Wimbledon 2026 | Le tennis italien vu par Jannik Sinner : "Nous nous tirons tous vers le haut"
Par Laurent Vergne
Publié 27/06/2026 à 23:41 GMT+2
Jamais le tennis italien n'a semblé aussi fort. Paradoxalement, l'échec cuisant de Jannik Sinner à Roland-Garros a mis encore davantage en valeur la richesse du réservoir transalpin. Le numéro un mondial n'en prend pas ombrage, bien au contraire. Il se réjouit de ne pas être seul. Cobolli, Musetti, Arnaldi, Berrettini… Il assure être le premier à souhaiter que la réussite soit collective.
Les Italiens brillent sans Sinner : Que font-ils de mieux que les autres ?
Video credit: Eurosport
En ces temps caniculaires où l'Italie du football traverse un glacial désert, la Botte se tourne plus que jamais vers son tennis pour réchauffer les cœurs sportifs, puisque les corps n'en ont pas besoin. Incroyable renversement des valeurs transalpines, que Jannik Sinner lui-même a parfois du mal à appréhender. "C'est incroyable, dit-il. C'est un âge d'or. Si on nous avait dit il y a quelques années de ça que nous serions aussi nombreux à performer, personne ne l'aurait cru." Le tennis italien ne se contente plus de disposer d'un super-crack en la personne de l'actuel numéro un mondial. Un peu à l'image de Rafael Nadal jadis, Sinner est bien entouré.
L'Italie dispose donc de la qualité la plus extrême et d'une quantité sans cesse croissante. Il aura fallu le dernier Roland-Garros pour que chacun le mesure pleinement. Le crash monumental et si inattendu de Jannik Sinner dès le deuxième tour a radicalement tranché avec la réussite de ses compatriotes. Ils étaient trois en quarts de finale, Flavio Cobolli, Matteo Arnaldi et Matteo Berrettini, et les deux premiers auraient dû s'affronter en demie si Arnaldi, malade, n'avait pas été contraint de déclarer forfait. Mais avec un tel trio si performant sans Sinner et sans Lorenzo Musetti, absent, le bilan n'est pas loin de relever du prodige.
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Sans préparation sur gazon : faut-il s’inquiéter pour Sinner ?
Video credit: Eurosport
Comment Jannik Sinner a-t-il vécu cette quinzaine où il est devenu si vite spectateur ? "Aujourd'hui, nous avons constamment de très bons prétendants dans les tournois du Grand Chelem et si l'un d'entre nous est éliminé vite, comme je l'ai été à Paris, il reste trois ou quatre autres Italiens dans le tableau, relève le Trentinois. Je trouve cela formidable. Je suis super heureux de voir d'autres Italiens obtenir des résultats incroyables. Comme Flavio, par exemple. Le voir en finale tout près de soulever le trophée, c'est énorme."
C'est une dynamique et une compétition très saine et positive entre nous
Si le potentiel de Cobolli restait encore à cerner avec davantage de précision, et s'il aurait été bien audacieux de l'imaginer en finaliste à Roland-Garros, il était toutefois en phase ascendante. Les deux Matteo, Arnaldi et Berrettini, ont suivi des trajectoires nettement moins rectilignes ces derniers temps. "Arnaldi a traversé une période difficile, évoque Jannik Sinner. J'ai discuté un peu avec lui à Monaco, vous savez, et il mérite tellement ce qu'il a vécu à Roland-Garros, il travaille très dur." Demi-finaliste le plus surprenant de ces dernières années en Grand Chelem, Arnaldi, qui était sorti du Top 100, a retrouvé un rang plus conforme à son niveau.
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Forza Italia ! Mené par Jannik Sinner, leader mais pas tout seul, le tennis masculin italien prospère magnifiquement.
Crédit: Getty Images
Et si c'était maintenant le tour de l'autre Matteo, Berrettini ? On oublierait presque qu’il fut, il y a cinq ans, le premier finaliste italien chez les hommes en Grand Chelem depuis Adriano Panatta dans les années 70. C'était ici, à Wimbledon, en 2021. Cela semble si loin aujourd'hui, tant Sinner est allé plus haut depuis. Son parcours à Roland-Garros a montré à la fois le côté intact de son potentiel et la fragilité éternelle de son physique, puisqu'il a dû abandonner en quart de finale face à Arnaldi. "Voir Matteo de retour, poursuit Sinner, c'est génial. On espère tous que les blessures vont le laisser tranquille, mais son retour est une excellente nouvelle."
Sinner. Cobolli. Musetti. Berrettini. Arnaldi. Et ceux qui poussent derrière. N’en jetez plus. "Nous nous entrainons les uns les autres, nous nous tirons tous vers le haut, estime le numéro un mondial. C'est une dynamique et une compétition très saine et positive entre nous. Chacun a envie de devenir meilleur que l'autre. En ce moment, Lorenzo (Musetti) nous manque, il a connu beaucoup de problèmes avec des blessures, mais nous sommes sûrs qu'il reviendra en très grande forme. Plus nous sommes nombreux, mieux c'est." À Wimbledon, le tenant du titre vient d'Italie. Il s'appelle Jannik Sinner. Le All England Club pourrait très bien garder l'accent transalpin. Et si ce n'est lui, ce sera peut-être un de ses frères.
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