Pidcock, coup d'essai, coup de maître ?

A le regarder, on oublierait presque que c'est un "rookie". Thomas Pidcock, déjà excellent en début de saison (3e de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, 5e des Strade Bianche, 15e de Milan-Sanremo), s'est offert sa première semi-classique en triomphant sur La Flèche Brabançonne pour sa première saison chez les pros.
Un succès intéressant à plus d'un titre. Non seulement il a ouvert son compteur, ce qui n'est jamais neutre, mais en plus il l'a fait sur une course de plus de 200 kilomètres (l'Amstel ce dimanche en compte 216) et en dominant Wout Van Aert au sprint. Pidcock a aussi cette flèche à son arc. Ce qui peut être utile sur des Ardennaises pas toujours très animées ces dernières années. Le voir gagner l'Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne ou Liège-Bastogne-Liège serait un exploit mais pas forcément une énorme surprise.
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15/04/2021 À 16:51

Pour Pidcock, c'était le scénario idéal : son sprint victorieux face à Van Aert

Hirschi, favori en méforme ?

Treize jours de courses pour aborder les Ardennaises quand on en est l'un des favoris, c'est léger pour ne pas dire plus. Son surprenant départ du Team DSM et son arrivée chez UAE-Team Emirates ont retardé la reprise de Marc Hirschi, tenant du titre sur La Flèche Wallonne. En Catalogne puis au Pays basque, le Suisse a engrangé les kilomètres mais n'a pas brillé. A peine peut-on retenir une 7e place sur l'ultime étape du Tour de Catalogne sur un parcours vallonné autour et dans Barcelone.

Hirschi avait de la marge : sa victoire en vidéo

Pour le reste, c'est peu dire qu'un voile opaque entoure l'état de forme d'Hirschi qui mènera les UAE-Team Emirates en compagnie de Tadej Pogacar. Peut-il réellement lutter avec les meilleurs ? On ne donne pas cher de sa peau ce dimanche sur l'Amstel et on voit mal comment il pourrait lutter avec Alaphilippe et les autres sur La Flèche. Hirschi semble avoir perdu trop de temps mais son talent est immense, alors....

Pogacar-Roglic encore et toujours à la fête ?

Tadej Pogacar et Primoz Roglic axent leur saison sur le Tour de France. La spécialisation ? Très peu pour eux cependant. L'époque des leaders qui ne brillent qu'en juin et juillet pour la Grande Boucle est révolue avec ce duo qui affiche déjà dix succès, cinq chacun, à son compteur et trois courses à étapes (l'UAE Tour et Tirreno pour Pogacar, le Pays basque pour Roglic).
L'un comme l'autre abordent une semaine différente, sans doute moins tendue mais ça ne veut pas dire que Pogacar comme Roglic ne peuvent pas y nourrir des ambitions, au contraire. Après tout, le second est tenant du titre à Liège après la mésaventure d'Alaphilippe quand le premier semblait bien placé pour jouer la gagne avant la vague du Français.

Alaphilippe peut-il être le Prince des Ardennes ?

Souvenez-vous le printemps 2015. Pour sa première semaine ardennaise complète, Julian Alaphilippe avait impressionné. Et encore le mot est faible; Septième de l'Amstel pour commencer, il avait buté deux fois sur le seul Alejandro Valverde sur la Flèche et à Liège. La gloire lui était promise sur ces courses taillées pour son profil de puncheur.
Six ans plus tard, on ne qualifiera pas le bilan de maigre, deux Flèche Wallonne ne sont pas rien, mais on peut dire qu'il est un peu, si ce n'est décevant, au moins étonnant. En dehors du Mur de Huy, Alaphilippe n'est jamais plus jamais monté sur le podium et le statut de Prince des Ardennes se refuse à lui alors qu'il brille par ailleurs sur des parcours semblables, aux Mondiaux 2020 par exemple. 2021, l'année d'Alaphilippe ? On a envie d'y croire même s'il joue plus souvent placé que vainqueur depuis la reprise.

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Cosnefroy ou un autre, qui derrière Alaphilippe pour la France ?

Julian Alaphilippe ne sera pas la seule carte française cette semaine. D'autres ont montré ces dernières saisons qu'ils avaient les capacités pour exister et jouer a minima un top 5 sur ces courses pour puncheurs. On pense d'abord évidemment aux deux pépites que sont Benoît Cosnefroy et Valentin Madouas.
Le premier a montré une belle force sur La Flèche Brabançonne mercredi, prenant finalement la 8e place. Il ne participera pas à l'Amstel mais sera l'un des favoris à Huy dans quelques jours pour avoir pris la deuxième place derrière Hirschi en 2020. Madouas était plus loin mais le polyvalent de la Groupama-FDJ a lui aussi des armes. A ne pas sous-estimer non plus, Rudy Molard (13e de Liège en 2020), David Gaudu (6e à Liège en 2019) dans une forme étincelante en ce moment ou encore Guillaume Martin et Warren Barguil.

Gilbert-Valverde, les vieux grognards ont-ils encore quelque chose à donner ?

On craignait de ne pas le voir sur toute la campagne de classiques en avril après qu'il a pris un peu de recul pour soigner son mental, Philippe Gilbert fera son retour à la compétition sur la Flèche Wallonne, dix ans après son triplé fantastique en 2011. Il ne sera pas présent sur l'Amstel, pourtant sa course de prédilection (4 succès + les Mondiaux 2012 sur le même parcours) mais il était de toute façon difficile d'imaginer Gilbert être à la bagarre cette semaine.
Lui en revanche… Alejandro Valverde devrait mettre fin à sa carrière en 2021, c'est donc la dernière fois qu'on le verra dans les Ardennes où il a tant brillé (5 succès à La Flèche, 4 à Liège). Récent vainqueur du Grand Prix Miguel Indurain, 4e du Tour de Catalogne, 7e au Pays basque, "Bala" en a encore dans la cuisse. Gare à l'Espagnol. Un succès à Liège, le jour de ses 41 ans, et il égalera le record d'Eddy Merckx sur la Doyenne.

Alejandro Valverde

Crédit: Getty Images

Schachmann, Matthews, Woods, Bardet… Qui pour ouvrir son compteur sur une grande classique ?

Jasper Stuyven sur Milan-Sanremo, Kasper Asgreen sur le Tour des Flandres, les seconds couteaux ont brillé sur les Monuments et plus largement sur les classiques. Ils sont quelques-uns à espérer poursuivre la série dans les Ardennes belges et néerlandaises. Certains ont déjà triomphé de classiques mais l'Amstel, la Flèche et évidemment le Monument Liège-Bastogne-Liège sont au-dessus.
C'est le cas de Michael Matthews par exemple. L'Australien a déjà remporté la Bretagne Classic ou les Grand Prix de Québec et Montréal mais il court encore après une course plus prestigieuse encore. Maximilian Schachmann est devenu un spécialiste de Paris-Nice (deux succès de suite) mais ses qualités doivent lui permettre de remporter une belle course d'un jour. C'est vrai aussi pour Michael Woods même si le vétéran canadien (34 ans) a peut-être laissé passer sa chance.
Enfin Romain Bardet a juré qu'il comptait se faire plaisir en partant dans le Team DSM. Il revient d'un gros stage en montagne à Tenerife et manquera peut-être de compétition et de fraîcheur. Pour autant, il faut se souvenir qu'il s'était révélé sur l'Amstel en 2013 et qu'il était monté sur la dernière marche du podium à Liège en 2018.
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