Jeux Olympiques - Pékin 2022 : L’individuel, une course à part taillée pour les favoris

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JEUX OLYMPIQUES D'HIVER - Épreuve la plus ancienne du biathlon, l’individuel va ouvrir, lundi à Pékin avec les dames, le programme des courses éponymes. Sans anneau de pénalité à parcourir, cette épreuve d’endurance n’a rien de commun avec les autres disciplines. Pourtant, peu de place aux surprises, les favoris sont (quasi) toujours au rendez-vous.

Marte Olsbu Roeiseland

Crédit: Getty Images

Retour aux origines et véritable lancement des débats, ce lundi à 10h avec l'individuel dames. Avec son format particulier - la plus longue course (20km chez les hommes et 15km chez les femmes), comprenant des pénalités d’une minute à chaque cible manquée -, l’individuel revient à l’essence du biathlon. Le chasseur est seul face à lui-même (et au chrono), pour un peu plus de trois quarts d’heure de ski et quatre passages sur le pas de tir.
Contrairement aux autres courses (hormis les relais), ce format laisse de côté le tour de pénalité pour les balles hors des cibles, celui-ci étant remplacé par une minute de pénalité. Pour autant, cette épreuve d’endurance revêt bien plus de caractéristiques communes au sprint que l’on pourrait l’imaginer. "Si on regarde de près, la pénalité d'une minute n'est pas délirante. Car si on compare avec un 10km où on perd environ 25 secondes avec un tour de pénalité, là on perd une minute pour une cible manquée, donc c'est légèrement plus orienté tir mais assez comparable", analyse notre consultant Loïs Habert.
"Cette course est un peu plus ouverte que les autres mais tout le monde ne peut pas gagner un individuel", poursuit-il. Car le contrôle est roi dans cette épreuve à part, sans confrontation. "C'est une course différente car on skie moins vite. On prend plus le temps à cause de la pénalité d'une minute, décrypte l’ancien biathlète de l’équipe de France. Ils vont tirer plus lentement et skier un peu moins vite."

Bien tirer et limiter les risques

Quel serait alors le profil-type pour remporter cette épreuve face à soi-même ? "Ce ne sont pas des preneurs de risques", assure Loïs Habert, qui se montre également formel sur les favoris : hormis quelques rares exceptions, comme Anton Babikov lors du dernier individuel à Anterselva, les vainqueurs de ce format sont quasiment toujours les biathlètes les mieux classés du général. A titre d’exemple, le vainqueur du petit globe de la spécialité cette saison, Tarjei Boe, pointe au troisième rang du classement général de la Coupe du monde.
"Les meilleurs sur ce format sont des gens qui savent lisser leur effort, car on part sur 50 minutes à une heure de ski. Et des bons tireurs : en général, un individuel se gagne à 19/20 ou 20/20." Au vu de sa préparation axée sur les JO, de son expérience et de son impressionnante performance sur le relais mixte samedi, Johannes Boe semble archi favori pour conserver son titre mardi. Tandis que chez les femmes, Hanna Oeberg, tenante du titre et championne du monde de la spécialité, pourrait être freinée par des soucis de glisse observés par le staff suédois.
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L’argent pour le relais mixte : "Les français sont passés à travers tous les pièges"

Video credit: Eurosport

Le vent, facteur X

Si la hiérarchie paraît plutôt établie, les conditions climatiques pourraient néanmoins rebattre certaines cartes. La descente tant attendue la nuit dernière n’a en effet pas pu se tenir en raison de vents violents. Et même si les biathlètes (Zhangjiakou) ne concourent pas sur le même site que leurs homologues alpins (Xiaohaituo), l'œuvre d’Éole a déjà fait des dégâts lors du relais mixte.
"Cela peut se gagner à 16/20 ou 17/20 s'il y a beaucoup de vent", estime Loïs Habert. Un scénario quasi inédit qui n’a été connu qu’en 2009 avec la victoire à 17/20 de la légende norvégienne Ole Einar Bjoerndalen, et en 2010 avec le succès de l’immense Magdalena Neuner grâce au même score face aux cibles.
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Quentin Fillon Maillet (France) lors de la mass start d'Antholz-Anterselva.

Crédit: Getty Images

Peu de places aux surprises pour la gagne donc, même dans des conditions complexes. Reste alors les chances de médailles. Du côté de l’équipe de France, le leader de la Coupe du monde, Quentin Fillon Maillet, fait partie des prétendants au podium. Un statut qu’aura plus de mal à justifier Emilien Jacquelin, friant des courses à confrontation directe.
Mais la plus grande chance de médaille tricolore sera davantage à surveiller sur l’épreuve féminine. Lors du dernier individuel, Justine Braisaz-Bouchet l’avait emporté devant Julia Simon, pour un doublé plein d’espoir, en guise de prémices à l’aventure olympique.
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