On voit mal comment le titre de champion du monde pourrait échapper à un pilote Toyota, ce week-end au Rallye de Monza, mais une question reste en suspens : qui va être sacré, le Gallois Elfyn Evans ou le Français Sébastien Ogier ? Certes, cette saison 2020 a été tronquée, raccourcie, gâchée par la pandémie de coronavirus, mais dans les annales du WRC il y aura un nom inscrit en lettres d'or. Sébastien Ogier a dit que ce serait un titre au rabais, par rapport aux précédents, mais s'il lui permet d'égaler Lewis Hamilton, le maître de la F1, et de se rapprocher encore de Sébastien Loeb (9 couronnes), ce sera un mal pour un bien.

Pour Elfyn Evans, comme le rappellent les nostalgiques d'une époque dorée, ce serait le 3e titre en WRC d'un pilote britannique, 25 ans après le formidable Colin McRae en 1995, 19 ans après le regretté Richard Burns en 2001. Et ce serait mérité, car le Gallois a très bien géré cette saison compliquée, a marqué des points quand il fallait, n'a pas fait de grosse erreur. Avec 14 points d'avance sur Ogier, Evans pourrait envisager de voir venir. Sauf que si Ogier gagne et remporte la Power Stage finale, il prendra 30 points (25+5), ce qui obligera Evans à terminer 2e (18 points) pour être sûr de prendre la couronne. Tout ça malgré l'opposition des pilotes Hyundai qui visent en priorité le titre constructeurs. Les Coréens ont sept points d'avance sur les Nippons.

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Duel Hyundai-Toyota chez les constructeurs

C'est le deuxième élément de suspense, qui va forcément jouer un rôle dans le vénérable parc de l'Autodrome de Monza, pour une fois coupé du monde extérieur alors qu'il accueille chaque année des milliers de tifosi pour le GP d'Italie de F1. Si les pilotes Hyundai font un bon rallye, les choses se compliqueront pour Toyota. A tout seigneur tout honneur, Ogier est prêt pour un "nouveau défi" et "heureux d'avoir une dernière chance pour le titre". "C'est mieux de finir la saison comme ça qu'à la maison. J'ai regardé des vidéos et je pense que les spéciales sur le circuit ne seront pas si faciles".

"Il y aura des portions de terre, ou même d'herbe et de boue, alors avec une voiture réglée pour l'asphalte, ce ne sera pas évident. Quant aux spéciales de samedi, elles se disputeront sur des jolies routes de montagne et si la météo s'en mêle, ce sera encore plus délicat". Le champion français se méfie, car le menu semble copieux : 16 spéciales, soit 241 km chronométrés entre jeudi et dimanche, avec des conditions météo incertaines. Dont six vendredi, sept samedi dans les collines au nord de Bergame, autour du lac de Côme, et encore trois dimanche matin.

Il va falloir s'adapter

Son coéquipier Evans, 31 ans, se dit "dans un état d'esprit positif. On sait qu'il faut faire un bon résultat, on va tout donner. En regardant des vidéos, on s'est rendu compte qu'il y aura de très belles spéciales samedi, certaines très rapides". Et comme Ogier, il a peur d'être un peu rouillé car le dernier rallye sur asphalte, remonte à Monte-Carlo en janvier. Reste le cas Hyundai avec Thierry Neuville à dix points d'Ogier et donc 24 d'Evans, ce qui semble beaucoup. Sauf que cette saison 2020 est tellement spéciale qu'on ne peut pas écarter un dernier rebondissement, au 7e et dernier rallye, début décembre, dans un rallye totalement inédit en WRC.

"Les spéciales du circuit et celles de samedi sont très différentes, donc il va falloir s'adapter", ajoute Evans, qui a un autre défi à relever : rejoindre au gala de remise des prix de la FIA ses compatriotes Lewis Hamilton et Mike Conway, le tout nouveau champion du monde d'endurance sacré dans... une Toyota.

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