Wimbledon 2026 | Williams : Je me suis dit : 'Qu'est-ce qui t'arrive, Serena ? Tu as perdu la tête ? Il faut y aller'"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 28/06/2026 à 18:53 GMT+2
Serena Williams est donc de retour. Mardi, contre l'Australienne Maya Joint, elle disputera son premier match depuis 2022. A 44 ans. Après avoir joué en double au Queen's, elle franchit donc aussi le cap en simple. Une décision qui n'a initialement pas été facile à prendre. Jusqu'à ce que l'évidence lui saute aux yeux : il fallait tenter le coup.
"Serena et Venus ont peut-être les JO de Los Angeles dans un coin de la tête"
Video credit: Eurosport
Une scène sortie d'un autre temps. Mais peut-être fallait-il ça pour que l'on matérialise la réalité du retour de Serena Williams. La championne la plus emblématique du tennis féminin s'est présentée pour la première fois depuis quatre ans en conférence de presse en tant que joueuse de simple. Mardi, son premier tour contre l'Australienne Maya Joint sera l'évènement de ce début de quinzaine. Pas sûr qu'un premier tour ait déjà généré une telle attente.
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Dire qu'il y a une semaine tout le monde se posait encore la question : va-t-elle jouer en simple ? Pour le double, la chose était acquise, puisqu'elle avait bénéficié d'une wild-card en compagnie de sa sœur. Pour le tournoi féminin en simple, Serena ne figurait pas sur la liste initiale des invitées. Mais il restait encore deux places. "Si Serena est revenue, ce n'est pas pour jouer qu'en double", prédisait le consultant d'Eurosport, Nicolas Escudé. Mais les interrogations étaient encore de mise.
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"Si Serena arrive en seconde semaine, ce sera aussi inquiétant"
Video credit: Eurosport
Aujourd'hui, l'Américaine l'avoue, elle aussi a beaucoup hésité. Elle n'a pas pris sa décision il y a des mois ou des semaines. Ce fut une question d'heures avant que les wild-cards ne soient dévoilées. "Quand est-ce que j'ai pris ma décision ? Je crois que j'avais jusqu'à lundi pour donner ma réponse et je crois que j'ai décidé dimanche. Jusqu'à ce moment-là, je n'étais simplement pas encore sûre", a-t-elle confié, avant de plaisanter, peut-être à moitié seulement : "Honnêtement, même maintenant, je ne suis pas encore sûre, mais nous verrons bien".
Je m'attends à être nerveuse
Puis, après les hésitations, il y eut l'évidence. "Je me suis dit que Wimbledon n'accorde pas une invitation à n'importe qui, tous les quatre matins, raconte-t-elle en détaillant son processus de réflexion. Il n'y a sans doute qu'une poignée de personnes concernées, et je me suis trouvée être l'une d'elles. Je me suis dit qu'il fallait vraiment saisir cette chance. Qui sait si je reviendrai un jour ici ? C'était peut-être ma dernière occasion. Alors, je me suis dit : 'Qu'est-ce qui t'arrive, Serena ? À quoi penses-tu ? Tu as perdu la tête ? Il faut y aller'"
Quoi qu'il arrive, il n'y aura ni remord ni regret. Même une sortie d'entrée n'entacherait en rien tout ce qu'elle a pu accomplir tout au long de son effarante carrière. Jusqu'ici, en tout cas, elle profite à fond. Ce retour, c'est évidemment un défi, mais aussi une quête de plaisir, avant tout. "J'ai le sentiment que... Ce n'est pas que je n'appréciais pas cela auparavant - sinon je ne serais pas là aujourd'hui -, mais j'ai vraiment l'impression que je vais prendre du plaisir à être sur le court", pressent-elle.
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Coup de comm' ou coup de tête : le retour de Serena est-il vraiment une bonne chose ?
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Malgré tout, en dépit de toute son expérience, le contexte sera si particulier qu'elle n'en mènera pas forcément large entrant sur le court, mardi. Sur le Centre Court, sans doute. Puis c'est sa façon d'être, au-delà des circonstances. "Je m'attends à être nerveuse, esquisse la championne aux 23 titres majeurs. J'ai ressenti cette nervosité avant chaque match que j'ai disputé au cours de ma vie. À mon avis, cela témoignait de ma passion, de mon amour pour ce sport et de mon implication. Cela prouvait que mon métier me tenait à cœur, qu'il s'agisse du premier tour, du deuxième ou de la finale. J'ai toujours ressenti une certaine appréhension, mais je finissais par la surmonter et je passe à autre chose. Je m'attends assurément à éprouver ces mêmes sentiments."
Elle affrontera donc une joueuse de… 25 ans sa cadette. Quand Maya Joint a vu le jour en 2006, Serena Williams était déjà une légende de son sport. Elle avait remporté sept titres majeurs et réussi le Grand Chelem à cheval sur deux ans. Partira-t-elle dans l'inconnu face à la jeune Australienne ? Oui et non. "Je la connais un peu, dit-elle. J'ai regardé quelques vidéos de ses matches." Quant à la réciproque… "Je suis sûre qu'elle connait mon jeu", sourit Serena.
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