en tout cas. J'ai dû m'arracher pour remporter pas mal de jeux." Mais il refuse de trop s'accabler. Le tennis se joue à deux. Il a perdu, il aurait pu faire mieux, mais il en revient toujours à ce que Virtanen lui a proposé et imposé : "J'ai eu des occasions, comme ces balles de break dans le cinquième, mais il a sorti des coups incroyables dans ces moments-là. Je ne pense même pas avoir fait un mauvais match aujourd'hui. Les choses ont simplement tourné en ma défaveur."
La déception est tout de même à la hauteur de ses attentes. Vainqueur à Stuttgart, puis battu sur le fil par Taylor Fritz à Halle sans avoir concédé une seule balle de break, il était arrivé à Londres avec suffisamment de repères, de certitudes même. Pas avec une étiquette de favori, il n'en est pas encore là, mais de gros, de très gros outsider. "J'avais joué du très bon tennis avant de venir ici", déplore-t-il.
C'est donc sa deuxième disparition de très bonne heure coup sur coup en Grand Chelem alors que, jusqu'ici, il était rarement passé au travers dans les gros tournois. Drôle d'année que la sienne, décidément. Il est déjà allé chercher trois titres. Sur toutes les surfaces. Sur dur (Dallas, 500), sur terre (Munich, 500) et sur gazon (Stuttgart, 250). Au Texas, il avait battu Taylor Fritz en finale. En Bavière, il avait dominé João Fonseca puis Flavio Cobolli en finale. Sur terre. Ce n'est pas rien.
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Un titre et le sourire : comment Shelton a mis Cobolli au pas
Video credit: Eurosport
La meilleure partie de la saison m'attend
"J'ai du mal à tirer un bilan de ma saison pour l'instant, avoue-t-il. Je suis passé par des hauts et des bas. De belles performances dans les grands tournois — comme les quarts de finale en Australie en début de saison — trois titres remportés, dont deux 500. Mais à côté de ça, j'ai eu le sentiment d'avoir livré parfois des prestations plutôt médiocres. Au final, ça n'a pas été une grande année pour moi jusqu'ici. Elle a été difficile. J'ai disputé beaucoup de matchs très serrés, avec des tie-breaks ou des manches décisives que j'ai fini par perdre."
C'est donc au moment où il a le sentiment de franchir un cap et d'avancer qu'il est totalement à l'arrêt là où ça compte le plus. "Mais parfois, l'écart est infime entre un bon tournoi ou un mauvais, tente-t-il de relativiser. Surtout sur gazon. On affronte un joueur capable de servir à plus de 225 km/h et ça se joue sur pas grand-chose. Il a clairement affiché une vitesse moyenne de première balle supérieure à la mienne aujourd'hui. Si l'on ajoute à ça la qualité de son jeu en fond de court, sa défense et les coups qu'il a sortis en pleine course, on comprend vite que la marge de manœuvre va être très réduite." Elle était si faible qu'il a fini par perdre, malgré une balle de match.
Ben Shelton, souvent l'incarnation du sourire sur le circuit, a rarement semblé aussi après une défaite. Il va sans doute lui falloir un peu plus de temps que d'habitude pour digérer. "D'ordinaire, je suis du genre à retourner sur le court ou à la salle de sport dès le lendemain…", dit-il. Mais là, ce ne sera visiblement pas le cas. Malgré tout, il trouve la force de positiver : "Pour moi, il s'agit désormais de me concentrer sur la tournée américaine sur dur. C'est clairement une élimination bien plus précoce que je ne l'espérais, mais la meilleure partie de la saison m'attend." Son US Open ne pourra de toute façon pas plus mal se passer que son court séjour londonien.
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