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WEC | Frédéric Lequien : "Nous prenons une nouvelle dimension"
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Publié 01/03/2024 à 13:01 GMT+1
Peu attractif il y a quelques années, le championnat du monde d'endurance auto (WEC) "est en train de prendre une nouvelle dimension" assure à l'AFP son directeur Frédéric Lequien à l'aube d'une saison historique à laquelle participeront pas moins de 14 constructeurs, dont 9 en catégorie reine Hypercar.
Mick Schumacher
Crédit: Getty Images
Comment se présente la nouvelle saison du WEC, le championnat du monde d'endurance auto ?
Frédéric Lequien : On est en train de prendre une nouvelle dimension grâce à l'arrivée de nouveaux constructeurs, cette saison est historique. La médiatisation a augmenté, la fréquentation des circuits est en nette hausse et les audiences télé ont presque doublé l'an dernier. On a un plateau de rêve et on est très sollicité par des pays qui veulent accueillir une manche du championnat.
Comment expliquez-vous cette attractivité du WEC ?
F.L : Le nouveau règlement entré en vigueur en 2020 a été la clé. Il a laissé beaucoup de liberté aux constructeurs en termes d'aérodynamique et les budgets ont été beaucoup réduits. Il y a une balance des performances, ce qui consiste à enfermer les constructeurs dans une fenêtre de performance restreinte. Mais elle est suffisamment large pour que ceux qui travaillent très bien soient en haut, et ceux qui travaillent un peu moins bien soient en bas. Il n'est pas nécessaire de dépenser beaucoup d'argent pour atteindre la performance ultime. Cela garantit des performances similaires entre les écuries et ça laisse la part belle au pilotage et aux stratégies. Le niveau est très élevé et il n'y a pas trop d'écart entre les concurrents donc cela donne des courses intéressantes.
L'endurance sert-elle toujours de vitrine aux constructeurs pour augmenter leur visibilité ?
F.L : Oui. Il y a aussi une dimension marketing pour les marques. Le WEC est une plateforme qui offre une retour sur investissement très intéressant pour les constructeurs. Le budget en Hypercar a été divisé par cinq par rapport aux anciens budgets en catégorie reine. Cela reste donc abordable pour les constructeurs et c'est très intéressant en termes de visibilité.
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Schumacher : "L'Alpine du WEC est une super voiture, différente d'une F1"
Video credit: Eurosport
Aston Martin a annoncé son arrivée en Hypercar en 2025. Jusqu'où le WEC peut-il poursuivre son expansion ?
F.L : On peut imaginer accueillir quelques concurrents supplémentaires en Hypercar mais ce n'est pas très extensible. On a 19 voitures cette année, plus 18 en LMGT3. On ne peut pas dépasser 40 voitures car il n'y a que 62 places aux 24 Heures du Mans donc il n'en reste que 22 pour la catégorie P2 (15) et les invitations distribuées à travers différents championnats. L'autre raison est logistique car quand on commence à arriver à une grille supérieure à 37-38 voitures, parfois on manque de garages sur les circuits. C'est en raison de cet engouement pour l'Hypercar qu'on a dû prendre la décision difficile mais nécessaire de réduire le WEC à seulement deux catégories cette année.
Il y a huit courses cette saison, une de plus que l'an dernier. Pensez-vous en faire davantage à l'avenir, à l'image de la F1 ?
F.L : Il faut garder la tête froide. Il ne faudrait surtout pas faire l'erreur de grandir trop vite. Aujourd'hui on a huit courses, on considère que c'est le bon format. Si on va au-delà, cela nécessite plus de budget pour les équipes. On peut éventuellement imaginer une neuvième, mais pas dix. Avec la F1, on est dans deux univers complètement différents, mais qui sont complémentaires. On n'est pas en opposition. Ce n'est pas comparable car ce ne sont pas les même formats de course, pas les mêmes voitures, pas le même passé... Mais ce qui est sûr c'est que le WEC fait désormais partie de l'équation dans le sport automobile.
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