Allan Simonsen, décédé samedi des suites d'un accident au troisième tour des 24 Heures du Mans, aurait eu 35 ans le 5 juillet. Ces 24 Heures du Mans étaient ses septièmes et il avait bon espoir de les remporter enfin, après une 21e place en 2007 et une 12e en 2010 au général parmi quatre abandons. Mercredi soir, il avait réalisé la pole position dans la catégorie LM GTE Am, la deuxième division du Grand Tourisme, et l'avait défendu avec succès jeudi soir en améliorant son chrono.
Natif d'Odense, il était un symbole de l'esprit de la classique sarthoise, qui réunit tous les ans des représentants de la course dans son ensemble, des professionnels reconnus aux "gentlemen drivers". Un spectre de d'amoureux de la piste à la rencontre d'une foule fascinée.
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Allan Simonsen était venu au pilotage par le karting, l'école de la piste. Avec, sitôt passé à la monoplace, un titre de champion du Danemark de Formule Ford en 1999. Il avait connu deux saisons difficiles dans des séries analogues (Formule Palmer, Formule Renault 2.0 UK, Formule 3 allemande) avant de se tourner vers le GT britannique puis australien, au volant de Ferrari, Holden et Lamborghini. Il avait trouvé sa voie en 2006, en commençant à écumer les FIA GT2 et GT3. Jusqu'à remporter le championnat australien en 2007. Il était apparu pour la première fois aux 24 Heures en 2007, sur un prototype LMP2, et avait signé trois podiums en FIA GT1 en 2008, sur une Aston Martin DBR9. Son fait d'arme aura été une deuxième place en classe GT2 au Mans en 2010 et une victoire cette année-là aux 24 Heures du Nürburgring en SP7, sur une Ferrari.

Allan Simonsen's crash

Crédit: Eurosport

Il s'était illustré en GT australien en 2012, en terminant quatrième du Championnat. Il avait aussi gagné les deux premières manches du LM GTE Am dans le cadre du WEC, et attaquait les 24 Heures du Mans 2013 avec un nouveau statut, celui d'officiel Aston Martin Racing. "L'année dernière, notre voiture était aussi engagée par Prodrive, mais nous avions avec nous nos propres mécaniciens de l'équipe allemande Young Driver, qui fournissait aussi la voiture. Cette année, tout est 100% Prodrive : nous nous contentons de piloter. Il y a cinq voitures, qui sont toutes à 100% des voitures "usine" ", déclarait-il vendredi, dans un entretien donné au site officiel de la course.
"Le départ est le moment le plus tendu"
Tout lui souriait. "Rien que le fait d'être au Mans et d'avoir le droit de conduire la voiture sur la piste est quelque chose d'incroyablement spécial : c'est la plus grande course pour nous. C'est celle que nous attendons avec impatience. C'est aussi difficile car il y a beaucoup d'excellents pilotes qui viennent du monde entier. C'est un défi énorme", confiait-il encore à lemans.org. Mais il redoutait un moment particulier de la course. "Le départ est le moment le plus tendu car c'est là qu'il y a le plus grand risque avec 15 autres dingues sans cervelle derrière vous, plus les voitures "Pro" devant vous", expliquait-il. "Il faut donc éviter les ennuis tout en accélérant sans discontinuer. Le départ n'est pas vraiment ce que nous attendons le plus avec impatience, mais une fois que les choses sont décantées et que tout le monde a fait un relais, tout va de mieux en mieux." On ne sait pas encore bien ce qui l'a conduit à s'écarter fatalement de sa trajectoire samedi à 15h09, au "Tertre rouge".

Allan Simonsen

Crédit: Imago

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