Pierre Fillon, les différentes annonces faites depuis deux ans sur l'introduction d'un nouveau règlement ont abouti à une certaine confusion sur les voitures qui pourront courir aux 24 heures du Mans à partir de 2022. Craignez-vous que cela décourage le public ?

Pierre Fillon : Il n'y aura qu'une seule catégorie reine qui s'appellera l'Hypercar. Il y aura deux sous-catégories, les LMH et les LMDh. Une LMH est une voiture fabriquée entièrement par le constructeur, une LMDh c'est une voiture que l'on achète à un constructeur de châssis avec un système hybride commun et dans lequel le constructeur implante son moteur et fait sa carrosserie. Extérieurement, ces voitures seront les mêmes, même poids, même puissance, même aérodynamique, mêmes performances.

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A partir de l'année prochaine, on ne parlera plus que de la catégorie Hypercar avec ces deux voies pour y arriver mais les gens ne verront pas la différence. Il n'y aura pas non plus de course à l'armement car on aura la balance de performance (BoP) pour équilibrer le plateau. Cela donne des certitudes en matière de budget. On avait autour de la table quand on a présenté ce projet une douzaine de constructeurs.

Parallèlement, Le Mans s'est fixé comme objectif d'aligner des voitures propulsées à l'hydrogène en 2024. Où en est-on de ce projet ?

P.F. : La catégorie Hypercar va démarrer en 2022 pour cinq ans au moins et en 2024 apparaitra la catégorie H24 qui aura les mêmes performances. Il n'y aura donc qu'une seule catégorie. La cible d'une Hypercar est un temps de 3 minutes 30 secondes au tour et cela sera la cible de l'hydrogène également (actuellement, les voitures les plus rapides tournent autour de 3'15" NLDR). En 2024, cela sera un banc d'essai mais il y aura un championnat à partir de 2025.

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Les deux technologies rouleront ensemble, le thermique et l'hydrogène. Pour l'endurance, nous voulons aller vers le zéro-émissions. C'est aussi le rôle d'un automobile club et nous avons les 24 Heures comme vitrine. Le projet hydrogène ne concerne pas seulement la voiture mais les infrastructures de ravitaillement en hydrogène. On veut aussi de l'hydrogène vert et il faut travailler aussi sur cette filière.

La 88e édition des 24 heures se déroule sans public pour cause de coronavirus, quel est l'impact pour l'ACO ?

P.F. : La billetterie représente 40% du chiffre d'affaires des 24 Heures. Mais il fallait que la course ait lieu car si on ne l'avait pas fait on aurait vu disparaitre au moins un tiers des écuries. On obérait tout le futur de notre filière. On compense en améliorant le dispositif TV avec les diffuseurs en France (...) et une plateforme digitale 'Les 24 heures solidaires et responsables' où on fera vivre aux gens la course de l'intérieur comme s'ils étaient sur place avec des caméras 360°. On incite aussi les gens à partager leur expérience et on y fait un appel aux dons pour la société européenne de réanimation qui serviront à faire de la formation pour améliorer le traitement du Covid.

Kamui Kobayaski au volant de la Toyota TS050 n°7, le 18 septembre 2020 lors des essais des 24 Heures du Mans

Crédit: Getty Images

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