JO Paris 2024 - Volley - Avant France-Pologne : Que le "French style" opère encore
Par Julien Pereira
Publié 10/08/2024 à 00:50 GMT+2
Elle est en route pour le doublé. Trois ans après avoir décroché l'or à Tokyo, l'équipe de France dispute une nouvelle finale, face à la Pologne, aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Pour s'offrir cette occasion, les coéquipiers d'Earvin Ngapeth ont retrouvé ce qui a toujours fait leur force : leur insouciance. Le "French style" fait encore recette.
En totale maîtrise : les Bleus en route vers le doublé
Video credit: Eurosport
Vous en trouverez plusieurs déclinaisons mais au fond, elles veulent toutes dire la même chose. Ce samedi, l'équipe de France de volley va disputer une nouvelle finale aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Pour battre la redoutable Pologne, l'une des meilleures équipes du monde, les Bleus useront, encore, de ce qui fait leur force. On l'appelle la "French touch", le "French style" ou plus généralement le "French flair". L'expression suit les Bleus comme leur ombre et sort même de leur bouche, notamment de celle d'Earvin Ngapeth après l'énorme victoire face à l'Italie en demies, mercredi : "On a vraiment joué à la française aujourd'hui."
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Pour bien saisir la notion, il faut comprendre qu'il ne s'agit pas là d'une véritable révolution tactique, comme il en a existé plusieurs dans d'autres sports collectifs. "Le volley, c'est très académique comme jeu, souligne notre consultant Laurent Chambertin. Donc c'est très difficile de se démarquer." Pour y parvenir, les hommes d'Andrea Giani ont misé sur un autre pan de la performance sportive : l'état d'esprit.
Dans leur approche du match, la gestion des temps forts et des moments plus faibles ou encore leurs schémas de jeu, les Bleus sont tout simplement uniques au monde. "Le 'french style', c'est une sorte d'insouciance, décortique l'homme aux 350 sélections en équipe de France. Ils sortent un peu des fondamentaux, des actions préconçues, pour jouer de manière très intuitive. Ils jouent un peu comme à l'école. Plutôt que de taper fort dans les zones habituelles, ils vont jouer de manière moins... académique."
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Des Bleus taille patron, les larmes de Ngapeth : la qualification en finale en vidéo
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C'est Ngapeth qui a vraiment imprimé cette identité
Ce style est né il y a près de dix ans de la "Team Yavbou", d'abord critiquée pour le dilettantisme qu'elle pouvait dégager. Il a surtout été incarné par un homme devenu l'un des meilleurs joueurs de sa génération, Earvin Ngapeth. Le créatif. L'homme de coups dont il est le seul à avoir le secret, comme ses smashes dos au filet dont il est peu à peu devenu coutumier. "Ça part de lui, abonde Chambertin. C'est lui qui a vraiment imprimé cette identité et qui a coloré le jeu. Ça marchait tellement que beaucoup ont tenté de s'en inspirer."
Mais si la méthode n'a pas les mêmes effets ailleurs, c'est avant tout parce qu'elle est propre à cette équipe. La plupart des joueurs qui ont décroché le graal à Tokyo, il y a trois ans, composent encore le noyau dur de l'équipe de France version Paris 2024. Antoine Brizard, Benjamin Toniutti, Barthélémy Chinenyeze, Jenia Grebennikov... tous sont de véritables "potes", comme le démontrent chacune de leurs attitudes, qui tranchent toujours avec celles de leurs adversaires.
"C'est vrai qu'il y a un petit côté 'on se moque de l'équipe adverse tout en la respectant', admet le consultant Eurosport. Ils assument leurs personnalités qui, à des moments, peuvent être en décalage par rapport à ce que l'on voit ailleurs. Mais c'est leur identité. C'est pour ça que c'est inimitable". C'est aussi parce qu'ils s'en sont parfois éloignés, après Tokyo, que leurs résultats ont été plus inégaux.
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N'gapeth et les Bleus en feu : premier set en poche
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Ça fait vraiment penser à ce qui s'est passé au handball
En renouant avec leur véritable ADN, les Bleus ont été en mesure de renverser la Serbie après avoir perdu les deux premières manches et, surtout, le grand rival italien. Affronter les meilleures équipes du monde en jouant comme dans une cour d'école permet d'effriter les statuts et de ne pas se laisser envahir par l'enjeu. C'est en cela que le "French style" sera essentiel pour réaliser un inédit doublé en or, ce samedi.
Se posera ensuite la question de la transmission, si complexe lorsque cela concerne un état d'esprit. "C'est tout l'enjeu qui nous attend, confirme Chambertin. Il y a la formation qui envoie quand même de bons signaux. Quand tu vois jouer les équipes de jeunes, tu vois qu'elles essaient d'imiter les grands et c'est aussi en cela que la visibilité offerte par une finale de Jeux Olympiques est importante. Ce qui est en train de se passer dans le volley, ça fait vraiment penser à ce qui s'est passé au handball il y a 20 ans." Il y a eu les Experts. Il est l'heure du French Flair.
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