Wimbledon 2026 - Novak Djokovic, lanceur d'alerte

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Novak Djokovic n'a pas peur de faire grincer quelques dents et n'hésite pas à dire haut et fort son désir de voir le tennis sortir de sa frilosité en matière d'innovations. À 39 ans, le Serbe, qui avait déjà irrité certains par le passé sur sa vision des matches en cinq sets, a ainsi pris deux fois la parole cette semaine à Wimbledon pour demander à redynamiser son sport.

"C'est triste ce qu'est devenu Tsitsipas"

Video credit: Eurosport

Il a 39 ans. N'a plus grand-chose à gagner alors qu'il a déjà écrit la légende de son sport même s'il chasse à Wimbledon un 25e titre du Grand Chelem. Pourtant, Novak Djokovic reste un acteur clef du circuit. Par ses performances déjà alors qu'il a encore atteint la finale de l'Open d'Australie en début d'année après avoir échoué en demi-finales lors des quatre tournois du Grand Chelem en 2025. Et par ses prises de parole aussi. Car "Djoko" se veut moteur. Pour l'avenir notamment de son sport qu'il trouve trop frileux, trop engoncé dans ses traditions.
Ce n'est pas la première fois qu'il monte au créneau sur ce sujet capital. En octobre dernier, Djokovic avait déploré le manque d'innovations du tennis. Aux yeux du recordman des victoires en Grand Chelem, son sport devait "rajeunir". C'est même urgent selon lui. Mais voilà, rien ne bouge. Alors, il a encore pris la parole cette semaine au cœur du tournoi le plus traditionnel au monde, au All England Club.
Rivaliser en popularité avec les autres grands sports mondiaux
À deux reprises depuis son entrée en lice à Wimbledon, Novak Djokovic a critiqué haut et fort l'immobilisme du tennis. "J'ai le sentiment que nous mettons simplement des pansements sur les problèmes, a encore regretté l'ancien numéro un mondial ce mercredi après sa démonstration contre Stefanos Tsitsipas. Si nous voulons réellement faire progresser ce sport et assurer au circuit un succès durable dans les décennies à venir, afin qu'il puisse rivaliser en popularité avec les autres grands sports mondiaux, il faut réunir tous les acteurs majeurs du tennis, autour d'une même table et réfléchir ensemble à ce que nous pouvons faire. Je ne vois malheureusement pas cela arriver".
Le constat est tranchant, sans appel. Mais alors qu'est-ce qui cloche selon le septuple vainqueur de Wimbledon ? C'est une question de durée. Pour lui, le modèle actuel n'est plus en adéquation avec la manière de consommer du sport des nouvelles générations. "Il y a quelques années, la PTPA a mené une étude qui montrait que l'âge moyen des fans de tennis dans le monde était de 61 ans. Avec tout le respect que je leur dois, comment faire pour que les jeunes deviennent passionnés de tennis ?", a-t-il expliqué avant d'enchaîner sur une réflexion plus profonde.
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Novak Djokovic celebrates after winning his first-round match at Wimbledon on June 29, 2026.

Crédit: Getty Images

Proposer des matches plus courts, plus dynamiques
"Djoko" n'est en effet jamais à court d'une vision pour l'avenir de son sport. Et veut voir le tennis évoluer avec son temps, être un sport du XXIe siècle et non du XXe. "Le but est simplement de savoir comment attirer de nouveaux fans, un public plus jeune qui a une capacité d’attention limitée. Ils aiment le contenu dynamique, ce que nous avons d’ailleurs. Le tennis est un sport très dynamique et passionnant. Mais parfois, les matches peuvent durer trop longtemps. Si l’on n’est pas un fan inconditionnel de tennis, il n’est peut-être pas très intéressant pour d’autres personnes de regarder un match pendant trois, quatre ou cinq heures alors qu’elles ont accès à tout sur leurs écrans ?", lance la légende serbe.
Pour faire avancer les choses, "Nole" a une idée bien précise : ne pas toucher aux tournois du Grand Chelem, qui restent des institutions, mais s'attaquer aux autres tournois. "Les Grands Chelems, c'est différent. Les matches en cinq sets, c'est un autre débat, et j'ai aussi mon opinion sur le sujet. Mais au moins sur les circuits ATP et WTA, nous pouvons expérimenter, lance l'ancien numéro un mondial, qui avait déjà estimé dans le passé que le format en cinq sets était condamné à une forme d'anachronisme à ses yeux. À mon avis, nous devons faire évoluer le format des compétitions et les règles de jeu sur les circuits, ATP et WTA. Les tournois devraient proposer des matches plus courts, plus dynamiques, offrir un spectacle plus intense et d'une durée plus raisonnable, parce qu'aujourd'hui, c'est tout simplement trop long".
Rien ne change vraiment
S'il se montre aussi très remonté contre la nouvelle durée des Masters 1000 en dix jours, c'est bien le format des matches qui irrite surtout l’homme aux 24 tournois du Grand Chelem. Djokovic semble aller dans le sens par exemple de Patrick Mouratoglou, qui teste de nouveaux modèles lors de l'UTS dans une volonté de dynamiser les rencontres. "Je ne suis pas le seul à en parler et à y réfléchir. Comme j’ai pu l’entendre ou le constater ces 15 dernières années, nombreux sont ceux qui se demandent comment nous pourrions tous améliorer ce sport. Mais il ne se passe pas grand-chose de ce côté-là, et rien ne change vraiment. Cela reste encore au stade de la théorie plutôt que de la réalité. (…) Je ne suis pas en mesure d’agiter une baguette magique pour changer les choses et décider de ce qui doit être modifié."
À 39 ans et même s'il est plus près de la ligne d'arrivée que du début de sa carrière, le "Djoker" espère donc bien faire enfin bouger les choses. Même s'il risque une nouvelle fois de s'attirer les foudres de certains fans, attachés à une forme de tradition sur la planète tennis.
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