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Christophe Laporte se confie à Eurosport : Sa 2e place aux Mondiaux, Jumbo-Visma, Wout Van Aert, le Tour de France...
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Publié 28/09/2022 à 00:29 GMT+2
MONDIAUX - Deuxième derrière l'intouchable Remco Evenepoel, Christophe Laporte a permis à l'équipe de France de glaner un nouveau podium mondial dimanche. Cette performance s'inscrit pour lui dans la continuité d'une saison 2022 exceptionnelle autant individuellement que collectivement. Sa fierté, Jumbo-Visma, Wout Van Aert, les accusations de dopage… Laporte s'est confié à Eurosport.
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Quarante-huit heures après le podium des Mondiaux, quelle saveur a cette médaille d'argent ?
Christophe Laporte : Toujours la même, bien que nous étions venus pour mieux. Il n'y a pas de regret. Il y a des choses qu'on aurait pu faire mieux, c'est toujours comme ça, même quand on gagne, mais (Thomas) Voeckler et (Romain) Bardet nous ont dit que Remco Evenepoel était vraiment très fort. Même avec des meilleures cartes à l'avant, ça aurait été difficile si ce n'est impossible de le suivre, donc il n'y a pas vraiment de regrets. Il y a des choses que l'on aurait pu faire mieux mais ça ne veut pas dire que ça aurait changé le résultat.
Dans cette équipe de France, il y avait trois ou quatre co-leaders, dont vous. On imagine la fierté qui devait être la vôtre quand le sélectionneur vous a annoncé ce rôle…
C.L. : Une immense fierté, totalement. Déjà, si on m'avait dit il y a quelques années que j'allais représenter la France aux Mondiaux, j'aurais été très heureux. Là, j'étais coureur protégé, c'était une première pour moi sur un championnat du monde. Je n'avais rien d'autre à faire qu'être bien placé et suivre. Je suis très heureux de la confiance que l'équipe m'a accordée mais ce n'est pas un déclic. Je sais ce dont je suis capable maintenant.
Le final a été complètement dingue derrière l'intouchable Evenepoel…
C.L. : On savait qu'il y avait Remco Evenepoel devant et un groupe derrière avec Romain (Bardet) notamment. A un tour de l'arrivée, on se disait que ça allait être compliqué de faire ne serait-ce qu'une médaille donc on commençait à être un peu déçus. Julian Alaphilippe a roulé, on n'y croyait plus trop. La bosse s'est montée assez vite avec l'attaque de Wout van Aert. On s'est retrouvé dans un groupe d'une quinzaine de coureurs où ça roulait bien avec trois coureurs de chez nous, (Benoît) Cosnefroy, (Valentin) Madouas et moi. Quand on a vu que ça pouvait rentrer, on y est allé à fond jusqu'à la ligne, on y a cru, ça a payé.
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Il y a un peu plus d'un an, vous avez décidé de quitter Cofidis pour Jumbo-Visma, était-ce la meilleure décision de votre carrière ?
C.L. : Oui. Je suis très heureux d'avoir pris cette décision et nous parlions de déclic, je pense qu'il a plutôt été là : le changement d'équipe. Il y a eu des adaptations à faire. La langue déjà, je ne parlais pas anglais en arrivant là-bas. Mais le plus gros changement, ce sont les sacrifices personnels. On passe beaucoup de temps en stage en altitude, donc loin de la famille. J'étais prêt à le faire et c'est pour ça que j'ai signé chez Jumbo-Visma mais j'ai quand même été surpris par le niveau de sacrifices requis. Ces stages j'aurais pu les faire avant individuellement, Cofidis m'en avait parlé, mais je n'en étais pas capable, individuellement c'est dur à mettre en place.
Le Tour de France de Jumbo-Visma a suscité beaucoup de réactions, notamment autour du dopage. Et vous-même n'y avez pas échappé. Comment le vivez-vous ?
C.L. : Tous les ans, le vainqueur du Tour est touché par les accusations de dopage. Notre équipe a été assez dominante, tout le monde l'a vu. Dans le cyclisme, quand les choses se passent comme ça, les gens font vite des raccourcis. C'est malheureux. Ça me touche plus ou moins, je vois des gens qui disent que je sors de nulle part. Ils ne suivent pas le vélo sinon ils ne diraient pas ça.
Vous semblez avoir passé un cap physique et mental cette saison. Le Laporte de 2022 est-il largement meilleur que celui de 2021 ?
