Loeb : "La fin de quelque chose"

Loeb : "La fin de quelque chose"
Par AFP

Le 07/10/2012 à 19:47Mis à jour Le 07/10/2012 à 20:03

"Quel bonheur de voir tout ça !", s'est exclamé le nonuple champion Sébastien Loeb (Citroën), dimanche. Emu de voir une page se tourner.

Sébastien, vous voilà nonuple champion du monde... Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Sébastien Loeb : Neuf titres ! Oui, on réalise, c'est un grand moment. Nonuple champion du monde... Nonuple: je ne connaissais pas ce mot. Il va falloir s'y faire. Comme il y a deux ans, on rêvait de revivre ça (la victoire et le titre à domicile) ce week-end. J'ai été porté par les fans durant ces quatre jours, je voudrais vraiment leur dire un grand merci. Quel bonheur de voir tout ça ! Il y a quelques années, on ne pensait pas qu'un rallye en Alsace générerait autant de passion. Il y avait des gens partout sur les routes. Des drapeaux... Les amis en pleurs - moi qui n'était pas loin de craquer - c'est une émotion assez incroyable.

Vous avez maîtrisé la situation durant les quatre jours. Etait-ce aussi facile qu'il n'y paraît de l'extérieur ?

S.L. : Non, car la pression était forte. Je voulais vraiment revivre les émotions d'il y a deux ans: la victoire et le titre à Haguenau (son village natal, ndlr). J'avais alors vécu ce qui reste mon meilleur souvenir de rallye. Je rêvais de revivre cela. Ce (dimanche) matin, il y avait donc beaucoup de pression car je voulais vraiment terminer comme ça. En outre, les conditions de ce dimanche étaient très compliquées avec la pluie, la boue. J'étais vraiment heureux de pouvoir compter sur un matelas de 30 secondes sur Latvala au départ dimanche matin car ce fut loin d'être simple.

Y avait-il de l'émotion dans la voiture à votre retour vers Strasbourg à la fin du rallye ?

S.L. : Avec Daniel (Elena, son copilote, ndlr), on avait les larmes aux yeux. Il m'a serré la main dans la voiture en me disant "Voilà, c'est le dernier (titre). Maintenant, c'est fini". Notre dernier titre ensemble... Aujourd'hui, c'était la fin de quelques chose. Dire "au revoir" au monde des rallyes, ce ne fut pas une décision à prendre. Mais je sentais que j'avais besoin d'un nouveau challenge. Mais je ne veux pas trop y penser maintenant. Je préfère savourer l'instant présent.

Ce fut une saison sans nuage, non ?

S.L. : A l'exception d'une sortie de route au Portugal, nous avons réussi une saison parfaite, c'est vrai.

Vous disputerez encore quatre ou cinq rallyes l'an prochain. Serez-vous au départ du rallye d'Alsace ?

S.L. : Le plan est de faire Monte-Carlo car c'est un rallye particulier pour moi et très important pour l'équipe. Ensuite, il y aura trois ou quatre autres rallyes. J'imagine que Citroën me demandera d'être au départ en Alsace, un rallye important pour la marque. Il y a donc des chances que je revienne.

Qui sera le favori du championnat du monde l'année prochaine ?

S.L. : Franchement, c'est difficile à dire. Sébastien Ogier a le potentiel (d'un champion du monde) mais sa voiture (la nouvelle Polo) va-t-elle être dans le coup tout de suite ? On n'en sais rien. Latvala progresse bien. Et puis il y a Hirvonen qui est aujourd'hui une valeur assez sûre. C'est un mec doué. Il a un voiture compétitive et fiable. Lui-même est compétitif et fiable. C'est lui qui est le plus proche de moi cette année. Donc... Neuville ? Il a du talent, il ne lui manque plus que l'expérience.

0
0