Wimbledon 2026 | Rafael Jodar, toujours vert, déjà vert ?

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L'ascension météorique de Rafael Jodar depuis le début du printemps peut-elle trouver une prolongation sur gazon ? Le jeune Espagnol est un débutant sur cette surface, où il n'avait encore jamais mis les pieds sur le circuit principal avant d'arriver à Wimbledon. Mais il semble assez vite à son aise. Au point de pouvoir viser la seconde semaine dès cette année ?

Rafa Jodar, Wimbledon 2026

Crédit: Getty Images

L'Espagne est orpheline. Sans Carlos Alcaraz, toujours en train de prendre le plus grand soin de son poignet endolori, le tennis masculin ibérique perd évidemment son crack, sa superstar, mais il n'est toutefois pas totalement démuni. Alejandro Davidovich Fokina vient de se dépuceler en remportant à Majorque le premier titre de sa carrière, et Rafael Jodar a été la sensation du printemps, en intégrant d'un seul coup le Top 100, le Top 50 et même le Top 25. Il est, avec João Fonseca, un des deux seuls joueurs de moins de 20 ans dans l'élite.
Mais que vaut-il sur gazon ? Personne ne le sait puisqu'il n'effectue pas seulement ses débuts à Wimbledon cette semaine, mais aussi sur cette surface. Lundi, contre la wildcard britannique Felix Gill, il a joué le premier match de sa carrière sur herbe sur le circuit principal. Le baptême s'est bien passé avec une victoire en trois sets plutôt intéressante et prometteuse (6-3, 6-3, 7-5), mais il paraît difficile d'imaginer un novice absolu jouer un rôle majeur dans le Grand Chelem londonien.
Rafael Jodar se défend en rappelant qu'il a déjà joué à Wimbledon. C'était il y a deux ans… chez les juniors. "Je pense que ça m'a vraiment aidé, a-t-il estimé lundi. Cela m'a permis de découvrir l'herbe, de m'y habituer." Même s'il n'est pas naïf : "Je sais bien qu'entre les juniors et les professionnels, c'est une histoire totalement différente. Mais au moins, j'ai découvert le tournoi et la surface, j'ai pu m'imprégner du lieu et apprendre à faire la transition avec la terre battue."
Aujourd'hui, on sait tous très bien s'adapter à toutes les surfaces
Il faudra en voir davantage pour mesurer la teneur de son potentiel sur gazon et dans ce Wimbledon, mais il n'a pas semblé perdu sur le court. Pour Mats Wilander, il n'y a aucune raison pour que le jeune Madrilène ne devienne pas un joueur de qualité sur gazon. Nul besoin d'être un herbivore né pour y parvenir, encore moins de nos jours. "Je pense que Rafael Jodar s'adaptera très vite au gazon, prédit le consultant d'Eurosport. Je sais qu'il n'a joué aucun match sur herbe avant Wimbledon, mais je crois vraiment qu'avec son style de jeu — qui consiste à prendre la balle très tôt — il n'a rien à changer pour passer sur gazon, et c'est là l'essentiel."
Aux yeux de l'ancien numéro un mondial, le cas de Jodar est très éloigné de quelqu'un qu'il a très bien connu. Un certain Mats Wilander, construit et formé sur terre battue, et qui a dû au début de sa carrière partir de zéro sur gazon. "Si j'évoque ma propre expérience, quand je passais du tennis sur terre battue à celui sur gazon, j'ai dû complètement changer mon jeu, témoigne le Suédois. J'ai dû commencer à envisager de monter au filet en permanence, contrairement à Paris où je n'y étais pas allé une seule fois en deux semaines. Mais aujourd'hui, pour un Rafael Jodar, un João Fonseca, cette transition est bien plus facile, car ils peuvent jouer exactement de la même manière."
Voilà pourquoi il convient de relativiser le handicap que constitue l'inexpérience de la surface pour Rafael Jodar. D'autant que l'idée reçue classique, à savoir "Les Espagnols sont des terriens et sont limités sur gazon", a largement vécu. Rafael Nadal lui a tordu le coup, mais même au-delà du Marjoquin, cette vision est obsolète. "Rafa a évidemment brillé sur toutes les surfaces, mais en réalité, tous les Espagnols s'en sortent bien, juge Jodar. Certes, la plupart sont plus à l'aise sur terre battue, mais je pense qu'aujourd'hui, on sait tous très bien s'adapter à toutes les surfaces."
Il se dit prêt à prendre goût au vert. Son premier objectif ? Viser la seconde semaine. Pour cela, il lui faut encore passer deux tours. Contre Pablo Carreno Busta d'abord, qu'il va retrouver après leur grosse baston de Roland-Garros, puis possiblement contre Ethan Quinn ou Shintaro Mochizuki. S'il survit jusque-là, c'est un certain Jannik Sinner qui pourrait l'attendre en huitièmes de finale. Pour un débutant, ce serait déjà un début de victoire. Mais pas une aberration. Pas même une immense surprise.
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