C.L. : Physiquement j'ai progressé, notamment grâce aux stages en altitude. Je me sens mieux mentalement aussi. Je suis plus en confiance. Courir avec des grands coureurs, être au départ du Tour pour le gagner, ça donne confiance. On fait moins de complexe d'infériorité même si ce n'était pas trop mon genre. Tout est optimisé, le matériel, la nutrition, la performance. Dans cette équipe j'ai toutes les clés en main pour réussir.
En début de saison, vous aviez d'ailleurs surpris tout le monde en suivant Wout Van Aert et Primoz Roglic sur la 1re étape de Paris-Nice…
C.L. : C'est un bon exemple. Beaucoup de gens ont trouvé ça énorme mais c'était vraiment une tactique prévue à l'avance. Si je n'avais pas été chez Jumbo, je ne l'aurais pas su. C'était très sinueux avant la bosse donc le placement était très important. Ça ne s'est pas vraiment fait à la pédale mais plutôt au placement. Si je n'avais pas été chez eux, j'aurais pu être bien placé mais pas assez pour les suivre, j'en suis certain.
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En 2022, votre équipe a justement réussi quelques coups tactiques, notamment sur le Tour de France au Cap Blanc-Nez (4e étape) et au Granon (11e étape). A quoi est-ce dû ?
C.L. : On ne va jamais sur une course au hasard. Pour prendre l'exemple du Tour de France, en Sierra Nevada au mois de mai, on parlait déjà de chaque étape. Nous avons eu plusieurs réunions individuelles avec les managers pour voir comment on voyait le Tour étape par étape puis d'autres tous ensemble. Nous avons parlé de ces journées-là. C'est beaucoup de travail en amont. Ça ne fonctionne pas toujours mais là oui. Le matin, au départ de la course, on est impatients, enthousiastes et un peu excités et stressés. Nous on sait ce qu'on veut faire, les autres non. C'est toujours mieux de donner les coups plutôt que de les prendre.
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Cette saison vous avez aussi confirmé vos qualités sur les classiques pavées (2e de Gand-Wevelgem et de l'E3, 9e du Tour des Flandres). La prochaine étape, c'est évidemment la victoire, non ?
C.L. : Dans un futur proche, j'aimerais bien gagner une grande classique, Paris-Roubaix, Tour des Flandres… Avec notre équipe, nous pouvons faire comme Quick-Step auparavant. Ils étaient souvent en surnombre dans le final. Ils pouvaient jouer avec ça, avec plusieurs leaders. C'est ce qu'on a réussi à faire cette année, on pourra le faire encore plus l'année prochaine avec Dylan van Baarle (vainqueur de Paris-Roubaix et transfuge d'INEOS). Son arrivée ne m'inquiète pas, je suis heureux d'avoir un coureur comme ça dans l'équipe. C'est toujours un bonus, la pression est divisée et les scénarios s'ouvrent. On est un peu plus décisionnaire avec plusieurs leaders. Quand vous êtes seuls, vous hésitez à prendre des risques.
On vous sent très proche de Wout van Aert…
C.L. : On s'entend très bien, le feeling est vite passé entre nous. Nous ne nous connaissons pas depuis si longtemps mais nous avons déjà vécu pas mal de choses. Nous avons fait toutes les classiques ensemble, tous les stages. C'est un coureur inspirant parce qu'il est très fort physiquement et mentalement. C'est un leader qui sait ce qu'il veut, comment aborder les choses. Il donne de la confiance, c'est un plaisir de rouler avec lui.
Pour finir, s'il fallait retenir un seul moment de votre saison 2022 ?
C.L. : Sur le Tour de France, tout est décuplé, tout est exceptionnel mais je n'oublie rien. Ni ma deuxième place dimanche, ni Paris-Nice qui, avec ce triplé, a été un moment particulier. Pour en revenir au Tour de France, Van Aert m'a laissé ma chance ce jour-là. L'objectif principal restait de conserver (Jonas) Vingegaard dans le temps des meilleurs mais Wout est venu me voir pour me dire qu'il s'occuperait de lui alors que normalement c'était mon rôle. J'ai pu me concentrer sur le final. Sur la manière, c'est une belle victoire, c'est toujours plaisant d'arriver seul. C'était une journée qui m'a souri, j'ai eu de la réussite dans le final car parfois, souvent même, on fait les choses bien et ça ne fonctionne pas. C'était ma journée, ça devait se passer comme ça.
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