Giro 2024 / "Je me suis dit : 'Peut-être que c’est mon jour'"... Benjamin Thomas (Cofidis), l’audace a payé

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La première victoire tricolore du Giro 2024 est tombée ce mercredi, grâce à Benjamin Thomas. Le rouleur de la Cofidis s’est imposé à Lucques, en réglant avec beaucoup d’assurance une échappée qu’il avait lui-même initiée. Il y a deux ans déjà, le Tarnais était passé tout près de lever les bras sur une étape du Tour de France. Cette fois, sa prise de risques a été dûment récompensée.

Alpecin présomptueuse, Thomas à la fête : résumé d'une étape sans queue ni tête

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À force, on pourrait penser qu’il nourrit une passion prononcée pour les cités fortifiées. En 2022, c’était au pied des remparts de Carcassonne que Benjamin Thomas était passé tout près de décrocher une victoire d’étape sur le Tour de France. Le coureur de Cofidis n’avait été repris par le peloton qu’à 500 mètres de la ligne, avant que Jasper Philipsen ne règle l’affaire au sprint. Ce mercredi, le Giro arrivait à Lucques, ville médiévale située en Toscane. Le Français s’est encore retrouvé aux avant-postes dans le final. Sauf que cette fois, personne n’a pu l’empêcher de triompher.
"J’ai pensé à Carcassonne dans les derniers kilomètres. Je me suis dit : 'Peut-être que c’est mon jour'. Je pense que personne n’aurait parié sur moi", a soufflé l’intéressé qui, rattrapé par l’émotion, n’a pu cacher quelques larmes avant de monter sur le podium protocolaire. Cette victoire, assurément la plus belle de sa carrière sur la route, n’est cependant pas tombée de nulle part. Il ne la doit qu’à lui-même. Et à son audace.
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Les larmes de Thomas, félicité par Milan, son "compère" pistard

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Longtemps, on a pensé que cette cinquième étape se conclurait comme les deux précédentes, à savoir par un sprint massif. L’échappée matinale n’a d’ailleurs pas vraiment eu le temps de croire en ses chances, puisqu’elle a été avalée à 86 kilomètres du but, à cause d'une équipe Alpecin-Deceuninck qui menait grand train en tête de peloton. Juste après, Benjamin Thomas a eu une idée : pourquoi ne pas relancer ? "J’ai sondé des coureurs, à droite, à gauche, pour savoir s’il y avait des motivés. Il n’y avait pas grand-monde, sauf Mika Valgren, qui m’a dit : 'Pourquoi pas ?' Mais c’était pour s’amuser", a expliqué le Tarnais à Eurosport. Pour le fun, donc, ce dernier a faussé compagnie au peloton. Il restait alors 77 kilomètres à parcourir.
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Thomas : "Valgren m'a dit 'pourquoi pas', mais pour s'amuser… c'était le destin !"

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Accompagné par Valgren (EF Education-EasyPost), Enzo Paleni (Groupama-FDJ) et Andrea Pietrobon (Polti Kometa), le coureur de 28 ans est rapidement parvenu à creuser un petit écart sur la meute. "Le final était propice, avec un long faux-plat descendant. Avec ses talents de rouleur, Benjamin avait de grandes chances", a analysé Thomas Champion au micro d’Eurosport. "Tout le monde était à fond. À 10 km de l’arrivée, nous avions 40-50 secondes d’avance, il y avait du vent de dos, on savait qu’on pouvait jouer avec le peloton. On roulait à plus de 60 km/h, difficile de nous reprendre du temps dans ces conditions", a renchéri le vainqueur du jour.
Piégées, les équipes de sprinters n’ont jamais pu revenir sur le quatuor de tête. Thomas n’avait toutefois pas encore course gagnée, loin de là. Mais quand Pietrobon a placé une attaque dans le dernier kilomètre, le double champion du monde de l’omnium ne s’est pas affolé. Il a au contraire fait parler son expérience de la piste, en lançant son sprint dans le timing idéal pour avaler l’Italien, déborder Valgren et, au bout du compte, lever les bras. "Tout était parfait aujourd’hui", s’est-il réjoui. "Parfois, il faut courir à l’instinct, c’est ça le plus important", a salué son équipier Harrison Wood.
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Thomas : "La joie de mes coéquipiers n'a pas de prix"

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Il convient aussi de préciser que Thomas n’était pas en terrain inconnu. Fiancé à Martina Alzini, coureuse professionnelle italienne sur piste et sur route, il vit à Brescia et s’entraîne par conséquent souvent sur les routes transalpines. "Je connaissais ce final, j’étais déjà passé ici, ça m’a aidé, a-t-il révélé. Je savais que c’était intéressant, avec les pavés et les virages." Avant d’avouer : "C’est une belle chose de gagner en Italie, ça veut dire beaucoup pour moi."
Ce succès plein d’audace du médaillé de bronze olympique de l’américaine (2021) donne aussi un sacré bol d’air frais à son équipe, dont le compteur victoire en World Tour n’avait toujours pas été débloqué cette année. "Cette victoire fait tellement de bien !", s’est exclamé Roberto Damiani, le directeur sportif de Cofidis. "On l’attendait depuis trop longtemps celle-là", a avoué Champion, tout sourire. "J’ai vu la joie de mes coéquipiers après la ligne, ça n’a pas de prix", a reconnu Benjamin Thomas. Qui ne va sans doute pas attendre la prochaine arrivée dans une ville fortifiée pour faire à nouveau parler de lui.
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Quelles premières pour Cofidis et Thomas : le final en vidéo

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