"Un souci d'ordre moral" : intégrer la Chine au championnat de France de volley "pose question"

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LIGUE A – Evoqué mercredi, le projet d'accueil de la sélection nationale chinoise de volley au sein du championnat de France pendant deux saisons suscite de nombreuses réactions, et loin d'être toutes positives. Si cette idée pourrait se montrer lucrative, elle lève un débat d'équité sportive au sein des fédérations.

L'équipe de Chine pourrait intégrer le championnat de France en vue des JO 2024

Crédit: Getty Images

Bientôt des matches Tours – Chine en Championnat de France ? Vous trouvez cela improbable ? Vous n'êtes pas les seuls. Ce projet d'intégration de l'équipe nationale chinoise à la Ligue A pour l'aider dans sa préparation aux JO 2024 de Paris ne laisse pas indifférent. Présentée jeudi à la ministre des sports Amélie Oudéa-Castéra, cette idée est considérée comme "bien avancée" selon le patron de la Ligue nationale (LNV) Yves Bouget. Mais elle ne manque pas non plus de détracteurs.
"C'est un cas d'espèce intéressant", estime Ludovic Royé, président de l'ASDTN, l'Association des directeurs techniques français (ASDTN). "Il n'y a pas vraiment de danger pour la performance des Français parce que les Chinois sont de niveaux inférieur. Mais cela pose question. Quel est l'intérêt pour la France ?", s'interroge-t-il.
La Chine, 17e nation mondiale, entend ainsi préparer au mieux les JO 2024 de Paris, moyennant une indemnisation sur laquelle la LNV est encore en discussion. "Il y aura bien évidemment une compensation financière, quand on se sera mis d'accord sur ce montant, mais elle fera partie d'un protocole de confidentialité", a prévenu Yves Bouget.
"La ligue se fait acheter par une nation étrangère. Mais quelles vont être les retombées pour les clubs et le tissu du volley français ? S'il n'y a pas de retombées, alors c'est déséquilibré", juge Ludovic Royé. "Les JO arrivent vite dans deux ans et on voit les acteurs publics français s'agiter un peu partout pour dérouler le tapis rouge à nos concurrents. Cela me pose un souci d'ordre moral de voir que certains pourraient jouer contre leur pays", a-t-il ajouté.
Au-delà du projet du volley-ball, certains s'inquiètent en effet de la mise à disposition des équipements sportifs français pour les délégations étrangères en vue des JO de Paris. "Les CREPS (centre de ressources d'expertise et de performance sportive, ndlr) ont des sollicitations pour accueillir des délégations étrangères et semblent préférer cela plutôt que d'accueillir des équipes de France. Et quand on voit les millions d'euros investis d'argent public dans les équipements...", regrette une source proche des instances sportives.
"On peut aider les étrangers dès lors qu'on ne se tire pas une balle dans le pied", conclut cette source.
Avec AFP.
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Video credit: Eurosport

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