Wimbledon 2026 | Novak Djokovic, la démonstration : "Quand vous jouez comme ça, vous êtes heureux sur le court…"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 02/07/2026 à 08:35 GMT+2
Exceptionnel. Novak Djokovic a tout fait à Stefanos Tsitsipas mercredi soir sur le Centre Court. Le Serbe a laminé l'ancien numéro 3 mondial, dépassé par la maestria du "Djoker" (6-3, 6-4, 6-2). Autant il avait été laborieux 48 heures plus tôt, autant il a délivré un récital digne de ses plus belles années. Cette version de Djokovic ne sera pas loin du titre. A lui de garder le cap.
Sinner, un génie beaucoup trop banalisé
Video credit: Eurosport
Il y a des scènes anodines en apparence, mais qui en disent long. À un changement de côté, dans le troisième set, Novak Djokovic met à contribution une ramasseuse de balles pour qu'elle coupe une étiquette de son T-shirt. La jeune fille s'exécute, heureuse de prêter main forte au champion le plus titré de l'histoire du tennis. Puis, au moment où elle coupe, Djokovic sursaute et se met à crier, lui faisant croire qu'elle l'avait blessé. Taquin et badin, le Nole. "Une blague plus facile à faire quand on mène deux sets à zéro que quand on est mené de deux sets", a-t-il convenu.
N'allez pas croire que cette pointe d'humour a pu faire sortir l'intéressé de son match. Pas une seconde. Il aura été "in the zone" d'un bout à l'autre de ce deuxième tour contre Stefanos Tsitsipas, dont il a fait absolument ce qu'il voulait. Si quelques doutes étaient nés de son premier match face à Wu Ybing lundi, ils ont été totalement balayés. C'est un très grand match que le septuple vainqueur de Wimbledon a offert au public du Centre Court, symbolisé par ces deux statistiques remarquables : 33 coups gagnants, 7 fautes directes. Au presque parfait.
Il y avait un monde, une galaxie même, entre ce Djokovic-là et ce Tsitsipas-ci. "Stefanos n'est pas dans la même forme qu'à l'époque où il figurait dans le top 5 mondial et disputait des finales de Grand Chelem, c'est évident, juge le Serbe. Cela s'est ressenti dans les moments importants, où il a manqué des coups qu'il n'aurait peut-être pas ratés en temps normal. Mais c'est ça, le tennis. Quand on joue au plus haut niveau, si la confiance fait défaut, on commence à trop réfléchir avant de frapper. Alors, on ne se sent plus vraiment à l'aise pour choisir le bon coup au bon moment."
Un jeu en lévitation
Tout l'inverse de lui. "Oui, je pense avoir élevé mon niveau de jeu aujourd'hui (mercredi, NDLR)", poursuit-il. Ce fut même du grand Djokovic la plupart du temps. "Quand vous jouez comme ça, vous vous sentez heureux sur le court et plein de joie. Je suis vraiment très satisfait", a glissé l'ancien numéro un mondial au micro lors de son interview sur le court, où il est apparu toujours de très bonne humeur, proposant au golfeur Rory McIlroy, présent en tribune royale, d'échanger sa célèbre veste verte de vainqueur du Masters d'Augusta contre le blazer blanc avec lequel il avait pénétré sur le Central, et qu'il venait de remettre une fois son match plié.
Il y a des soirs comme ça, où semble fluide, simple et limpide. "Une fois qu'on est dans le rythme, qu'on est lancé...", dit-il sans finir sa phrase, tout le monde ayant compris la suite. Une fois que la machine est sur orbite, rien ne peut plus l'arrêter. Il a même fini en beauté, en sortant un jeu proche de la perfection pour signer son double break dans le troisième set et mettre définitivement la tête de Stefanos Tsitsipas sous l'eau. "Ce jeu où j'ai mené 5-2, a-t-il lui-même estimé, c'était l'un des meilleurs jeux de retour que j'aie disputés depuis un moment." Un jeu en lévitation, sur un nuage.
Le jour et la nuit, vraiment, avec sa première sortie londonienne de l'été. "J'étais un peu plus détendu, avec moins de tension dans la tête, et j'ai tout simplement pris ma chance et tenté mes coups", résume-t-il. Pour la suite, à court terme, il n'a qu'une envie : jouer en plein air, après deux rencontres sous le toit en soirée. "J'adorerais pouvoir jouer en extérieur mon prochain match, je n'ai pas encore eu cette chance depuis le début du tournoi, mais on verra bien", a-t-il suggéré, envoyant un petit message.
Difficile de lui refuser quoi que ce soit après sa masterclass du jour. Vendredi, sans doute sera-t-il donc programmé un peu plus tôt contre Arthur Rinderknech. Mais au fond, jour, nuit, indoor, outdoor, peu importe. Si Novak Djokovic est dans les mêmes dispositions que ce mercredi, le battre relèvera de la gageure.
Publicité
Publicité