Gagner les cinq Monuments en une seule saison : désormais le plus grand et le plus beau défi de Tadej Pogacar

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Tadej Pogacar a achevé 2025 avec un succès sur le Tour de Lombardie, portant à trois son nombre de victoires sur les Monuments cette saison. Trois, c'est aussi le record que le seul Eddy Merckx avait atteint, excusez du peu, à quatre reprises (1969, 1971, 1972, 1975). Un plafond de verre, donc ? Pour "Pogi", le grand chelem n'est pas une chimère, c'est probablement son plus grand défi.

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Si vous cherchez dans les livres qui s'est le plus approché d'un succès sur les cinq Monuments la même saison, n'allez pas trop loin. Vainqueur du Tour des Flandres, de Liège-Bastogne-Liège et du Tour de Lombardie en 2025, évidemment, Tadej Pogacar est votre homme. Troisième de Milan-Sanremo et deuxième de Paris-Roubaix, le Slovène est devenu le premier coureur à monter sur tous les podiums la même année. De là à l'imaginer vainqueur à chaque fois, il n'y a qu'un pas, ou deux à faire. Et ils ne sont pas énormes.
Le grand Eddy Merckx avait lui terminé seulement 2e à Roubaix et 6e en Lombardie en 1975, sa meilleure année "monumentale". Remporter les cinq plus grandes classiques du calendrier était un exploit à la hauteur de son talent et de sa domination d'alors, il lui avait manqué, non pas de l'appétit mais un brin de quelque chose pour réussir l'exploit. D'appétit, Pogacar n'en manque pas non plus, la preuve, il fut au départ de tous les Monuments en 2025, année de sa découverte de Paris-Roubaix.

Les courses d'un jour, le bonheur ultime pour Pogacar

Trois fois vainqueur, deux fois sur le podium dont une fois en arrivant pour la gagne (Sanremo) et l'autre en chutant après une démonstration toute la journée (Roubaix), voilà qui classe un candidat. Pogacar défie les lois du cyclisme, ils ne sont que trois et, qu'ils nous pardonnent, à une autre époque à avoir triomphé des 5 Monuments dans leur carrière (De Vlaeminck, Van Looy et Merckx). Non seulement, "l'UAE boy" peut imiter cette performance mais il n'était pas si loin de le faire sur la même saison.
Dans sa lointaine lutte avec Merckx, puisqu'on ne considère plus d'autres rivaux historiques pour Pogacar, le Slovène verrait-il d'un bon œil de réaliser une performance que ni le Cannibale, ni personne d'autre d'ailleurs, n'a réussi dans l'histoire ? Jamais, ou si peu, Pogacar a avoué son envie de marquer l'histoire. Non, ce qu'il aime, c'est s'amuser et ce qui lui procure le plus de joie… ce sont les courses d'un jour. Particulièrement les plus belles évidemment, autour desquelles il oriente aussi sa préparation.

Mieux que Merckx

Merckx n'a pas non plus triomphé, nous direz-vous, des trois grands tours la même année, exploit que l'on imagine à la portée de Pogacar tant sa marge sur la concurrence sur ses trois dernières sorties dans le domaine (9'56'' sur le Giro et 6'17'' et le Tour en 2024, 4'25'' sur le Tour 2025) est énorme. Pourtant, et l'on jurerait ne pas se tromper, s'il devait choisir, ce n'est pas vers cette performance-là qu'on pense que se tournerait Pogacar. D'abord parce qu'elle comporte plus de risques avec 63 étapes à courir et leurs lots d'incertitudes, ensuite car elle l'ennuierait profondément.
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Non, le seul défi qu'accepterait le double champion du monde serait bien de gagner tour à tour Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Ce serait là le plus grand, le plus beau aussi, celui qui offrirait un sens qu'il cherche peut-être aux saisons à venir. À vrai dire, si on l'en croit capable, c'est parce qu'il affiche une domination telle sur trois d'entre eux, qu'il n'a même pas besoin de trop de circonstances favorables.

L'insoluble équation Sanremo

Samedi dernier, il triomphait de son cinquième Tour de Lombardie en autant de participations, il n'a plus été battu à Liège-Bastogne-Liège depuis 2021 (3 victoires, un abandon) et plus non plus sur le Tour des Flandres depuis 2022 (2 victoires). À Roubaix, sa première fut telle, et le parcours si difficile, qu'on aurait bien du mal à croire qu'il ne dompte jamais l'Enfer. Reste l'épineuse question de Milan-Sanremo sur laquelle il s'est cinq fois déjà cassé les dents.
Comme d'autres avant lui, Philippe Gilbert par exemple, "Pogi" cherche la solution à l'équation et c'est évidemment ce qui rend ce défi si excitant. On ne demande pas à Pogacar de mettre bout à bout ce qu'il a déjà réussi en diverses occasions mais plutôt de trouver la solution à son plus important problème d'abord, maîtriser les pavés du Nord ensuite et confirmer sa domination outrageuse le reste du temps. Le tout sans connaître de pépins ici ou là. Un immense défi, un défi historique, un défi à la hauteur du phénomène Pogacar, et ils ne sont plus si nombreux.
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