Finales NBA | Très chanceux ou malins ? Comment les San Antonio Spurs ont construit un groupe de champions
Eurosport sur GoogleMercredi soir, San Antonio retrouvera les Finales NBA face aux Knicks douze ans après sa dernière apparition, une démonstration face au Heat de LeBron James pour un 5e et dernier titre à ce jour. Après la retraite de Tim Duncan et consorts et le départ de Kawhi Leonard, la franchise a connu de sales années, point de départ d'une reconstruction un brin chanceuse mais surtout très bien menée.
Wembanyama : "C'est comme si on construisait un château, et c'est juste le hall d'entrée là"
Video credit: Eurosport
C'est un refrain que l'on lit sur les réseaux sociaux, lieu où certaines opinions reçoivent plus d'attention que d'autres. La NBA, via Adam Silver son patron, aurait donné un sacré coup de boost aux Spurs en leur offrant successivement trois très hauts choix à la draft. L'effectif de San Antonio qualifié pour les Finales NBA face aux Knicks est effectivement mené par Victor Wembanyama (1er en 2023), Stephon Castle (4e en 2024) et Dylan Harper (2e en 2025). La théorie du complot mise à part, les Spurs ont-ils été plutôt chanceux ou malins ?
- Wembanyama aux portes du titre : le programme des Finales NBA
- Paul Seixas est de retour : Suivez le Tour Auvergne-Rhône-Alpes sur Eurosport et HBO Max !
Marché peu attractif pour les stars, San Antonio a historiquement construit ses succès sur la draft. Ce fut David Robinson (1er choix en 1987), Tim Duncan (1er choix en 1997) mais aussi évidemment les énormes coups, Tony Parker (28e choix en 2001) et Manu Ginobili (57e choix en 1999). Un trio, les trois derniers cités, qui mène la franchise texane en terre promise, voilà qui rappelle la situation actuelle même s'il y a une différence de taille.
Avoir de la chance ne suffit évidemment pas en NBA
Mauvais entre 2019 et 2026, les Spurs ont accumulé les choix dans le Top 12 de la draft mais ont dû attendre 2023 pour monter très haut. Ce fut le coup du siècle, le même qui avait échoué entre les mains des Cleveland Cavaliers pour LeBron James (2003) ou plus loin des Los Angeles Lakers avec Magic Johnson (1979). Joueur générationnel, Victor Wembanyama aurait dû faire grandir ses Spurs tout de suite.
Ce ne fut pas le cas car il avait encore beaucoup à apprendre et un physique fragile. Une "chance" pour les Spurs qui ont hérité du 4e choix de la draft en 2024 puis du 2e en 2025. Trois choix dans le Top 5 aussi rapprochés, c'est rare dans l'histoire NBA mais ça ne mène pas toujours aux Finales, exploit réussi par les Spurs en 2026. Voici quelques exemples d'équipes chanceuses à la draft au XXIe siècle et ce à quoi ces coups de chances ont mené.
Washington Wizards (2010-2013)
- 2010 John Wall, 1er choix
- 2012 Bradley Beal 3e choix
- 2013 Otto Porter Jr. 3e choix
Meilleur résultat : demi-finales de conférence en 2014, 2015 et 2017.
Philadelphie 76ers (2014-2017)
- 2014 : Joel Embiid 3e choix
- 2015 : Jahlil Okafor 3e choix
- 2016 : Ben Simmons 1er choix
- 2017 : Markelle Fultz 1er choix
Meilleur résultat : demi-finales de conférence en 2018, 2019 et 2021.
Cleveland Cavaliers
- 2011 : Kyrie Irving 1er choix et Tristan Thompson 4e choix
- 2012 : Dion Waiters 4e choix
- 2013 : Anthony Bennett 1er choix
Meilleur résultat (avant le retour de LeBron James en 2014) : jamais qualifiés en Playoffs.
Castle et Harper : de bons choix que les Spurs n'ont pas gâché
Enchaîner les hauts choix et se qualifier pour les Finales NBA est donc loin d'être automatique. Le Thunder de Kevin Durant (2e choix en 2007), Russell Westbrook (4e choix en 2008) et James Harden (3e choix en 2009) l'a fait mais cinq ans après l'arrivée de la première et plus grande star (défaite en 2012). Ce qu'ont réussi les Spurs dans ces Playoffs est un exploit rare en NBA. Il doit beaucoup aux immenses qualités de Victor Wembanyama mais là encore drafter l'un des talents les plus attendus de l'histoire n'est pas synonyme d'une réussite aussi immédiate que spectaculaire. Savoir l'entourer n'est pas toujours simple, la preuve avec les exemples déjà cités.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/02/image-2f5cd3c6-28ce-4f91-afb0-f8d7e0aacf85-85-2560-1440.jpeg)
Dylan Harper, Victor Wembanyama et Stephon Castle (San Antonio Spurs)
Crédit: AFP
En 2024, Atlanta, Washington et Houston avaient l'occasion de choisir Stephon Castle. Les Spurs eux-mêmes auraient pu choisir un autre membre d'un Top 10 qui apparaît bien faible aujourd'hui (Ron Holland, Tidjane Salaün, Donovan Clingan, Zach Edey…) mais ils ont fait le bon choix. Aller sur Dylan Harper en 2 en 2025 paraissait évident mais les Spurs avaient déjà Castle mais aussi De'Aaron Fox et même Devin Vassell sur le même poste dans leur effectif. Ils auraient pu faire un autre choix, un choix plus complémentaire mais la saison en cours leur donne raison. Par ailleurs, l'un comme l'autre semblent se développer à la perfection, ce qui là aussi, n'est pas une évidence dans la ligue, où les exemples de talents gâchés ne manquent pas.
Un effectif intelligemment construit
La draft NBA est un monde rempli d'erreurs. Pour un ou deux jolis coups, vous avez deux à trois fois plus d'échecs. Les Spurs en savent quelque chose. Ni Joshua Primo, ni Jeremy Sochan, ni Malaki Branham, ni Blake Wesley, soient quatre joueurs draftés au 1er tour en 2021 et 2022, ne sont encore dans l'effectif. A l'inverse, Keldon Johnson (29e choix en 2019) est toujours là, Vassell (11e choix en 2020) aussi.
Sixième homme de l'année, le premier a accepté d'être remplaçant alors qu'il a tourné à 22 points de moyenne en 2023. Le second (19,5 points en 2023/2024) a lui aussi vu son importance diminuer. Ces deux-là ont accepté de se transformer en parfaits joueurs de compléments.
Ajoutez-y un De'Aaron Fox, transféré pour pas grand-chose et dont l'expérience est vitale même si ses performances restent parfois un brin frustrantes, des vétérans déjà champions (Harrison Barnes, Luke Kornet), un shooteur décisif au match 7 contre OKC que Philadelphie avait viré il y a trois ans (Julian Champagnie) et vous obtenez une équipe que personne ne voyait aussi haut mais qui sera peut-être bientôt championne NBA.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/06/02/image-762153d1-43fe-47bc-a55b-87dd5e59fbfc-68-310-310.jpeg)