NBA | Playoffs | "Flagrante 2", mode d’emploi : Que risque Victor Wembanyama (San Antonio Spurs) après son expulsion pour coup de coude ?

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Le principal intéressé lui-même n’a pas tout compris. Exclu pour un coup de coude lors du match 4 des San Antonio Spurs face aux Timberwolves du Minnesota, Victor Wembanyama ne connaissait visiblement pas les conséquences de la faute "flagrante 2" que les arbitres ont jugée à son encontre. On fait le point sur ce qui est reproché au Français, et sur les risques de suspension qu'il encourt.

Victor Wembanyama a été expulsé lors du Game 4 entre les San Antonio Spurs et les Minnesota Timberwolves

Crédit: AFP

"Qu’est-ce que cela veut dire ?" Assis sur le banc, Victor Wembanyama n’était visiblement pas très au fait de la règle alors que l’arbitre annonçait que la faute qu’il venait de commettre sur Naz Reid avait été considérée comme une "faute flagrante 2" Sa question à Harrison Barnes a vite trouvé sa réponse : le Français a été exclu du match dès le début du second quart-temps, laissant les Spurs à la merci du retour d’Anthony Edwards et des Wolves, revenus à 2-2 dans la série. Revenons sur ladite flagrante 2 et sur ce que cela signifie pour le pivot tricolore.
La NBA sépare les fautes techniques, qui sont des fautes majoritairement sans contact dans le cadre du jeu, des fautes personnelles, qui supposent un contact. Les fautes flagrantes font partie des fautes personnelles. La faute flagrante 1, la plus connue, est celle qui octroie directement deux lancers francs et la possession à l’équipe qui la subit, tandis que celui qui la commet est exclu s’il en commet deux dans le match. Elle est définie dans la règle 12B, Section IV comme "un contact non-nécessaire entre un joueur et un adversaire". La définition est extrêmement large, dans un sport où les contacts sont nombreux, et les fautes, notamment en fin de période pour contrôler l’horloge, sont souvent volontaires. Pour mieux comprendre, il faut plutôt faire le parallèle avec le corollaire des fautes flagrantes dans le basket FIBA, à savoir les fautes dites antisportives. 

Un comportement jugé antisportif

Dans la notion de faute non-nécessaire réside en fait cette idée de comportement antisportif, c’est-à-dire de faute qui, non dictée par l’intérêt du jeu, provient d’une volonté intrinsèque d’atteindre le joueur adverse. Ainsi, le guide d’interprétation des règles précise les critères à prendre en compte pour juger d’une faute flagrante : la sévérité du contact, si le joueur effectuait un mouvement de jeu légitime, si le joueur a poursuivi son mouvement après le contact, les risques de blessure, les conséquences du geste (altercation etc.). Tout cela pour juger l'intention du geste, mais aussi ce qui en découle.
Ce parallèle avec l’antisportive est encore plus clairement expliquée avec la fameuse faute flagrante 2. Définie comme "un contact non-nécessaire et excessif entre un joueur et un adversaire", une définition toute aussi large que la flagrante 1, sa sanction éclaire sur sa nature. "C’est une faute antisportive et celui qui la commet est exclu". Un peu comme un carton rouge par rapport au carton jaune, elle diffère de la flagrante 1 par son intensité.

Un risque de suspension ?

Pour revenir à Wembanyama, il a donc été jugé dans la nuit de dimanche à lundi que le coup de coude asséné à Naz Reid n’était pas une protection du ballon dans la continuité du jeu, et par conséquent qu’il était volontaire, mais aussi qu’il était trop violent pour être considéré comme une simple faute flagrante de type 1. L’entraîneur des Spurs Mitch Johnson a aussi estimé que "les conséquences de l’action", avaient été prises en compte, ce qui est de toute façon recommandé par le règlement. La décision a été prise après une consultation de la vidéo, ce qui est là aussi expressément prévu par les textes pour évaluer le type de faute flagrante commise. Jugé excessif, le coup de coude du Français lui a valu une exclusion directe. Et ce n’est peut-être pas tout.
Car l’autre différence entre les deux fautes, c’est que celle de niveau 2 entraîne un rapport au bureau de la ligue qui peut décider de prendre des sanctions supplémentaires. L’avantage, c’est qu’elle n’est dans ce cas pas automatique. Les joueurs ont en fait un quota de quatre points de faute flagrante en playoffs. Une faute de niveau 1 vaut 1 point, une faute de niveau 2 en vaut deux. La suspension est automatique à partir du quatrième point. C’est notamment ce qui était arrivé à Draymond Green lors des finales en 2016. Wembanyama n’a pas effectué d’autre faute flagrante en playoffs, et il n’est donc pour l’instant pas concerné.
Du côté de San Antonio, on se voulait rassuré sur ce point, d’autant que Naz Reid n’en a pas rajouté, commentant sobrement "la douleur, c’est la faiblesse qui quitte le corps", en conférence de presse. En absence de blessure, et sur un geste qui reste dans le feu de l'action, difficile d'imaginer une suspension d'une des nouvelles stars de la NBA, même si rien n'est écarté à ce stade. Sauf décision contraire de la ligue, Wembanyama sera là mercredi. Contre les Wolves, il devra de nouveau jouer des coudes, mais il faudra faire attention.
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