24 Heures du Mans 2026 I Le prince Ferrari est mort, vive le Roi Toyota

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Alors qu'elles ne s'étaient élancées que des 14e et 15e places sur la grille, les Toyota n°7 et n°8 ont réalisé une remontée fantastique lors des 24 heures du Mans 2026 pour accrocher la première et la troisième place du podium. Tout un symbole, alors que l'écurie japonaise n'avait plus gagné dans la Sarthe depuis 2022, et que Ferrari visait la passe de quatre. Sans succès.

Cadillac désabusé, Toyota aux anges : le résumé des 24 heures

Video credit: Eurosport

Ce ne pouvait, ce ne devait être que Toyota, l'ennemi vaincu, tapi dans l'ombre, qui pouvait venir détrôner Ferrari. Jamais les Rouges n'avaient laissé filer les 24 heures du Mans depuis leurs débuts en endurance, en 2023. Trois éditions, trois titres. Jusqu'à ce dimanche 14 juin 2026. Après la Ferrari AF Corse jaune de 2025, celle de Robert Kubica, il fallait une Toyota très rouge, et deux autres anciens pilotes de Formule 1 (Nyck de Vries et Kamui Kobayashi) pour empêcher le quadruplé. Lavé, l'affront. Vengé, le sextuple champion, désormais, qui rouvre les glorieuses pages de son histoire mancelle, fermées en 2022.
L'histoire de cette 94e édition s'est écrite sans son champion en titre, qui rêvait du quatre à la suite, après la victoire de la n°51 en 2023, de la n°50 en 2024, et de la n°83 l'an passé. Sur la grille de départ, cette année, elles occupaient respectivement les 8e, 12e et 17e places. La n°83, tenante du titre, n'avait même pas franchi les préqualifications du mercredi. Loin, très loin derrière la BMW n°15 de Kevin Magnussen et consorts, partie en pole. Mais alors que les Toyota, parties elles aussi en retrait (14e et 15e), ont fait preuve de l'audace et de la méthode qu'il fallait pour remonter, Ferrari a rapidement sabordé sa propre course. Sans l'étoffe du champion vexé. 

Ferrari part à la faute

Dès les premiers mètres du premier tour, les Ferrari ont bataillé, pourtant. Mais entre voitures-sœurs, dans un duel musclé entre Antonio Giovinazzi et Nicklas Nielsen. Après une heure de course, le Polonais Robert Kubica, descendu de sa n°83, annonçait la couleur : "un premier relai compliqué" et "un équilibre difficile à trouver". 
Puis Antonio Fuoco a envoyé sa n°50 à la faute, en tête-à-queue, dans le virage du Tertre rouge, après un léger contact avec l'Oreca de Richard Verschoor. Ce qui lui a valu un avertissement. Même chose pour l'autre Ferrari, celle n°51 d'Alessandro Pier Guidi, une heure plus tard, partie percuter la Proton n°9 en voulant la dépasser par l'intérieur. Punition : drive-through, à la tombée du jour. Au matin, il n'y avait plus de Ferrari n°50. Problème mécanique sous régime de Safety Car. La n°51 finira la course à la 5e place, deux rangs devant celle de l’écurie privée AF Corse. Dans un certain anonymat. 
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Vainqueur en 2024, la Ferrari n°50 contrainte à l'abandon

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Loin. Deux minutes derrière la Toyota n°7 de Kamui Kobayashi et compagnie. Le Japonais, deux fois titré au Mans désormais, retenait à l'arrivée la "longue, très longue route" qu'a parcouru son écurie, ces trois dernières années, comme ces dernières heures. Puisque Toyota a longtemps cru, à juste titre, sans doute, que BMW et Cadillac pourraient lui ravir la victoire. "Ces dix dernières heures, on a cru que les choses pourraient vraiment mal tourner pour nous, décrivait après la course Mike Conway. On avait perdu beaucoup de places, et on avait pas mal de difficultés avec la voiture. Mais l'équipe a travaillé tellement dur en arrière-plan pour nous maintenir à ce niveau. C'était un excellent travail de la part de tout le monde."

Toyota a bien caché son jeu

Nyck de Vries, leur coéquipier, ne "savait pas trop comment (ils l'avaient) fait", mais ils l'avaient fait. Notamment, pour lui répondre, en assumant une stratégie décalée. Avec un premier ravitaillement prématuré, dès la 30ᵉ minute, qui a joué les a longtemps propulsés en tête, brouillé les pistes, et évité le trafic aux deux voitures. "Nous devons essayer d'être intelligents", disait avant la course David Floury, directeur technique de Toyota, qui estimait qu'il n'y aurait "aucun moyen de (se) battre avec un tel déficit" face aux Cadillac, notamment. 
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C'est pas passé loin pour la Toyota n°7 : l'unsafe release de la n°183

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Et puis, petit à petit, l'idée d'un retard de Toyota a perdu du crédit. René Rast, qui finira la course à la deuxième place (BMW n°20), disait à Eurosport en début de soirée, samedi : "Il semblerait que les Toyota soient un peu plus rapides que nous, mais on a un rythme correct. On était sur des stratégies différentes, mais ils ont fait des relais un peu plus courts que nous, et maintenant, ils sont revenus sur la même stratégie."
C'est à la vitesse pure que la course s'est décidée, après une longue neutralisation, dimanche matin. Derrière la Cadillac n°12, à 11h05, les Toyota, en embuscade, sont remontées sans peine. Jusqu'à prendre l'avantage, à une, d'abord, puis à deux à l'avant. Jusqu'au retour en bombe de Robin Frijns, sur sa BMW n°20, venu doubler Sébastien Buemi pour accrocher la deuxième place à 45 minutes de la fin. Pas celle de la Toyota n°7, vainqueure. Maestria.
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Un drive-through pour Cadillac et la Toyota n°8 en profite

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