Wimbledon 2026 | Jannik Sinner après son échec à Roland-Garros : "J'ai tiré les leçons de ce qui s'est passé"

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Jannik Sinner, quatre semaines après la catastrophe. Archi-favori de Roland-Garros, le numéro un mondial y a pourtant subi son plus cuisant échec depuis trois ans en s'écroulant physiquement au deuxième tour. À Wimbledon, il est toujours l'homme à battre, mais il va devoir prouver sa capacité à tourner la page. Cette fois, pour se préparer, il a décidé de ne pas jouer le moindre match.

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Pour Jannik Sinner, c'est l'heure du tournoi d'après. Il était difficile pour le numéro un mondial d'arriver plus favori qu'il ne l'était avant Roland-Garros. Son échec a non seulement constitué une surprise, mais l'ampleur du crash, avec cette disparition dès le deuxième tour sur la base d'une totale faillite physique, restera longtemps dans les mémoires. Maintenant, il doit tourner la page. À Wimbledon, il est à la fois tenant du titre et, par la force des choses, le favori numéro un. Encore. Mais cette fois, il y a un mais. Et beaucoup de questions.
Comment va-t-il ? A-t-il récupéré à 100% ? Faut-il craindre une rechute aussi spectaculaire à la première poussée du mercure ? Que s'est-il exactement passé à Paris ? Avait-il ressenti des signes avant-coureurs ? Pour ce qui est de la première interrogation, il s'est voulu rassurant en débarquant au All England Club cette semaine, lors de sa première prise de parole. "Tout va très bien pour moi, jure-t-il. Nous avons effectué tous les tests nécessaires et les résultats semblent excellents, donc je suis ravi."
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Vidé de toute force sur le Chatrier le 28 mai dernier contre Juan Manuel Cerundolo, il s'est tenu à distance des choses du tennis pendant quelque temps. "J'avais besoin de faire une pause, concède l'Italien. Après Paris, j'ai passé dix jours avec ma famille et mes amis, et j'ai vraiment apprécié ces moments." Depuis deux semaines, il s'est remis au turbin pour amorcer puis parfaire sa préparation pour Wimbledon : "J'ai suivi une longue période de préparation, avec beaucoup d'entraînement physique, et je me sens en bonne forme, à nouveau très solide."
Si l'on commet quelques erreurs ici ou là, on en paie le prix
Mais alors, que lui est-il arrivé à Paris ? Sur ce point, il est plus évasif, soit par souci d'en divulguer le moins possible, soit parce qu'il ignore sincèrement l'exactitude du ou des facteurs qui ont engendré cet accident industriel. "Je pars du principe que tout arrive pour une raison", dit-il avec une pointe de fatalisme. "C'est difficile à dire, botte-t-il ensuite en touche. Nous avons eu des discussions approfondies après Paris, en essayant de comprendre si cela se serait produit si je n'avais pas disputé quelques tournois auparavant." Là non plus, rien n'est blanc ou noir : "On ne sait pas."
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Reste que, d'une manière ou d'une autre, l'enchainement des matches pendant des semaines a forcément joué un rôle. "La situation en France était particulière, liée à l'enchaînement des matchs et aux succès accumulés durant la préparation. Je ne me souviens pas vraiment d'avoir vu quelqu'un jouer autant au tennis que moi jusqu'à ce stade de la saison", rappelle-t-il. Avant ce demi-aveu en forme de mea culpa, du bout de la raquette : "Nous aurions peut-être pu gérer certaines choses un peu mieux. Si l'on commet des erreurs ici ou là, on en paie le prix."
Jannik Sinner ne regrette rien. Ce n'est pas son genre puis, comme il le rappelle, il a "remporté des tournois prestigieux cette année". Une saison qu'il juge "exceptionnelle" jusqu'ici, même si paradoxale, puisqu'il n'a remporté aucun des deux premiers tournois du Grand Chelem de 2026, quand il a survolé absolument tout le temps, glanant notamment les cinq premiers Masters 1000, une performance rarissime. L'avenir proche dira si la thèse de l'accident tient pour Roland-Garros, ou si sa sortie de route parisienne est annonciatrice d'autre chose.
Une chose est sûre, pour Wimbledon, le clan Sinner a choisi le virage à 180°. Cette fois, il arrive à Londres sans avoir joué une seule rencontre de préparation sur herbe. Une autre forme de prise de risque, convient-il. "J'ai tiré les leçons de ce qui s'est passé. Bien sûr, les premiers matchs seront toujours difficiles, surtout sur une surface que je n'ai pas pratiquée depuis un an, mais j'ai hâte d'y être. J'espère pouvoir m'appuyer sur l'expérience de l'année dernière. Je pense que tout est une question de confiance sur ce court." On saura vite si la sienne est de retour au zénith. Ou si Londres laissera apparaître des stigmates de Paris.

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