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Championnat du monde WRC : Sébastien Loeb va faire ses grands débuts avec Hyundai au Monte-Carlo

Loeb revient dans son "jardin" sur la pointe des pieds

Le 24/01/2019 à 00:44Mis à jour Le 24/01/2019 à 00:55

RALLYE MONTE-CARLO – Engagé avec Hyundai pour une partie de la saison 2019 en WRC, Sébastien Loeb entame sa saison dans son jardin, le Monte-Carlo, sur la pointe des pieds. Prudent, l'Alsacien veut avant tout aider le constructeur sud-coréen à progresser.

Sébastien Loeb est un homme polyvalent. Une semaine après avoir terminé pour la première fois de sa carrière sur le podium du Dakar, l'Alsacien va entamer sa "saison" du retour en championnat du monde WRC au volant d'une Hyundai sur les routes du célèbre rallye Monte-Carlo, mythique épreuve dont on ne présente plus l'aura, qui va sonner l'ouverture du Championnat du monde des rallyes 2019.

Le Monte-Carlo c'est le jardin du nonuple champion du monde. Son épreuve fétiche. Sept fois vainqueur sur les routes azuréennes (2003, 2004, 2005, 2007, 2008, 2012, 2013), Loeb est par nature en quête d'un huitième succès. Mais les circonstances et la découverte récente de la i20 Coupé WRC laissent penser qu'il sera plus un outsider qu'un favori. "Ce parcours est tout nouveau pour moi, à part la montée du Turini. Les conditions ne sont pas simples, en plus il est train de neiger (mercredi après-midi), donc elles risquent de changer entre les reconnaissances et les spéciales", a-t-il souligné.

Une transition Dakar - WRC plus difficile qu'il n'y paraît

Récemment séparé de PSA, avec qui il était historiquement resté lié pendant quinze ans, l'Alsacien a fait de sa liberté sa force. Son idylle avec Citroën n'étant plus possible, c'est chez Hyundai qu'il est allé chercher son bonheur, celui de participer à un championnat à la carte comme cela avait été le cas lors des saisons 2013, 2015 et 2018, où il a renoué avec le succès en Espagne. "Je change tout mais il n'y a pas de raison que je ne sois pas capable de m'adapter à une autre voiture. Ca reste du WRC donc j'espère que ça ira !", a ajouté l'Alsacien. "L'objectif n'est pas forcément le même. Je ne suis pas là pour gagner tous les rallyes mais pour ramener des points. Il y a une pression un peu différente. Je sais que je suis attendu, toute ma vie j'ai été attendu, mais je vais essayer de faire au mieux."

Pour passer des dunes péruviennes - il a évolué lors du Dakar avec sa Peugeot 3008 DKR 2017 - aux routes du col du Turini, avec une nouvelle voiture en mains, sans trop souffrir, il fallait s'appeler Sébastien Loeb. Mais le pilote de 44 ans l'a concédé, même pour lui la transition a été dure. "Ce n'est pas simple pour l'entourage, pour ma fille, je suis parti le 2 je rentre le 28, ça fait beaucoup" a expliqué le pilote français. "Mais quand j'ai décidé de faire le Dakar je ne savais pas que j'allais me retrouver chez Hyundai en WRC. On est forcément un peu fatigué, et on a aussi le décalage horaire."

" J'espère que le 'feeling' viendra rapidement."

Pas le temps de traîner pour Loeb. Revenu en France vendredi dernier, l'Alsacien est allé faire ses gammes avec sa i20 Coupé WRC sur les pentes du Champsaur, dans les Hautes-Alpes, avant de se transporter sur place et de tester brièvement sa nouvelle monture. "C'est un rallye très compliqué et sans doute encore plus pour moi du fait que je vais tout découvrir, mais l'ambition est d'essayer quand même de faire un beau rallye, de prendre la mesure de la voiture, des spéciales et d'essayer de trouver un 'feeling' qui me permette de rouler correctement. (...) Il y a plein de paramètres qui font que ça ne va pas être simple de commencer comme ça, mais la voiture m'a bien plu."

Un peu dans l'inconnu, le pilote d'Haguenau reste prudent avant le début des épreuves jeudi avec le Shakedown prévu à Gap, puis les deux premières spéciales à La Bréole et Avançon. Il n'est pas en mission victoire à tout prix. Trop tôt de toute façon pour concurrencer des Sébastien Ogier passé chez Citroën Racing, son coéquipier Thierry Neuville (Hyundai Motorsport) et Ott Tänak (Toyota Gazoo Racing WRT). "Je n'ai pas d'objectif précis. Essayer de faire un beau rallye, de ramener des points au constructeur. Après, à quelle place, c'est difficile à prévoir", a ajouté Loeb.

L'ancien maître de la discipline a persisté dans son exercice de prudence. "J'ai toujours abordé les rallyes de la même façon: j'essaye de prendre mon rythme, de me sentir bien, de ne pas brûler les étapes. La façon dont j'ai l'intention d'aborder ce rallye est un peu la même. Pour marquer des points, il faut aller au bout, et pour aller au bout, il faut se sentir bien dans la voiture. J'espère que le 'feeling' viendra rapidement."

Daniel Elena et Sébastien Loeb

Daniel Elena et Sébastien LoebGetty Images