Wimbledon 2026 I Huitièmes de finale I "Ce moment, je vais le chérir toute ma vie" : the wonderful Fery-tale

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Arthur Fery, qui n'avait jamais disputé de huitième de finale en Grand Chelem, ne pouvait pas en avoir gagné. Face à Grigor Dimitrov, le Franco-Britannique s'est offert le plus grand moment de sa jeune carrière. Avant les quarts, qui sait, où il retrouvera Flavio Cobolli. Qu'importe : il restera le frisson d'avoir réalisé "son rêve", lui qui a grandi "à cinq minutes" du Central Court de Wimbledon.

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Le quatrième lion. Il faisait bon être Anglais, et aimer le sport, en ce lundi 6 juillet 2026. Deux huitièmes de finale. L'un tôt, dans la nuit, remporté par les trois premiers Lions de Harry Kane et compagnie à l'Azteca de Mexico. L'autre, en début de soirée, d'un Franco-Britannique sans compagnie, mais tout autant d'envie. Arthur Fery (23 ans), fils de Loïc, le président du FC Lorient, a conquis le tournoi d'à côté, lui qui a grandi "à cinq minutes" du Center court de Wimbledon. Face à Grigor Dimitrov, il s'est offert l'un des moments de sa vie : offrir aux siens, aux Britanniques, tout du moins, le frisson de revoir un chouchou en quarts au All England Club.
Sa résilience, comme celle de ses compères du foot, inspirera. Et si on ose le parallèle ici, c'est qu'il y a été confronté, au sortir de sa victoire, par la presse anglaise. A-t-il pensé à la bande à Jude Bellingham, au moment de conclure au tie-break la plus grande performance de sa vie 7-5, 3-6, 4-6, 6-4, 7-6 (10/7) ? "Je ne peux pas dire qu'ils m'ont inspiré, répondait-il. J'étais simplement heureux de me réveiller avec une bonne nouvelle. Ils ont montré un formidable esprit de combat. Ce sont des conditions difficiles, jouer à l'extérieur dans une ambiance hostile. Je pense avoir fait preuve du même état d'esprit aujourd'hui, même si le public était totalement derrière moi."
C'était la première fois que je jouais sur cette scène. Peut-être que ce sera aussi la dernière. J'espère que non.
Fery, qui ne pensait pas trouver les mots sur le court, quelques secondes après s'être ouvert la porte des quarts, a d'abord parlé du public – "le soutien a été phénoménal" –, puis de son "rêve". Déjà. Avant même sa sortie, qui pourrait venir face à Flavio Cobolli, au prochain tour. Ou pas, qui sait. Qu'importe. "Ce que j'ai vécu aujourd'hui, je vais le chérir toute ma vie, précisait-il en conférence de presse. Qui sait, je ne revivrai peut-être jamais une telle expérience. C'était la première fois que je jouais sur cette scène. Peut-être que ce sera aussi la dernière. J'espère que non."
Première fois pour lui, sixième pour le Royaume-Uni. Dans l'ère Open, ils ne sont que six, désormais, à avoir atteint les huit dernières places du Grand Chelem-maison. Roger Taylor, Tim Henman, Greg Rusedski, Andy Murray, Cameron Norrie, et Arthur Fery. Un seul l'avait emporté, in fine – Andy Murray, en 2013, puis en 2016. 

Au bord du gouffre dans le quatrième set

Au-delà de l'auto-invitation à la table des grands de son pays, Arthur Fery, 114e mondial, s'est offert un sacré frisson. Parce qu'il a gagné, certes. Mais qu'il a eu peur, aussi, à l'image d'une quatrième manche qui a vu Dimitrov breaker, deux fois, et entrevoir la victoire. C'était sans compter sur le retour d'Arthur Fery, plus régulier que son adversaire. Moins entreprenant, mais pas moins méritant, loin de là. "Il a mérité de gagner aujourd'hui, reconnaissait lundi soir Dimitrov. (...) C'est un grand battant. Il s'est battu tout le match. Il a mis sa main dessus, c'est sûr."
Au fond, aurait-il été là, en quarts, s'il n'était pas tombé sur les surprenants Otto Virtanen, tombeur de Ben Shelton, et Grigor Dimitrov, passé sur les corps de Jakub Mensik et Matteo Berrettini ? Sans doute pas. Ce qui ne lui retire aucun mérite. C'est bien la "quantité d'émotions incroyable", qui restera. Pour son deuxième marathon en cinq sets d'affilée. Remporté, à nouveau, au super tie-break. En ayant été mené, les deux fois, deux sets à un. En Anglais, remontada se dit come-back. Et "féérie" se dit fairy. Que l'on conjugue Fery.
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