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Loeb: "Temps de changer les choses"

Loeb: "Temps de changer les choses"
Par AFP

Le 03/04/2010 à 18:45Mis à jour

Quelques minutes après sa victoire au rallye de Jordanie, Sébastien Loeb a lancé quelques pistes, dont la création de séances de qualification, afin de mettre un terme à une réglementation qui "pénalise" tout le monde.

On a l'impression que le règlement obligeant le pilote le mieux placé à ouvrir la piste pose de plus en plus de problèmes à tout le monde ?

Sébastien Loeb: Oui, en effet. Lors de ce rallye, on a montré les limites de cette réglementation. Pour nous, cela devient même difficile à comprendre et je pense que le grand public va s'y perdre.

Une majorité du Championnat se déroule sur terre et vous affrontez régulièrement ces problèmes de "balayage"?

S.L: Ici cela a été particulièrement aigu mais on a des soucis aussi en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Turquie, etc. Le premier à ouvrir la route est extrêmement pénalisé, notamment dans les parties sinueuses, en raison des graviers ou de la poussière recouvrant la majorité des pistes. Les roues patinent au freinage et en sortie de virages, et nous ne pouvons pas pousser la voiture dans ses derniers retranchements. Cela ne doit pas causer de préjudice au leader du classement car il aura de plus en plus tendance à lever le pied la veille pour ne pas se trouver dans cette position.

Et pourtant vous avez accepté de partir premier samedi matin ?

S.L: Oui, car vendredi soir on estimait avoir une avance suffisamment confortable sur Latvala et Solberg pour tenter le coup. Finalement, les deux écuries (Citröen et Ford) ont utilisé des "balayeurs", Ogier pour moi et Hirvonen pour Latvala en utilisant à fond le règlement et les pénalités qu'il impose. Il est donc temps de changer les choses.

Avez-vous quelques idées sur la question ?

S.L: Je pense que l'on devrait utiliser le "shakedown" (ndlr: ultime séance d'essais libres des voitures la veille du départ du rallye sur un tronçon qui ne fait pas partie des spéciales), comme une vraie séance de qualifications. On ferait nos quatre passages -- il n'y aurait donc plus de pilote pénalisé puisque la piste aurait le temps d'être balayée -- et le meilleur temps pourrait choisir son ordre de départ le lendemain. Celui qui est en tête de la première journée pourrait également choisir ensuite sa place de départ pour la deuxième et ainsi de suite.

D'autres solutions ?

S.L: On pourrait également revenir à l'ancien système en faisant partir les 15 premiers dans un ordre inversé. Bien les quinze et non les huit. Sinon en Jordanie, Latvala (qui était premier) serait parti 8e le deuxième jour et on ne l'aurait jamais revu !

Avez-vous l'intention de faire part de ces propositions à la FIA ?

S.L: Je vois Jean Todt (le président de la FIA) tout à l'heure! Je pense qu'on devrait être plus écouté que par le passé. Avec Olivier Quesnel, le directeur de Citröen Racing, nous aimerions que les choses changent avant le rallye de Turquie dans 15 jours. Nous ne sommes pas seuls! C'est un avis partagé par l'ensemble des pilotes.

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